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Insolite : Un braconnier condamné à visionner "Bambi"




Un juge de l'Etat américain du Missouri a condamné un braconnier multirécidiviste à visionner régulièrement "Bambi", grand classique de Walt Disney relatant la vie d'un faon dont la mère a été tuée par un chasseur.
David Berry devra obligatoirement regarder le long-métrage d'animation au moins une fois par mois durant sa peine d'un an de prison, infligée à l'issue d'une enquête officiellement qualifiée comme "l'une des plus importantes menées dans l'Etat en matière de braconnage".
Berry et deux membres de sa famille sont suspectés d'avoir tué des centaines de cervidés sur une période de trois ans, ont indiqué dans un communiqué du 13 décembre les services de protection de la nature du Missouri.
"Les cervidés étaient des trophées mâles tués de façon illégale, principalement la nuit, pour leur tête, le reste de la dépouille étant abandonné sur place", a expliqué le procureur du comté de Lawrence, Don Trotter.
Rien que sur les trois derniers mois de l'année 2015, Berry et ses proches ont tué une centaine de cervidés d'après les photos prises avec leurs téléphones portables, selon M. Trotter qui a confié à Buzzfeed News: "Si Bambi le touche au coeur, cela ne me pose aucun problème".
Déjà condamné par le passé à une série d'amendes pour des infractions similaires, David Berry était en sursis.
"Dans des situations comme celle-ci, avec des braconniers en série qui n'ont aucune considération pour les animaux ou les règles de la chasse et n'ont aucun problème avec le fait de voler le bien des autres, tout est affaire d'avidité et d'ego", a observé Randy Doman, un responsable des services de protection de la nature du Missouri, cité par le Springfield News-Leader.
Les avocats de Berry ont imploré en vain la clémence en soulignant que l'épouse de leur client venait d'avoir un bébé.
"Vous pouvez regarder +Bambi+ et penser à votre propre enfant quand vous agissez ainsi", a lancé le procureur.

Les tisserands florentins, héritiers du génie de De Vinci
Le 500e anniversaire de la mort de Léonard de Vinci en 2019 est l'occasion pour l'un des plus anciens ateliers de tissage de soie d'Europe de faire découvrir, au coeur de Florence, une des innombrables machines inventées par le génie de la Renaissance.
 Niché dans le quartier historique de San Frediano, L'Antico Setificio Fiorentino travaille aujourd'hui encore les précieux fils de soie sur des métiers à tisser datant des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Mais le joyau de ce haut lieu de l'artisanat florentin, fondé en 1786, est une machine à dévider les bobines de fils, dessinée il y a cinq siècles par Léonard de Vinci (1452-1519).
"C'est un ourdissoir fabriqué à la fin du XVIIe siècle d'après les plans originaux du maître et nous fabriquons aujourd'hui encore des passementeries en utilisant cette structure en bois entièrement verticale", explique à l'AFP Beatrice Fazzini, l'une des employées.
Plus qu'un outil, c'est une oeuvre d'art qui sert à préparer les fils avant qu'ils ne soient placés sur le métier à tisser, selon une technique jalousement gardée depuis des siècles et qui a fait la fortune de nobles familles florentines.
L'atelier, qui appartient depuis 2010 à la famille du designer italien Stefano Ricci, fabrique des tissus, dentelles et rubans dans le style élégant et aux couleurs de la Florence des Médicis.
C'est sous la dynastie de cette riche famille de marchands devenus banquiers, à la Renaissance, que la fabrication de la soie connut son apogée sur les rives de l'Arno.
Certaines des étoffes produites par L'Antico Setificio Fiorentino ornent les palais de la République italienne (Présidence, Sénat) mais aussi la célèbre galerie des Offices de Florence ainsi que des résidences royales, comme celle du Danemark, ou encore le Kremlin à Moscou. Et l'atelier compte notamment parmi ses clients le pape François et les chanteurs d'opéra Maria Callas ou Andrea Bocelli.
"C'est un musée qui est aussi une usine", explique Briza Datti, architecte d'intérieur et responsable du secteur commercial.
L'atelier comprend exclusivement des métiers à main, qui suivent le rythme du tisserand et "gardent l'empreinte de la famille à laquelle ils appartenaient dans le passé", souligne-t-elle.
Simona Polimeni, 26 ans, entrecroise les fils de chaîne et de trame, tout en actionnant une pédale, reproduisant des gestes ancestraux. De ses mains surgit un damas aux finitions étincelantes, comme par magie. Pas moins de huit heures de travail sont nécessaires pour produire deux mètres d'un tel tissu, digne de la Cour de Laurent le Magnifique.
"Chaque tissu doit être tissé par la même personne, le rythme doit toujours être le même, au risque de voir des imperfections apparaître", souligne Simona Polimeni, formée à l'école de tissage et de restauration de Florence.
Les dessins et motifs des étoffes, considérés comme des trésors, sont conservés dans les archives historiques de l'atelier. Les chenilles d'or, le damas, le taffetas aux motifs floraux ou géométriques font partie des tissus fabriqués par l'enseigne séculaire et leurs prix oscillent entre 200 et 1.500 euros le mètre.
La quinzaine d'ouvrières qui travaillent dans ce temple de la tradition voient comme un privilège le fait de produire ces tissus précieux en soie mais aussi en lin ou en coton qui ont inspiré de nombreux artistes et étaient utilisés jadis par les rois et empereurs.
"C'est une chance pour moi de travailler ici, au milieu des métiers vieux de plusieurs siècles. Mais je ne me sens pas dans un musée, c'est juste un environnement particulier", confie ainsi Simona Polimeni.
L'atelier ouvre ses portes aux groupes d'écoliers ou de touristes sur demande sans arrêter sa production.
Sur l'un des métiers, Silvana, une Brésilienne de 50 ans, déplace les navettes de fils naturels aux couleurs chatoyantes, du jaune moutarde au fuchsia en passant par le bleu pétrole.
"C'est un travail très créatif et aussi un domaine d'excellence", ajoute la quinquagénaire venue il y a 30 ans en Italie pour travailler dans les industries textiles de Toscane, à la renommée mondiale.

Séoul veut des bébés mais les femmes moins
Quand Ashley Park a commencé comme commerciale dans une entreprise pharmaceutique de Séoul, elle était forte d'un cursus universitaire impeccable, d'un anglais parfait et d'une bonne réputation auprès de ses collègues. Mais son employeur a balayé tout cela quand elle est tombée enceinte.
"Ils m'ont dit carrément qu'ils n'avaient pas de place pour une femme avec un enfant et que je devais démissionner", raconte à l'AFP la jeune femme de 27 ans.
Elle réalisa tout d'un coup, neuf mois après son embauche, que toutes ses collègues étaient célibataires ou sans enfant, et avaient moins de 40 ans pour la plupart.
Son cas illustre parfaitement les raisons pour lesquelles les Sud-Coréennes hésitent à se marier et à faire des enfants. Le taux de natalité, parmi les plus faibles du monde, recule.
Le gouvernement vient d'annoncer une panoplie de mesures pour tenter de renverser la tendance mais les esprits chagrins jugent qu'elles n'auront guère d'effet face aux causes profondes du problème.
De nombreuses entreprises rechignent à employer des mères, mettant en doute leur capacité à effectuer les longues journées de travail qui sont la norme en Corée du Sud, et ne veulent pas payer les congés maternité.
Quand Mme Park avait refusé de partir, son patron l'avait harcelée sans relâche, lui interdisant de participer aux réunions et l'ignorant "comme si j'étais un fantôme invisible". La direction avait aussi menacé de licencier son mari, employé par la même entreprise.
Après avoir lutté plus de six mois, elle finit par craquer et démissionner. Un mois plus tard, elle accouchait d'une petite fille et depuis, hormis un bref contrat dans une start-up, elle est mère au foyer.
"J'ai étudié et travaillé si dur pendant des années pour obtenir un emploi à un moment où le taux de chômage des jeunes était si élevé. J'aimais tant mon travail et regardez ce qui m'est arrivé".
Elle a participé à de nombreux entretiens d'embauche, essuyant des refus dès son statut de mère connu. Elle a renoncé à trouver un emploi, cherchant à monter sa propre affaire commerciale.
"Le gouvernement n'arrête pas de dire aux femmes d'avoir plus d'enfants mais comment faire dans un pays comme celui-ci?", demande-t-elle.
Le taux de fécondité, le nombre moyen d'enfants qu'une femme est susceptible de mettre au monde, est tombé à 0,95 au troisième trimestre, bien loin des 2,1 nécessaires au renouvellement des générations.

Mercredi 26 Décembre 2018

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