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Face au spectre d'une Super Ligue, le foot européen serre les rangs

Samedi 23 Décembre 2023

Face au spectre d'une Super Ligue, le foot européen serre les rangs
Loin de trembler après le désaveu infligé jeudi à l'UEFA par la justice européenne, le football continental a affiché son unité face à la relance d'un projet de tournoi privé, deux ans après la tempête de la Super Ligue.


"On ne va pas essayer de les arrêter. Ils peuvent créer ce qu'ils veulent. Il me tarde qu'ils démarrent leur fantastique compétition avec deux clubs", a commenté le patron de l'UEFA, Aleksander Ceferin, sarcastique et détendu, lors d'une visioconférence.


Certes, le dirigeant slovène ironisait sur les incertitudes entourant l'annonce à la mi-journée de l'organisation A22, qui promet un tournoi "à 64 clubs" chez les hommes et 32 chez les femmes, à une date indéterminée, alors que seuls le Real Madrid et le FC Barcelone sont officiellement sur les rangs.
Mais le contraste reste saisissant avec le visage blême du même Ceferin en avril 2021, lorsqu'il s'en était pris aux "serpents" et aux "douze salopards" qui menaçaient de faire imploser le football européen, par une offensive au potentiel commercial considérable.


Douze grands clubs, cumulant une cascade de trophées européens à leur palmarès, avaient lancé leur projet de compétition privée à minuit, à la veille de l'annonce de la nouvelle formule de la Ligue des champions, frontalement concurrencée.
Pire: parmi eux se trouvait la Juventus Turin, alors présidée par l'Italien Andrea Agnelli, qui dirigeait aussi la puissante Association européenne des clubs (ECA) et avait publiquement adoubé la nouvelle C1 à maintes reprises, pour mieux la trahir en coulisses.


Non seulement le prestige des clubs mutins risquait d'entraîner d'autres formations, mais leurs discussions secrètes avaient plongé le sport roi dans une profonde crise de confiance: à quelle parole se fier ? Même la Fifa, qui semblait soutenir l'UEFA, était soupçonnée d'encourager les rebelles en sous-main. Jeudi, le chef de l'instance mondiale, Gianni Infantino, a relativisé la décision judiciaire, estimant qu'elle "ne change(ait) rien".


Le tollé général et la mobilisation des supporters, entraînant celle de plusieurs dirigeants politiques, avaient finalement poussé neuf des douze clubs frondeurs à jeter l'éponge, faisant capoter l'aventure en moins de 48 heures.
Mais l'UEFA en a tiré les leçons et depuis deux ans et demi, a nettement resserré les liens du football européen, pour offrir jeudi une démonstration d'unité entre représentants des clubs, ligues, supporters et joueurs.
"Je ne comprends pas tout ce bruit, pour être honnête", a ainsi souligné lors de la même visioconférence Nasser Al-Khelaïfi, patron du Paris SG propulsé à la tête de l'ECA par la crise de la Super Ligue, où il s'était rangé aux côtés de l'UEFA.


Agnelli, éjecté de l'ECA, a aussi quitté la Juve à cause d'une procédure judiciaire en Italie pour irrégularités de gestion.
Pour le Qatari, "tous les acteurs du football européen sont ensemble", liés "non par un contrat légal mais par un contrat social". "Nous ressortirons plus forts et meilleurs, comme toujours", a-t-il promis, minimisant la menace représentée par A22.
Même discours chez le patron de la Ligue espagnole Javier Tebas, opposant de la première heure aux desseins du Real et du Barça, et le représentant de l'association European Leagues, du syndicat des joueurs FIFPro Europe et des supporters.


"Nous faisons partie d'un système, dans le football européen, qui est loin d'être parfait mais obéit à certaines règles", a rappelé Ronan Evain, directeur exécutif de Football Supporters Europe (FSE).
Pour lui, la proposition d'A22 est "le nouvel emballage d'une idée terrible".

"Nous espérions que ce cirque était dépassé, que cette idée avait fait long feu, mais les zombies sont de retour et le cirque recommence", a-t-il déploré, attribuant les projets de sécession à la mauvaise gestion budgétaire du Real et du Barça.


Il y a un an déjà, en novembre 2022, l'UEFA avait organisé un front du refus du même type: lorsque A22, nouvellement créée, avait voulu visiter le siège de l'organisation à Nyon (Suisse), elle s'était trouvée face à une coalition d'émissaires de l'ECA, des cinq grands championnats, de la FIFPro et de FSE, qui avaient martelé leur attachement "aux fondements" du foot européen.



Libé

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