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L'attaque d'un complexe gouvernemental à Kaboul fait au moins 43 morts

Le chef des forces américaines n'a pas reçu d'ordre de retrait d’Afghanistan




L'attaque d'un complexe gouvernemental à Kaboul, pris d'assaut durant des heures par des hommes armés, s'est soldée par au moins 43 morts, soit l'une des offensives les plus meurtrières dans la capitale afghane cette année, a annoncé mardi le ministère de la Santé.
L'attaque perpétrée lundi survient après l'annonce -non confirmée officiellement- du prochain retrait de quelque 7.000 des 14.000 soldats américains présents en Afghanistan, que l'un des commandants talibans a salué.
L'assaut, qui clôt une année particulièrement sanglante pour l'Afghanistan, où civils et forces de sécurité ont été tués en grand nombre, n'a pas été revendiqué.
Le porte-parole des talibans Zabiullah Mujahid a déclaré qu'il "n'avait rien à voir avec les insurgés".
L'attaque du complexe, qui abrite des bâtiments des ministères des Travaux publics et du Travail et des Affaires sociales, a duré plus de sept heures. Elle a également fait 25 blessés, a précisé Waheed Majroh, porte-parole du ministère de la Santé.
Des hommes en armes avaient fait irruption sur le site en milieu d'après-midi après avoir fait exploser une voiture piégée à l'entrée. Des fonctionnaires terrifiés se sont mis à courir, d'autres ont sauté par les fenêtres.
Des centaines d'autres personnes se sont retrouvées piégées dans le complexe alors que de féroces combats ponctués de multiples explosions opposaient les forces de sécurité aux assaillants.
Au moins quatre agresseurs, dont le kamikaze ayant fait sauter la voiture piégée, ont été tués. Plus de 350 personnes ont été libérées, selon les autorités.
La plupart des victimes sont des civils, qui ont payé le plus lourd tribut pendant les 17 années de conflit qui ont suivi l'intervention américaine en 2001 pour chasser les talibans du pouvoir.
C'est l'attaque la plus meurtrière à Kaboul depuis qu'un kamikaze s'est fait exploser le mois dernier lors d'un rassemblement de religieux de haut rang, faisant au moins 55 morts.
Selon le président Ashraf Ghani, dont le gouvernement a été éreinté pour ses échecs sécuritaires, "les terroristes attaquent des cibles civiles pour masquer leur défaite sur le terrain des combats".
Le Premier ministre de facto Abdullah Abdullah s'est également montré défiant, accusant les talibans d'être derrière cette attaque.
"Avec chaque attaque qu'ils commettent contre notre peuple, notre détermination à les éliminer ne fait que croître".
Mais ces déclarations masquent mal la réalité du terrain. Les insurgés ont intensifié leurs attaques contre les forces de sécurité en 2018, leur infligeant un nombre record de victimes et remportant des gains décisifs.
Cette attaque intervient après une semaine tumultueuse pour l'Afghanistan, avec l'annonce d'un responsable américain sous couvert d'anonymat, du prochain retrait de quelque 7.000 des 14.000 soldats américains présents en Afghanistan.
Cette annonce surprise, intervenue sur fond d'efforts pour relancer les négociations de paix avec les talibans, a pris de court de nombreux diplomates et responsables politiques à Kaboul. Aucun détail supplémentaire n'a filtré depuis et la Maison Blanche n'a rien confirmé officiellement.
Les talibans n'ont pas fait de commentaires officiels, mais l'un de leurs commandants a salué vendredi la décision américaine.
Nombre d'Afghans redoutent pour leur part une chute du gouvernement afghan, voire une nouvelle guerre civile.
Dimanche, le commandant en chef des forces américaines stationnées en Afghanistan a affirmé n'avoir pas reçu l'ordre de retirer des troupes du pays, des propos confirmés lundi par la mission de l'OTAN Resolute Support.

Mercredi 26 Décembre 2018

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