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Dans sa mutation, la Covid-19 affecte jeunes et moins jeunes

Les enfants ne sont plus épargnés



Jusqu’à récemment, il y avait un élément positif dans la crise sanitaire traversée par la planète : le virus était moins agressif avec les plus jeunes dans le sens où les enfants n’étaient pas des cibles et les adolescents développaient des formes asymptomatiques. Désormais, la donne a quelque peu changé. Le variant britannique du nouveau coronavirus suscite l’inquiétude, de par sa faculté à s’attaquer indifféremment aux jeunes et à leurs aînés. Si la nouvelle souche du SarsCov-2, apparue au Royaume-Uni, n’est pas plus dangereuse que ses devancières, il n’en reste pas moins qu’elle se propage sans distinction d’âge et à vitesse grand V. Une propagation amplifiée par les fraîches journées annoncées qui font le lit de l’épidémie. A la lumière de ces éléments, les systèmes scolaires font face à un défi de taille. Outre-Manche, toutes souches confondues, la férocité du variant anglais a atteint dimanche près de 55.000 Britanniques. Sans surprise, le gouvernement a décidé de fermer les écoles du pays, conscient qu’elles pouvaient être une source d’accélération de la circulation du virus. Preuve en est, le match de rugby opposant Bayonne et Leicester le 19 décembre dernier. Même en plein air, la rencontre a débouché sur la contamination parle variant britannique de 10 joueurs de l’équipe française. Ce qui donne une idée de sa contagiosité dans des lieux clos. Dire que le spectre du variant anglais sème le trouble relève du doux euphémisme. D’autant qu’après sa détection au Danemark, aux Pays Bas et en Australie, la nouvelle souche B117 a donc également gagné la France dont les liaisons aériennes avec le Maroc sont toujours maintenues.Interrogé par le quotidien «Aujourd’hui en France», le professeur Robert Cohen, président du Conseil national de la pédiatrie dans l’Hexagone, a d’abord rassuré en expliquant que «le variant anglais ne provoque pas, pour l’instant au moins, d’afflux supplémentaires de jeunes patients dans les hôpitaux britanniques», avant de se montrer plus inquiet : «En revanche, il est avéré qu’il est plus contagieux que la Covid classique, chez les enfants, chez les adolescents, mais aussi chez les adultes. Donc, de ce fait, il y a davantage de jeunes atteints par cette nouvelle forme de la maladie». Dans le cas où, par malheur, la nouvelle souche fait son apparition au Maroc, quelles sont les précautions qui doivent être prises à l’école ? En septembre dernier, à quelques jours de la rentrée scolaire, la Sociét́é marocaine des sciences médicales et la Sociét́é marocaine de pédopsychiatrie et professions associées, qui militaient pour une reprise des cours en présentiel «car l’enfant a besoin de liens sociaux qu’il développe à l’école et qui sont nécessaires à son épanouissement», avaient-ils argués, ont par la même occasion exposé la marche à suivre, qui prend désormais des allures prémonitoires, pour préserver la santé physique et mentale des enfants, en responsabilisant d’abord les parents. «Ils ont la responsabilité, d’une part, de prendre la température de leurs chérubins et de s’assurer qu’elle soit inférieure à 38 °C en dehors de tout traitement et, d’autre part, de faire mention de tout signe clinique à un pédiatre, lequel, dans ce cas précis,sera garant de la reprise de l’école par le biais d’une autorisation écrite». Outre l’importance d’un décalage des heures de rentrée selon les classes afin de réduire le contact entre les parents qui doivent également respecter la distanciation physique et le port du masque, une fois entre les murs de l’école, le communiqué émanant de la Sociét́é marocaine des sciences médicales et de la Sociét́é marocaine de pédopsychiatrie et professions associées, préconise une scolarité articulée autour de séances continues afin de limiter au maximum les contacts des enfants avec des éléments extérieurs, sans oublier les moyens de transport scolaire qui doivent faire l’objet d’une désinfection régulière et ne jamais dépasser 50% de leur capacité, tout en évitant d’être conduits par des chauffeurs différents. En classe, ledit communiqué souligne l’importance d’une aération «systématique via fenêtres et portes ouvertes pendant les récréations et les repas. Autrement dit, pendant la vacation des classes. Des classes qui doivent être stérilisées une fois par jour (sol, table, matériel, etc) et avant chaque rentrée pour les poignées». S’agissant des récréations, les pédiatres et psychopédiatres y étaient favorables mais uniquement si ces plages de repos sont différées«pour qu’il n’y ait pas un regroupement de toutes les classes dans les cours de récréation». Si l’on ajoute à ces recommandations l’obligation du port du masque pour l’ensemble du personnel de l’école, collégiens compris, on estime un peu mieux la difficulté de l’instauration de l’ensemble de ces mesures. Un sacré défi qui explique certainement la décision du gouvernement britannique de fermer les écoles en transformant notamment les collèges en centres de dépistage pour tester les écoliers et collégiens britanniques afin d’endiguer une énième accélération de la propagation de la nouvelle mutation du Sars-Cov-2. 

C.E
Mardi 5 Janvier 2021

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