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Codes et énigmes pour traquer les gaspillages énergétiques




Codes et énigmes pour traquer les gaspillages énergétiques
"Dépêchez-vous, plus que 24 minutes!" Enfermés dans l'appartement reconstitué de "Clara", des agents survoltés de la "Section anti-gaspillage énergétique" passent du frigo au lave-linge à la recherche de moyens d'économiser de l'électricité. Énigmes musicales, casse-têtes numériques, "cryptex" à la Da Vinci Code, mais aussi réflexion sur les "éco-gestes" les plus adéquats dans chaque pièce de la maison: l'escape game inauguré le 29 février à la Fondation Goodplanet à Paris n'est pas seulement un jeu.
"On a souhaité mettre les joueurs, les familles, les enfants, en situation réelle de pouvoir mettre en place les éco-gestes dans leur foyer", tout en "mettant du fun", explique à l'AFP le responsable du projet Cédric Javanaud.
"Ça va de choses aussi simples que de mettre un couvercle sur une casserole ou d'éteindre ses veilles, à correctement ranger son frigo, mais aussi à penser ses déplacements, ou baisser le chauffage d'un degré dans la chambre la nuit", poursuit-il.
Des messages pratiques que les enfants d'une maison de quartier de Suresnes (Hauts-de-Seine), invités à tester ce "serious escape game" avant l'ouverture officielle, ont bien enregistré.
"J'ai appris à quel point on pouvait utiliser l'électricité sans s'en rendre compte", commente Adam, 12 ans.
"C'est de la flemmardise: c'est pas très compliqué d'éteindre une lumière quand on a fini avec", ajoute-t-il, avouant toutefois souvent sortir de sa chambre sans éteindre. Mais promis, il ne le fera plus.
Affublés de blouses blanches, les "agents" de la SAGE (Section anti-gaspillage énergétique) sont propulsés en 2025, où déjà "l'énergie vient à manquer", et doivent infiltrer l'appartement de "Clara" en son absence pour corriger ses erreurs énergétiques.
Lumières, thermostat, cafetière, télévision... De la salle de bains au salon, ils ont une heure pour réduire sa consommation. "Sinon, je serai obligé de couper le courant !", prévient par vidéo interposée le game master joué par le magicien Eric Antoine.
Certains des éco-gestes qu'ils apprennent au cours du jeu permettent de faire des économies substantielles. Par exemple, selon l'Ademe, passer de 20°C à 19°C dans son appartement permet de réduire la consommation d'énergie de 7 %.
Un bénéfice pour le porte-monnaie, mais aussi pour la planète, même si les enfants ne font pas toujours le lien entre consommation énergétique, émissions de gaz à effet de serre et réchauffement climatique.
Alors pour passer ce cap, les joueurs sont immergés dans un deuxième univers, un "simulateur d'énergie" aux allures de vaisseau spatial.
A travers l'Histoire, depuis 1800, ils voient émerger les diverses sources d'énergie, du moulin à eau au pétrole, et tentent de répondre à la demande d'une population mondiale croissante pendant que les calottes polaires commencent à fondre.
"Arrive 2019 où quoi qu'on fasse on s'aperçoit que de toutes façons ce n'est pas simplement la production d'énergie qui va nous permettre" de limiter le réchauffement, mais qu'il faut également intégrer une consommation "plus raisonnée", commente Cédric Javanaud.
Les deux espaces installés dans le château du Domaine de Longchamp sont ouverts aux familles le week-end (gratuit, réservation sur place), et aux scolaires en semaine.
Les enfants, à partir de 8 ans, sont d'ailleurs les cibles privilégiées. Parce que "la meilleure façon de changer l'attitude des parents, c'est les enfants, bien évidemment", lance Yann Arthus-Bertrand, patron de la fondation qui a lancé une version simplifiée itinérante en bus - hybride - du projet à travers la France.
Transformer les plus jeunes en "ambassadeurs" auprès de leurs familles peut aussi peut-être atténuer l'angoisse provoquée chez certains par la prise de conscience du changement climatique.
Ainsi, Massylia, 10 ans, a "tout aimé" dans sa mission ludique d'agente de la SAGE, mais la petite fille aux cheveux tressés est "inquiète". "La planète, c'est notre seule source de vie, elle nous abrite, c'est notre maison, c'est comme si on détruisait notre maison", explique-t-elle.
"En gros, on va laisser la planète à nos petits-enfants, nos arrières-petits enfants, comme une poubelle".

Mardi 3 Mars 2020

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