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La course au vaccin serait-elle empreinte de précipitation ?

Neuf ans ont été nécessaires pour développer un vaccin contre la rougeole, plus de vingt ans pour la polio et moins d’un an pour le coronavirus


Samedi dernier à Genève, l’inquiétude régnait au siège de l’Organisation mondiale de la santé. Pour la première fois depuis le début de la pandémie du nouveau coronavirus, 660.905 nouveaux cas ont été enregistrés en une journée dans le monde entier. Un record absolu qui confirme que le SarsCov-2 s’enhardit avec les basses températures et s’y sent comme un poisson dans l’eau. Ce record, on le doit en partie à la région Amériques, avec ces 269.225 nouveaux cas confirmés, mais aussi à la baisse de vigilance mondialisée à cause des annonces de vaccins. Des vaccins que l’on espérait sans trop y croire comme on attendrait une averse en plein été. L’apparition du remède à l’horizon par le biais d’un communiqué de presse de Pfizer et BioNTech éveilla d’abord l’espoir, puis la méfiance dans un monde où 53,7 millions de cas confirmés ont été recensés depuis le début de la pandémie, et plus de 1,3 million de personnes y ont perdu la vie. L’espoir est bien évidemment né de la lassitude et du ras-le-bol généralisé des citoyennes et citoyens du monde entier qui n’ont qu’une envie, se débarrasser de ce satané virus. La méfiance prend quant à elle forme dans les multiples zones d’ombre qui caractérisent la quête planétaire d’un vaccin. Sans oublier le fait que neuf ans ont été nécessaires pour développer un vaccin contre la rougeole après l’isolement du virus en 1954, et plus de vingt ans ont passé avant qu’un vaccin contre la polio soit approuvé, contre moins d’un an pour le vaccin contre le coronavirus. Ainsi, l’annonce aurait été faite sur des résultats non stabilisés. Car ni les essais ni l’analyse statistique ne sont terminés. Au Maroc où le virus poursuit son avancée macabre avec 82 décès enregistrés dimanche soir pour un total de 4.779 décès et 1.051 cas en réanimation, les zones d’ombre ne manquent pas non plus. Premier pays africain à lancer une campagne de vaccination nationale pour éradiquer le nouveau coronavirus, le Royaume compte à l’évidence sur le vaccin chinois de Sinopharm. En participant aux essais cliniques de phase 3, le Maroc aurait conclu un contrat avec le laboratoire chinois pour la fourniture de 10 millions de doses avant fin 2020. Le problème, c’est que l’on ne sait pas grand-chose d’autre sur le sujet, excepté le fait que 600 volontaires ont participé aux essais cliniques de phase 3 qui doivent prouver l’efficacité du produit à grande échelle. Déjà, on ignore s’il s’agit du vaccin développé par le «Beijing Institute of Biological Products» ou bien le «Wuhan Institute of Biological Products». Certes, ils appartiennent tous les deux au groupe pharmaceutique et entreprise d’Etat chinoise «Sinopharm», mais d’après le site «Libération», chacun d’entre eux planche sur un vaccin différent. L’autre incongruité se traduit par la confiance accordée à un vaccin qui n’a même pas encore bouclé sa phase 3. Les deux remèdes précités étant au même niveau de développement. Ces interrogations s’ajoutent au flou concernant l’innocuité, l’efficacité et l’immunogénicité de ces vaccins. Plus encore, Moncef Slaoui, l’immunologue marocain établi aux Etats-Unis, a récemment critiqué la méthode utilisée par les laboratoires chinois dite «méthode du virus inactivé» en expliquant qu’elle n’était pas sans risque. Dans les faits, cela revient à isoler le virus cible, puis le tuer pour l’empêcher de se reproduire et enfin l’injecter mort dans le corps afin que le système immunitaire apprenne à le reconnaître. Les vaccins contre la Covid-19 n’ont pas fini de faire tourner les têtes. A coup de pourcentages, le centre de recherche russe Gamaleïa renchérissait et communiquait, lui, sur une efficacité de 92% de son «Spoutnik V» moins de 48 heures après l’annonce des 90% d’efficacité pour le vaccin Pfizer et BioNTech. Ces vaccins sont en avance car ils se basent sur une technologie nouvelle : les vaccins à ARN messager. Il s’agit d’insérer l’information génétique de la protéine Spike caractéristique de Covid-19 pour que les cellules du corps humain s’en emparent, produisent la protéine et entraînent le système immunitaire à la reconnaître. Et comme 11 autres vaccins candidats sont en phase 3, beaucoup de résultats sont donc attendus dans les mois à venir qui vont forcément soulever de nombreuses autres questions. 

C.E
Lundi 16 Novembre 2020

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