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L’USFP décline sa feuille de route : Sept décisions majeures à engager dès les cent premiers jours


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Lundi 16 Février 2026

L’USFP décline sa feuille de route : Sept décisions majeures à engager dès les cent premiers jours
Driss Lachguar : Il faut rompre avec une économie de rente et de privilèges pour bâtir une véritable économie de production, créatrice de valeur et d’emplois durables.
 A l’occasion d’une journée d’étude organisée au siège du parti à Rabat, le Premier secrétaire de l’Union socialiste des forces populaires, Driss Lachguar, a livré une allocution à la tonalité résolument politique et programmatique. Dans un contexte marqué par l’approche des échéances électorales et par une recomposition du débat public, il a plaidé pour une rupture avec les logiques d’hégémonie et pour l’émergence d’une alternative sociale-démocrate crédible, fondée sur la responsabilité, la justice territoriale et la centralité de l’humain dans l’action publique. Structuré autour de sept engagements majeurs assortis de décisions à mettre en œuvre dès les cent premiers jours, son propos esquisse les contours d’un contrat politique clair, articulé autour de la protection sociale, de la compétitivité équitable, de la gouvernance responsable et du renouveau démocratique.
Nous publions ci-après l’intégralité de l’allocution du Premier secrétaire.

«Alors que je participais, il y a quelques jours, aux travaux du Secrétariat régional du parti à Casablanca, j’ai tenu à rappeler que la capacité de notre formation à arriver en tête des prochaines élections ne relevait ni de la posture ni de l’effet d’annonce. Elle procède d’une logique politique élémentaire : celui qui a failli dans la conduite des affaires publiques peine à convaincre qu’il mérite d’être reconduit. A l’inverse, celui qui a mené un travail d’opposition rigoureux, nourri de propositions responsables et cohérentes, dispose naturellement de meilleures chances de gagner la confiance des électeurs, pour peu que les règles d’une compétition loyale et transparente soient garanties.

Il serait aujourd’hui vain, et même indécent, de recycler les mêmes politiques sous des appellations renouvelées. L’exigence est ailleurs : engager une rupture assumée avec les logiques d’hégémonie et de décision unilatérale, et restituer à la vie politique sa fonction première, celle d’un espace de dialogue, d’équilibre et de complémentarité entre majorité et opposition.

L’alternance démocratique suppose, par essence, que ceux qui ont exercé le pouvoir répondent de leur bilan, qu’il soit positif ou contestable, et que les citoyens puissent en juger en toute lucidité, loin des artifices de communication et des bilans enjolivés. Les démocraties établies en offrent maints exemples : lorsqu’un gouvernement échoue à tenir ses engagements, il est sanctionné par le verdict des urnes, tandis que les oppositions crédibles s’emploient à construire une alternative solide, lisible et prête à gouverner.

Dans de nombreuses expériences sociales-démocrates en Europe, l’édification d’un État social solide n’a pas été le fruit du hasard. Elle s’est appuyée sur des oppositions structurées, capables d’allier critique rigoureuse et force de proposition, d’élaborer des réformes fiscales cohérentes, de défendre l’investissement massif dans l’éducation et la santé, d’élargir les filets de protection sociale et de faire de la croissance un levier de justice sociale plutôt qu’un simple indicateur macroéconomique.
On ne peut prétendre
incarner la solution lorsque l’on participe
soi-même au problème.
A l’inverse, dans le climat d’effervescence politique accélérée que connaît notre pays, on assiste à une course prématurée à la proclamation de la victoire de la part des partis de la coalition gouvernementale. Cette précipitation s’est parfois traduite par des accusations croisées et des déclarations affirmant, avant même l’échéance électorale, qui présidera le prochain gouvernement et qui arrivera en tête des urnes.

Un tel discours soulève des interrogations légitimes. Il questionne la solidité de ces prétentions, leur adéquation avec le bilan réel d’une législature qui touche à sa fin, mais aussi les conditions d’organisation des élections et leur conformité aux standards de transparence qui fondent la confiance démocratique.

Car l’élection est d’abord un moment de reddition des comptes et d’évaluation lucide des politiques publiques. Qu’un parti cherche à mobiliser sa base et à élargir son audience est naturel. Ce qui ne l’est pas, en revanche, c’est de faire abstraction de son propre bilan et de prétendre incarner la solution lorsqu’on est soi-même à l’origine   du  problème.

Arrivés aux responsabilités avec des promesses ambitieuses — réforme de l’éducation, renforcement de la protection sociale, relance économique, consolidation d’un Etat social équilibré — les partis de la majorité ont vu des secteurs stratégiques traverser des tensions inédites. L’éducation a été marquée par une crise prolongée révélant les limites de l’approche adoptée. La justice a connu une confrontation aiguë avec le corps des avocats, symptôme d’un déficit dans la culture du dialogue et de la concertation.

Le climat institutionnel lui-même s’est alourdi, avec une restriction perceptible des prérogatives de l’opposition et une contraction des espaces de débat public, en contradiction avec l’esprit de la Constitution qui érige le pluralisme et l’équilibre des pouvoirs en piliers de la démocratie.

Dans ce contexte, l’Union socialiste des forces populaires s’affirme comme la principale force d’opposition, non seulement par son positionnement politique et sa vitalité parlementaire, mais aussi par la consistance de ses propositions. Il a présenté des alternatives concrètes en matière de réforme de l’éducation, de protection sociale, de soutien au pouvoir d’achat et de revalorisation des services publics.

Fidèle à sa référence sociale-démocrate, l’USFP conçoit l’Etat social comme un projet de société cohérent, fondé sur la justice fiscale, l’égalité des chances et la garantie effective des droits fondamentaux : éducation, santé, logement, emploi digne. Bâtir un tel Etat implique de réorienter les politiques publiques vers la réduction des inégalités territoriales et sociales, d’assurer aux jeunes et aux femmes un accès équitable au marché du travail et de placer le capital humain au cœur du développement durable. Une ambition qu’un exécutif d’inspiration capitaliste peine à saisir dans toute son ampleur et qu’il ne parvient pas à traduire en actes, tant son action a privilégié les intérêts des catégories les plus favorisées, au détriment des classes moyennes et des couches vulnérables.

La prochaine étape impose également une approche renouvelée du dossier du Sahara marocain, dans la perspective d’une mise en œuvre avancée du plan d’autonomie, conçu comme cadre de consolidation de la régionalisation avancée et d’approfondissement de la participation démocratique locale. La réussite de ce chantier requiert un gouvernement doté d’une crédibilité sociale et capable de mobiliser les énergies nationales. Un gouvernement conscient que le développement des provinces du Sud ne saurait se limiter aux grands projets d’investissement, mais doit intégrer l’autonomisation réelle des populations, le respect de leurs spécificités culturelles et une justice territoriale effective dans la répartition des richesses et des opportunités.

Forte de son histoire et de la constance de ses positions, l’Union socialiste des forces populaires est en mesure de conjuguer la défense intransigeante de l’intégrité territoriale et la promotion des valeurs démocratiques et des droits humains, renforçant ainsi la crédibilité du Maroc sur les scènes nationale et internationale.

Par son ancrage social-démocrate, il  se présente également comme le cadre politique le plus apte à accueillir celles et ceux qui choisissent de regagner la mère patrie, portés par les idéaux de justice, de socialisme et de respect des droits humains, dans le respect de l’unité nationale.

L’autonomie ne peut être réduite à un simple dispositif administratif. Elle constitue un engagement politique et institutionnel exigeant, fondé sur la confiance, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Elle suppose un acteur politique crédible, capable de convaincre les partenaires internationaux que ce projet incarne un véritable approfondissement de la démocratie locale et un renforcement effectif des droits.

Le rayonnement de l’USFP dépasse le cadre national. Au fil des décennies, le parti a tissé un réseau solide au sein des espaces progressistes et démocratiques, occupant une place respectée parmi les formations sociales-démocrates en Europe, en Afrique et en Amérique latine. Cet ancrage international renforce sa capacité à défendre, avec constance et crédibilité, les causes nationales, au premier rang desquelles l’initiative d’autonomie, dans une approche alliant intégrité territoriale et attachement profond aux valeurs universelles de démocratie et de droits humains.
Notre pays a besoin d’un nouvel horizon, capable de réconcilier les citoyens avec la politique et de rétablir la confiance dans l’action
publique.
Notre pays a besoin d’un nouvel horizon, capable de restaurer la confiance dans la politique et de faire des élections un moment d’espérance et de renouveau. Cet horizon ne pourra se concrétiser qu’à travers une alternative sociale-démocrate authentique, plaçant l’être humain au centre des politiques publiques, redonnant à l’Etat sa fonction de protection, de régulation et d’orientation, et garantissant la dignité des citoyennes et des citoyens.

Tel est le défi.
Telle est la responsabilité historique.
Tel est l’engagement que le parti de  l’Union socialiste des forces populaires prend devant lui-même et devant la nation.

Chères sœurs, chers frères,

Nous abordons aujourd’hui des échéances électorales qui s’inscrivent dans un contexte politique profondément renouvelé. Un contexte marqué par une conscience plus aiguë, chez l’électeur, de la portée de son vote, par une exigence croissante de clarté et de cohérence entre responsabilité et reddition des comptes, et par l’essoufflement des programmes généraux qui promettent sans préciser ni le calendrier ni les mécanismes de mise en œuvre.

Le temps des formules vagues et des slogans généreux est révolu. Les citoyennes et les citoyens attendent autre chose : de la lisibilité, de la sincérité, de la précision.

Ce qui est requis aujourd’hui, c’est la clarté.
Clarté de l’orientation.
Clarté du point de départ.
Clarté des instruments d’évaluation et de responsabilité.

Notre programme électoral ne saurait être une simple addition de promesses. Nous le concevons comme un véritable contrat politique, aux contours définis, structuré autour de sept engagements majeurs. Chacun d’eux sera adossé à une décision décisive à engager dans les cent premiers jours, afin que notre projet ne demeure pas une intention théorique, mais s’inscrive, dès le premier jour de l’exercice des responsabilités, dans une dynamique d’action concrète et mesurable.

Premièrement : L’Etat providence

Nous voulons un Etat qui transforme les droits sociaux en réalités concrètes, palpables dans la vie quotidienne des citoyens, et non en formules incantatoires. Un Etat qui fasse de la dépense publique un levier direct de stabilité pour les familles et de consolidation pour la classe moyenne.

Cela suppose une réforme profonde de la santé publique, fondée sur des standards de qualité mesurables et évaluables.
Cela implique une refondation de l’école publique, guidée par l’exigence de compétence et par le principe d’équité.
Cela exige une mise en œuvre effective de la protection sociale, reposant sur un ciblage rigoureux et une qualité de service garantie.
Cela commande enfin un soutien résolu à la stabilité des retraités à revenu limité.

La première décision structurante, dans les cent premiers jours, sera l’augmentation immédiate des pensions des retraités les plus modestes par voie de décret. Parce que la dignité sociale ne saurait être différée. Et parce qu’un État responsable n’oublie jamais celles et ceux qui l’ont servi.
 
Deuxièmement : Une économie productive, compétitive et équitable

Notre ambition est claire : rompre avec une économie de rente et de privilèges pour édifier une véritable économie de production, ancrée dans la création de valeur nationale et génératrice d’emplois stables.

La croissance ne peut plus être un indicateur abstrait. Elle doit se traduire par des postes durables, par une montée en gamme de notre appareil productif et par un impact réel sur le pouvoir d’achat et la stabilité sociale.

Cela implique un soutien effectif et structuré aux petites et moyennes entreprises, véritables moteurs de l’emploi.
Cela suppose de conditionner les incitations fiscales à la création avérée d’emplois stables.
Cela exige d’évaluer la qualité des emplois créés, et non de se satisfaire de leur seul volume.
Cela impose enfin une transparence totale dans la répartition de l’investissement public.
La première décision structurante consistera à lancer le programme «Premier contrat stable» destiné aux jeunes, fondé sur des contrats non précaires et accompagnés d’un appui transitoire. Car l’aide publique doit se traduire par une véritable sécurité professionnelle. Et parce que l’entrée dans la vie active ne doit jamais rimer avec vulnérabilité.
 
Troisièmement : Agriculture durable, sécurité alimentaire et souveraineté hydrique

Nous portons une vision d’une agriculture capable de conjuguer performance économique, souveraineté alimentaire et préservation des ressources naturelles. Une agriculture qui nourrisse la nation sans compromettre l’avenir.

Cela passe par un soutien résolu à l’agriculture familiale, pilier silencieux mais essentiel de notre équilibre rural et alimentaire.
Cela exige une gestion rigoureuse et responsable de la ressource hydrique, devenue stratégique.
Cela suppose d’orienter prioritairement l’investissement vers la consolidation de notre sécurité alimentaire nationale.
Cela implique enfin de valoriser les chaînes de production locales afin d’accroître la valeur ajoutée au bénéfice des territoires.

La première décision structurante sera le lancement d’un programme d’urgence dédié à l’agriculture familiale et à l’économie de l’eau. Car la souveraineté alimentaire prend racine chez le petit agriculteur. Et l’Etat doit se tenir à ses côtés en partenaire engagé, jamais en concurrent.
 
Quatrièmement : Justice territoriale et régionalisation effective

Aucune politique nationale ne saurait désormais être conçue en dehors d’un impératif d’équité territoriale. Son efficacité devra se mesurer à sa capacité réelle à réduire les disparités entre les régions et à rapprocher les opportunités des citoyens, où qu’ils vivent.
Cela implique une redistribution de l’investissement public fondée sur des critères clairs, assumés et rendus publics.

Cela commande un soutien prioritaire aux territoires fragiles, enclavés ou marginalisés.
Cela suppose un renforcement ambitieux de la connectivité territoriale, condition d’un développement équilibré et inclusif.
Bâtir un véritable État social suppose de combattre résolument les inégalités
territoriales et sociales et de faire du capital humain la pierre
angulaire d’un développement durable et inclusif.
La première décision structurante consistera à publier une carte contraignante de répartition de l’investissement public par région, adossée à des critères transparents et vérifiables. Car l’argent public doit suivre une trajectoire lisible. Et chaque citoyen est en droit de savoir comment et où sont engagées les ressources de la nation.
 
Cinquièmement : Gouvernance publique efficace et finances responsables

Nous voulons une administration jugée sur ses résultats concrets et sur l’impact réel de son action, non sur la rhétorique qui l’accompagne. La performance publique doit devenir une exigence permanente, mesurable et transparente.

Cela passe par une modernisation en profondeur des procédures administratives.
Par une numérisation effective des services afin de simplifier la relation avec les citoyens et les entreprises.
Par une réforme exigeante des marchés publics, fondée sur la transparence et l’efficacité.
Et par une évaluation régulière et indépendante des politiques publiques.

La première décision structurante sera la mise en place d’un tableau de bord gouvernemental, assorti d’indicateurs de performance publiés pour chaque ministère. Le gouvernement devra être lisible, évalué et responsable. Et le citoyen pourra, par lui-même, apprécier l’efficacité des politiques mises en œuvre.
La souveraineté alimentaire prend 
racine chez le petit agriculteur ; l’État
doit se tenir à ses côtés en partenaire loyal, jamais en concurrent.

 Sixièmement : Démocratie institutionnelle et nouveau contrat de gouvernance

Nous voulons rétablir une clarté sans ambiguïté dans la répartition des responsabilités au sein de l’Etat et garantir un équilibre réel entre la légitimité issue des urnes et l’exigence de compétence dans l’exercice du pouvoir exécutif.

Cela implique un renforcement effectif du contrôle parlementaire, afin que la représentation nationale joue pleinement son rôle de veille et d’évaluation.
Cela suppose une réforme en profondeur des procédures d’autorisation au niveau communal, trop souvent synonymes de lenteur et d’incertitude.
Cela appelle également à l’élection directe des présidents de région et des maires des grandes villes, pour consolider la responsabilité politique devant les citoyens.

La première décision structurante consistera en l’adoption d’un décret fixant des délais impératifs pour la délivrance des autorisations administratives, assorti de la publication mensuelle des données relatives à leur traitement. Aucune requête ne devra rester sans réponse. L’opacité et l’arbitraire n’auront plus leur place dans l’action publique.
 
Septièmement : Culture nationale fédératrice et développement durable

Nous affirmons que le développement ne saurait se résumer à des indicateurs chiffrés ou à des taux de croissance. Il s’inscrit dans une vision globale, culturelle, environnementale et éthique, qui façonne le vivre-ensemble et prépare l’avenir.

Cela suppose de soutenir une culture nationale fédératrice, porteuse de cohésion et d’ouverture.
Cela implique une protection résolue de l’environnement et une accélération de la transition énergétique.
Cela exige l’autonomisation économique des femmes, condition d’une société plus juste et plus dynamique.
Cela commande enfin une inclusion numérique effective des jeunes, afin qu’aucun talent ne reste en marge.

La première décision structurante consistera à réduire le coût d’accès à Internet et à lancer un programme de soutien aux petites entreprises portées par des femmes. Car le numérique et l’autonomisation constituent de puissants leviers d’émancipation économique. Et l’accès aux opportunités numériques ne peut être un privilège réservé à quelques-uns, mais un droit garanti à tous.
 
Ce programme n’est pas une déclaration d’intention sans échéance.
Il constitue un engagement clair, défini tant dans son orientation que dans son calendrier.
Sept engagements majeurs.

Sept décisions à mettre en œuvre dès les cent premiers jours.
L’ouverture d’un temps nouveau :
celui d’un gouvernement responsable,
au service d’un développement véritablement équitable.»


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