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En Iran, de nouveaux slogans anti-pouvoir quand la menace américaine s'accentue


Libé
Dimanche 22 Février 2026

Des étudiants iraniens ont scandé samedi à Téhéran des slogans contre le pouvoir, nouvelle démonstration de colère après le mouvement de contestation de janvier, au moment où les Etats-Unis accentuent leur pression militaire malgré des pourparlers.
 
Les rassemblements dans plusieurs universités de la capitale ont été organisés dans le sillage des vastes manifestations qui avaient été étouffées dans le sang en janvier.
 
Depuis cette répression, le président américain Donald Trump menace d'intervenir et intensifie le déploiement militaire dans la région, tout en disant vouloir un accord portant notamment sur le programme nucléaire iranien.
 
Celui-ci est depuis des années au cœur de la discorde entre Téhéran et les Occidentaux, qui craignent que le pays ne se dote de la bombe atomique. 
 
Pour la première fois depuis la vague de protestation, des slogans appelant à la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, ont de nouveau retenti cette semaine dans plusieurs villes d'Iran, lors de rassemblements rendant hommage aux manifestants tués.
 
Samedi, des étudiants se sont réunis dans des universités de Téhéran, où des incidents ont éclaté avec des contre-manifestants.
 
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et géolocalisées par l'AFP à l'université de technologie de Sharif, la principale en ingénierie de la capitale, montrent des échauffourées dans la foule.
 
D'après l'agence de presse iranienne Fars, ce qui devait être "une manifestation silencieuse et pacifique" a été perturbé par des individus scandant notamment "mort au dictateur".
 
Selon une vidéo publiée par Fars, un groupe agitant des drapeaux iraniens fait face à de nombreux protestataires masqués, chaque camp semblant brandir des portraits en hommage aux morts.
 
Les altercations ont fait des blessés, certains par des jets de pierre, a indiqué l'agence.
 
Outre la contestation, le pouvoir iranien est sous pression des Etats-Unis, qui ont déployé dans la région une "armada", selon les termes de Donald Trump.
 
Vendredi, le plus grand porte-avions au monde, le Gerald Ford, a été photographié en train de traverser le détroit de Gibraltar et d'entrer en mer Méditerranée, selon des clichés pris par l'AFP.
 
Il est accompagné par trois destroyers, ce qui va porter le total de navires de guerre américains à 17 dans la zone.
 
Un autre porte-avions était déjà arrivé fin janvier, or il est rare que deux de ces navires soient déployés en même temps par les Etats-Unis au Moyen-Orient.
 
L'Iran a de son côté mené cette semaine des exercices militaires en mer d'Oman, avec son allié russe.
 
Malgré les menaces de part et d'autre, les deux pays ennemis ont repris des pourparlers indirects début février, après l'échec des précédentes discussions, stoppées net en juin 2025 par la guerre déclenchée par Israël contre l'Iran et appuyée par les Etats-Unis.
 
L'Iran, en quête d'un allègement des sanctions internationales asphyxiant son économie, a assuré vendredi vouloir un accord "rapide", au lendemain d'un ultimatum lancé par Donald Trump.
 
Ce dernier a dit se donner "dix" à "quinze jours" pour décider si un accord était possible ou s'il allait au contraire recourir à la force. Interrogé sur l'éventualité d'une frappe si les négociations échouaient, il a répondu: "Tout ce que je peux dire... c'est que je l'envisage".
 
L'Iran se défend d'avoir des ambitions militaires mais insiste sur son droit au nucléaire civil notamment pour l'énergie, conformément aux dispositions du Traité de non-prolifération (TNP) dont il est signataire.
 
Donald Trump s'est plusieurs fois prononcé pour une interdiction totale pour l'Iran d'enrichir de l'uranium, une exigence que Téhéran considère comme une ligne rouge, représentant un obstacle majeur à tout accord.
 
Washington n'a cette fois "pas demandé zéro enrichissement", d'après M. Araghchi.
 
Selon le site Axios, qui cite un haut responsable américain anonyme, l'administration Trump examine la possibilité d'autoriser "un enrichissement symbolique et limité", qui ne lui permettrait pas de développer l'arme nucléaire.
 
"Nous ne céderons à aucune épreuve, même si les puissances du monde se dressent devant nous", a averti samedi le président iranien Massoud Pezeshkian, cité par la télévision d'Etat.
 
Face au risque de frappes américaines, l'Australie, la Suède, la Serbie et la Pologne ont appelé leurs ressortissants à quitter l'Iran.

Libé
Dimanche 22 Février 2026

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