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La 4ème Commission de l’Assemblée générale de l’ONU sonne le glas des thèses séparatistes




La 4ème Commission de l’Assemblée générale de l’ONU a finalement tranché.  Dans la résolution qu’elle a adoptée mercredi, elle a réitéré son soutien au processus politique mené sous les auspices des Nations unies pour le règlement de la question du Sahara marocain et appelé les Etats de la région à coopérer pleinement avec le Secrétaire général et son Envoyé personnel, et les uns avec les autres, pour parvenir à un règlement politique à ce différend régional.
Exit donc les thèses algéro-polisariennes sur un improbable référendum d’autodétermination au Sahara dont l’inapplicabilité sur le terrain n’est plus un secret pour personne et place au réalisme et à la volonté de sortir d’une pernicieuse situation de blocage créée de toutes pièces par l’Algérie pour aller de l’avant dans la recherche d’une solution acceptable et définitive au dossier du Sahara.
Une victoire pour le Maroc, fruit d’un long et patient travail entamé il y a une dizaine d’années et dont le point d’orgue a consisté, entre autres, en de nombreux retraits de reconnaissance de la pseudo-RASD, le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle africaine et l’établissement de relations Sud-Sud mutuellement avantageuses avec les Etats du continent et la participation active des représentants des habitants de nos provinces sahariennes aux travaux de la 4ème Commission.
Un changement de ton et d’approche a également marqué cette évolution de la position marocaine comme en témoigne la présentation par le chef de la délégation marocaine aux travaux de la 4ème Commission de la question comme « le parachèvement de l’intégrité territoriale du Maroc ». Lequel a insisté  sur le fait que le Sahara marocain  a toujours fait partie intégrante du Royaume, et ce bien avant son occupation par l’Espagne en 1884.
L’autre trait marquant de son intervention tient au fait qu’il ait avancé, arguments à l’appui, que le principe de l’intégrité territoriale prime sur les autres règles du droit international, puisqu’il s’agit «d’un principe transtemporel» qui a été consacré par l’article 10 du Pacte de la Société des Nations et l’Article 2 de la Charte des Nations unies.
Pour le Maroc, le principe de l’intégrité territoriale a donc la prééminence sur celui de l’autodétermination qui est un principe du droit positif, «produit conjoncturel de la Seconde Guerre mondiale, de l’émergence des Non-alignés et de la guerre froide». Ce qui rend donc caduc l’argumentaire algéro-polisarien qui s’est toujours appuyé sur l’Article 1 de la Charte des Nations unies. Ceci d’autant plus que la résolution 2414 appelle à «trouver une solution politique, réaliste, pragmatique et durable qui repose sur le compromis» sans lier ce règlement à l’autodétermination. Ce qui consacrerait «l’enterrement définitif » de tous les plans antérieurs à 2007. Notamment celui du référendum auquel, a relevé la délégation, aucune résolution du Conseil n’a fait référence depuis 2001. De plus, l’initiative marocaine d’autonomie, seul plan de sortie de crise formellement déposé auprès des Nations unies, cadre parfaitement avec les paradigmes de la résolution 2414.
«Notre proposition est bel et bien réaliste, car elle répond à la réalité de la situation socioéconomique et politique des provinces du Sud du Maroc. Elle est aussi pragmatique, par son inclusivité et l’appropriation des populations du Sahara de ses différentes composantes politiques, tribales, générationnelles, professionnelles et genres», a, en outre, expliqué l’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU en rappelant qu’elle est également durable, car elle intègre la solution de ce différend régional dans une perspective globale, basée sur la paix, la stabilité et l’intégration économique de l’ensemble de la sous-région du Maghreb.
Cet argumentaire franc, bien structuré et fondé a convaincu nombre de pays participants qui ont, pour la première fois pour certains d’entre eux, plaidé en faveur d’une solution politique conforme à la dernière résolution du Conseil de sécurité comme issue logique à un conflit artificiel alimenté et instrumentalisé par Alger.
Dans ce même ordre d’idées, la résolution de la 4ème Commission a fait référence aux résolutions du Conseil de sécurité depuis 2007, qui ont consacré la prééminence de l’initiative d'autonomie présentée par le Maroc, saluée par l'organe exécutif onusien et l'ensemble de la communauté internationale comme étant une initiative sérieuse et crédible pour le règlement définitif de ce différend régional.
Le texte soutient également les recommandations de la résolution 2414 adoptée le 27 avril 2018 par le Conseil de sécurité, qui appelle à faire des progrès dans la recherche d’une solution politique réaliste, pragmatique et durable à la question du Sahara, reposant sur le compromis et demandant aux Etats voisins d’apporter une contribution importante au processus politique et de s’engager davantage dans les négociations.
L’Algérie se trouve ainsi interpellée. Elle est appelée, en filigrane, à agir désormais à visage découvert pour éteindre un départ de feu qu’elle a allumé et qui porte préjudice à l’ensemble des pays maghrébins dont la tentative d’union initiée en février 1989 dans le cadre de l’UMA a été gelée en 1994 faisant ainsi les frais de cet entêtement qui fait perdre à la région un nombre important de points de croissance.
H.T

Khalid Chegraoui : Aujourd’hui, on parle d’une solution politique et on est loin des propositions d’avant 2007
Moussaoui Ajlaoui : Il s’agit là d’une victoire de la diplomatie marocaine


La 4ème Commission de l'Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution soutenant le processus politique mené sous les auspices des Nations unies pour le règlement de la question du Sahara marocain et appelant les Etats de la région à coopérer pleinement avec le Secrétaire général et son Envoyé personnel, et les uns avec les autres, pour parvenir à un règlement politique de ce dossier.
« C’est une victoire de la diplomatie marocaine », a tranché Moussaoui Ajlaoui, expert associé au Centre d'études pour l'Afrique et le Moyen-Orient (AMES Center) commentant cette résolution qui a été adoptée sans vote.
« Hormis quelques exceptions, tout le monde au sein de cette Commission soutient maintenant une solution politique de l’affaire du Sahara », a-t-il affirmé. Et de préciser : «C’est la première fois que des questions fondamentales se posent dans les débats au sein de la 4ème Commission de l’Assemblée générale de l’ONU ».
S’agissant de l’importance de cette résolution, Khalid Chegraoui, président de l’AMES Center, a souligné que les résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU ne sont pas contraignantes contrairement à celles du Conseil de sécurité. Toutefois, a-t-il ajouté, «l’Assemblée générale reste un référentiel essentiel pour toute négociation future dans ce dossier », tout en précisant que le lexique utilisé par l’ONU en ce qui concerne l’affaire du Sahara a complètement changé  depuis 2007. «Aujourd’hui, on parle d’une solution politique, d’un compromis. On est loin des anciennes propositions d’avant 2007 et principalement des années 80 et 90», en faisant allusion aux propositions appelant au référendum d’autodétermination. « Ce n’est en fait qu’un retour à la légalité et particulièrement à la primauté de la question de l’intégrité territoriale qui est une question de droit primant sur tout ce qui peut être considéré comme droit positif, autodétermination et autres », a-t-il précisé dans une déclaration à Libé.
 Selon ce spécialiste des questions africaines et du Sahara, il faut attendre la prochaine réunion du Conseil de sécurité fin octobre qui se penchera sur la question du Sahara et surtout la table ronde qui sera organisée sous l’égide de l’ONU en décembre prochain à Genève.
Concernant les prochaines négociations annoncées récemment par l’ONU et qui se tiendront en décembre prochain, Moussaoui Ajlaoui a affirmé que le fait que la Mauritanie et l’Algérie annoncent au même moment et à quelques jours de l’expiration de la date butoir fixée par l'Allemand Horst Kohler qu’elles prendront part à ces négociations indique « qu’il y a probablement une coordination des positions entre Alger et Nouakchott ».
Il convient de rappeler que le Maroc  avait demandé par la voix de son représentant permanent auprès des Nations unies, à dessaisir la 4ème Commission du dossier du Sahara, puisque le Conseil de sécurité le traite déjà depuis 1988.
«Le maintien de la question du Sahara marocain à l’ordre du jour de la 4ème  Commission se fait en violation flagrante de la Charte de l’ONU et c’est bien pour cette raison que cette instance onusienne doit s’en dessaisir», avait déclaré, mardi à New York, le diplomate marocain, Omar Hilale.
Moussaoui Ajlaoui a affirmé à ce propos que «l’approche de la diplomatie marocaine est agressive. Je crois qu’elle a bien fait. Car le Maroc n’est pas un pays colonisateur et l’ONU considère que le Sahara est sous la direction du Maroc ».
Mourad Tabet

Vendredi 19 Octobre 2018

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