Les frappes, visant selon l'armée israélienne "des infrastructures du Hezbollah dans plusieurs zones du sud", ont été précédées d'un appel à évacuer neuf villages.
L'Agence nationale d'information libanaise (ANI, officielle) a indiqué qu'une vingtaine de villages avaient été touchés, dont l'un à plus de 50 km au nord de la frontière, soit un périmètre élargi par rapport aux frappes passées.
Les bombardements ont été précédés d'un mouvement d'exode des habitants vers la ville de Saïda et Beyrouth, la capitale, selon l'ANI.
Vendredi, lors d'une deuxième journée de pourparlers entre Israël et le Liban à Washington, les Etats-Unis avaient pourtant annoncé la prolongation d'une trêve entrée en vigueur le 17 avril, qui devait expirer dimanche.
Plus de 400 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes au Liban depuis le début de la trêve, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.
"Ce n'est pas une trêve puisque les agressions israéliennes se poursuivent sur le sud et ses habitants (...) Il y a des martyrs, des blessés et des destructions", dit à l'AFP Ali Salamé.
Cet homme de 60 ans a dû fuir le sud et s'est réfugié dans une école de Beyrouth reconvertie en centre d'accueil pour déplacés.
"Avec la Résistance"
"De quelle trêve parlent-ils alors qu'ils viennent de menacer les villages et que les gens s'enfuient? Où est l’Etat ? Nous sommes avec la Résistance et c'est tout", affirme en référence au mouvement chiite pro-iranien Hezbollah Nawal Mezher, elle aussi déplacée du village de Babiliyé dans le sud.
Vendredi, six personnes ont été tuées, dont trois secouristes du Comité islamique de santé, affilié au Hezbollah, selon le ministère de la Santé.
L'armée israélienne a pour sa part annoncé qu'un de ses soldats avait été tué dans le sud du Liban, portant à 21 le nombre de morts dans ses rangs depuis le début de la guerre contre le Hezbollah début mars.
Dans la ville millénaire de Tyr, 37 personnes ont été blessées vendredi dans des frappes sur une zone résidentielle, précédées d'avertissements israéliens.
Un correspondant de l'AFP a vu d'importantes destructions sur le lieu visé, proche des ruines antiques de la ville côtière.
"Ils ont détruit le quartier tout entier", se désole Ibrahim Kahwaji, un tailleur dont la boutique se trouve dans le secteur et qui a été blessé à la jambe. "Ils vident le sud de sa population (...) c'est une véritable occupation, nous voulons une solution".
Les négociations entre Israël et le Liban vendredi à Washington, rejetées par le Hezbollah, étaient la troisième session de discussions, les premières depuis des décennies entre les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.
Les négociations portent notamment sur l'épineuse question du désarmement du Hezbollah.
"Concessions gratuites"
La formation chiite continue de revendiquer des attaques contre l'armée israélienne, dont plusieurs samedi dans le sud du Liban où des soldats israéliens sont déployés, et épisodiquement contre Israël. Elle a ainsi affirmé samedi avoir frappé une caserne à Ya'ara, dans le nord d'Israël, avec "un essaim de drones d'attaque".
L'armée israélienne a pour sa part annoncé dimanche à l'aube avoir intercepté plusieurs roquettes tirées vers ses soldats dans le sud du Liban, une attaque qui n'a selon elle pas fait de blessé.
Le Hezbollah dit viser Israël en représailles à des violations du cessez-le-feu dans des villages du sud. Il a critiqué samedi la prolongation de la trêve, estimant dans un communiqué que la proposition d'instaurer un mécanisme sécuritaire facilité par les Etats-Unis s'ajoutait "à une série de concessions gratuites", "offertes à l'ennemi" par les autorités libanaises.
Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.
Près de 3.000 personnes ont été tuées et plus d'un million déplacées depuis, selon les chiffres officiels.
Vendredi soir, le Premier ministre libanais Nawaf Salam a fustigé le mouvement chiite. "Assez d'aventures irresponsables qui servent les intérêts étrangers", a-t-il dit, assurant qu'aucun groupe armé ne devait être toléré.








