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Dans une contradiction manifeste, les autorités algériennes exigent des excuses de la France tout en continuant d’ignorer l’expulsion des Marocains en 1975

Réunion du Bureau exécutif du CIMEA-75


Libé
Vendredi 17 Avril 2026

Dans une contradiction manifeste, les autorités algériennes exigent des excuses de la France tout en continuant d’ignorer l’expulsion des Marocains en 1975
Dans le cadre de ses réunions périodiques, le Bureau exécutif du Collectif international de soutien aux familles d’origine marocaine expulsées d’Algérie en 1975 (CIMEA-75) s’est réuni jeudi 16 avril 2026 en session ordinaire. Cette réunion a été consacrée à l’examen de plusieurs points, portant notamment sur l’évolution du plaidoyer relatif au dossier des Marocains expulsés d’Algérie auprès des instances et organisations internationales, en particulier celles compétentes en matière de droits humains.

Outre l’évaluation de ses activités antérieures, les membres du Bureau ont examiné plusieurs initiatives visant notamment à renforcer la visibilité et la sensibilisation autour du dossier des expulsés d’Algérie à l’échelle internationale, ainsi qu’à collecter davantage de données et d’informations afin d’enrichir le fonds documentaire constitué par le CIMEA-75, dont une part importante a été déposée, pour la première fois, aux Archives du Maroc.

Les membres ont également abordé la préparation de rapports et de publications relatifs au dossier des Marocains expulsés d’Algérie en 1975, l’évaluation des résultats des initiatives et activités menées récemment par le CIMEA-75, ainsi que les moyens à même de concrétiser les objectifs fixés depuis sa création en 2021.
Par ailleurs, les membres du Bureau ont salué le soutien constant apporté par plusieurs acteurs institutionnels et composantes de la société civile, en particulier l’Organisation marocaine des droits humains, liée au CIMEA-75 par une convention de partenariat et de coopération.

Les membres ont également convenu de développer et de valoriser le rapport inédit élaboré par le Bureau exécutif du CIMEA-75 sous la supervision de Fatiha Saïdi, membre du Bureau, avec la contribution d’experts en droit international des droits humains et en histoire. Ce rapport s’appuie sur plusieurs archives, notamment celles de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à Genève. Il avait été présenté lors d’une conférence de presse organisée le 1er octobre 2025 au Club suisse de la presse à Genève, en marge de la 60e session du  Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, en présence de médias ainsi que d’acteurs associatifs et de défenseurs des droits humains, avec une large couverture médiatique.

D’autre part, le Bureau exécutif a rappelé que l’Etat algérien persiste à ignorer le dossier de l’expulsion collective, arbitraire et injuste des Marocains d’Algérie en 1975, classée parmi les violations graves des droits humains. Il s’étonne, à cet égard, de voir le Parlement algérien adopter une loi criminalisant le colonialisme français — démarche légitime en soi — codifiant la narration officielle algérienne et recensant les diverses violations graves subies par le peuple algérien, imputées à l’Etat colonisateur, tout en continuant, dans le même temps, à nier et à occulter le crime d’expulsion collective et arbitraire des Marocains d’Algérie en 1975, ainsi que les actes de violence, de persécution et de spoliation illégale des biens et droits acquis qui l’ont accompagné.

Le Bureau exécutif souligne également que l’Etat algérien continue de miser sur l’oubli et l’effacement des traces de cette tragédie, tout en diffusant des contre-vérités et en fabriquant des récits sans fondement, prétendant notamment que l’expulsion collective et arbitraire des Marocains d’Algérie n’aurait été qu’une réponse à une prétendue expulsion de ressortissants algériens du Maroc, allégation ne reposant sur aucune preuve, aucun document ni aucune victime identifiée.

Il est à rappeler que le CIMEA-75 est une organisation internationale non gouvernementale fondée le 27 février 2021. Elle œuvre notamment à la préservation de la mémoire des expulsions, à la défense des intérêts des personnes expulsées auprès des instances nationales et internationales, ainsi qu’à faire pression sur les autorités algériennes afin qu’elles reconnaissent les exactions commises en 1975 à l’encontre des Marocains, restituent l’ensemble des biens saisis illégalement et accordent aux victimes une réparation matérielle et morale pour les préjudices subis du fait de cette expulsion collective et arbitraire.


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