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Le brasier numérique
Tout commence, comme souvent à l'ère des réseaux sociaux, par un récit fragmenté, une image floue, un enregistrement audio dont personne ne connaît vraiment l'origine. Au fil des jours, ces bribes d'informations se transforment en certitudes partagées par des milliers de personnes, voyageant d'un groupe de discussion à l'autre avec la vélocité d'un virus numérique. Le Maroc, en ce début d'année 2026, a vécu en accéléré ce phénomène désormais bien documenté par les spécialistes de la communication et de la psychologie sociale : la rumeur amplifiée par les technologies de l'information.
Des publications alarmistes, des messages vocaux au ton grave et assuré, des captures d'écran de prétendus faits divers : en quelques heures, le spectre d'un réseau criminel spécialisé dans l'enlèvement d'enfants à des fins de trafic d'organes ou d'exploitation s'est répandu comme une traînée de poudre sur les plateformes numériques. WhatsApp, Facebook, TikTok et Instagram sont devenus les vecteurs involontaires d'une angoisse collective sans précédent. Dans les quartiers résidentiels de Casablanca comme dans les médinas de Marrakech, de Kénitra ou de Fès, les parents ont multiplié les précautions : accompagner les enfants à l'école, interdire les sorties solitaires, scruter chaque visage inconnu avec une suspicion nouvelle.
Ce qui frappe, à l'analyse froide de cet épisode, c'est la mécanique implacable de la propagation. Les neurosciences et la psychologie sociale nous enseignent depuis longtemps que le cerveau humain traite les menaces dirigées contre les enfants avec une intensité émotionnelle particulièrement élevée. L'instinct de protection parentale, l'un des plus puissants qui soit, court-circuite le raisonnement critique et favorise la transmission immédiate de toute information perçue comme un avertissement vital. Les architectes de cette rumeur — consciemment ou non — ont appuyé sur le bouton le plus sensible de l'être humain.
Les groupes de discussion WhatsApp, en particulier, ont joué un rôle central dans cette propagation. Conçus pour faciliter la communication entre proches, ces espaces numériques se sont transformés en véritables chambres d'écho où chaque message alarmiste est relayé sans questionnement, souvent précédé de la formule fatidique : «Attention, partagez avec tous vos contacts». La confiance accordée aux membres d'un groupe familial ou amical accélère considérablement la transmission et inhibe le scepticisme naturel qu'on pourrait opposer à un inconnu.
L'arsenal de la manipulation
Au cœur de cette tempête désinformationnelle, un élément a joué un rôle d'accélérateur redoutable : la diffusion massive d'une note administrative présentée comme émanant du ministère de l'Intérieur. Ce document, au look officiel soigneusement imité, prétendait avoir été adressé aux établissements scolaires pour les alerter d'une recrudescence alarmante des enlèvements d'enfants à travers le Royaume. Sa crédibilité apparente, renforcée par des logos institutionnels et un ton bureaucratique convaincant, lui a conféré une force de persuasion que n'aurait jamais possédé un simple message non sourcé.
Ce faux document représente l'un des outils les plus pernicieux de la désinformation moderne : le faux officiel. En usurpant l'autorité de l'Etat, ses auteurs ont non seulement trompé des millions de citoyens, mais ils ont également instrumentalisé la confiance que le public place dans les institutions. Le ministère de l'Intérieur a promptement réagi, démentant avec fermeté l'authenticité de cette note dans un communiqué sans équivoque : aucune circulaire de ce type n'avait été adressée à quelque établissement scolaire ou institution que ce soit. Les autorités ont appelé avec insistance les internautes à la vigilance et à la vérification, réaffirmant que «la propagation d'informations non vérifiées peut contribuer à alimenter inutilement l'inquiétude et la panique au sein de la population ».
A ce faux document s'ajoutait une technique tout aussi efficace : la récupération de faits divers réels, sorties de leur contexte ou délibérément déformées. La disparition tragique de trois fillettes dans des villes distinctes du Maroc — Chefchaouen, Midelt et Béni Mellal — a fourni aux propagateurs de la rumeur un substrat de réalité sur lequel bâtir leur édifice mensonger. Ces drames, pour lesquels les enquêtes se poursuivent, ont été présentés comme les preuves irréfutables d'un réseau organisé, alors même que les premières conclusions des investigations indiquaient qu'il s'agissait d'incidents isolés, sans lien entre eux. La DGSN l'a confirmé sans ambiguïté: de vieilles vidéos de disparitions de mineurs, sans connotation criminelle, ont été délibérément remises en circulation et présentées comme des cas d'enlèvements récents.
Cette stratégie de manipulation — mêler un noyau de faits réels à des inférences fictives — est l'une des plus redoutables car elle rend la désinformation particulièrement résistante au démenti. Comment nier totalement une rumeur qui s'appuie sur des événements authentiques? Comment convaincre un parent terrorisé que le danger qu'on lui décrit n'existe pas, lorsque les noms de villes et les prénoms d'enfants sont réels ? C'est précisément dans cet espace ambigu, entre réalité et fiction, que prospèrent les rumeurs les plus durables.
Les autorités face au mur du mensonge
Face à l'ampleur de la vague désinformationnelle, les services de sécurité ont dû abandonner leur posture habituelle de discrétion pour s'engager publiquement dans une guerre de l'information. Cette réaction, notable par sa rapidité, illustre la prise de conscience institutionnelle que la rumeur non contrée peut, à elle seule, constituer un véritable problème d'ordre public. Quatre villes ont concentré les démystifications les plus significatives.
A Marrakech, une publication virale prétendait qu'une femme portant le niqab et son mari avaient été arrêtés pour leur implication dans des enlèvements d'enfants. La préfecture de police a démenti catégoriquement ces allégations, révélant la réalité bien plus banale de l'affaire : une femme, mère de neuf enfants, avait simplement été approchée par des voisins méfiants après être passée à proximité d'une mineure dans un quartier résidentiel. Les investigations n'ont révélé aucune infraction, aucun comportement délictueux. Une femme que seule la suspicion de certains voisins avait désignée devenait pourtant, sur les réseaux sociaux, une criminelle présumée. Le glissement était saisissant.
A Casablanca, une vidéo très partagée montrait une femme réclamant des images de caméras de surveillance pour retrouver deux adolescents de 14 et 15 ans, présentés comme des victimes potentielles d'enlèvement. L'enquête de la préfecture de police a établi que cette affaire datait en réalité de l'année précédente et concernait un frère et sa sœur qui avaient tout simplement fugué du domicile familial avant d'être retrouvés dans un jardin public de Berrechid, sains et saufs, sans avoir subi la moindre agression. Une fugue d'adolescents, classique et résolue, avait été recyclée en preuve d'enlèvement criminel.
A Kénitra, un message vocal diffusé dimanche 8 mars sur plusieurs applications de messagerie affirmait qu'un enfant avait été victime d'une tentative d'enlèvement à Jorf El Melha par un couple de quadragénaires. Les services de police ont ouvert une enquête et se sont rendus sur les lieux en compagnie de l'auteure du message et de son fils mineur. Le résultat de l'investigation a de quoi stupéfier : l'histoire avait été inventée de toutes pièces par l'enfant lui-même, dans le seul but de convaincre sa mère de l'accompagner quotidiennement à l'école. Un stratagème d'enfant, né d'une anxiété scolaire peut-être, avait suffi à alimenter la panique d'un quartier entier.
Ces trois cas, emblématiques dans leur diversité, révèlent une vérité fondamentale sur la mécanique de la rumeur : elle n'a pas besoin d'un substrat criminel réel pour prospérer. Elle se nourrit de l'ambiguïté, de la peur préexistante et de la tendance humaine à rechercher des patterns cohérents dans des événements disparates. Chaque incident, aussi banal soit-il en réalité, est susceptible d'être réinterprété à la lumière de la narration dominante et de venir, en retour, la renforcer.
La DGSN sonne le tocsin
C'est la Direction générale de la Sûreté nationale qui a porté le coup le plus décisif contre la rumeur, à travers un communiqué d'une clarté et d'une fermeté remarquables. La DGSN a catégoriquement démenti les rumeurs concernant de prétendus enlèvements d'enfants liés au trafic d'organes, qualifiant sans détour ces allégations de «sans fondement» et précisant qu'elles avaient été «propagées dans le but de créer un climat de panique au sein de la population». Ces mots sont importants : ils désignent une intentionnalité, un acte délibéré, et non une simple erreur de bonne foi.
La DGSN a apporté une preuve concrète et imparable de l'absence de fondement des rumeurs : ni le système « E-Blagh », conçu pour le signalement des crimes, ni le programme «Mon Enfant Disparu», dédié aux disparitions d'enfants, n'avaient reçu la moindre notification en lien avec les allégations qui circulaient. Ces deux dispositifs représentent les canaux officiels par lesquels les citoyens marocains sont censés signaler précisément ce type de crimes. Leur silence éloquent constituait à lui seul une réfutation en béton armé.
Mais la DGSN ne s'est pas contentée de démentir. Elle a franchi un pas supplémentaire, particulièrement significatif, en annonçant l'ouverture d'enquêtes judiciaires sous la supervision des parquets compétents, dans le but d'identifier les auteurs et entités responsables de la diffusion de ces informations erronées. La manipulation de l'opinion publique par la désinformation, dès lors qu'elle compromet le sentiment de sécurité des citoyens, est passible de poursuites judiciaires au Maroc. Ce rappel à la loi représente un signal fort adressé à ceux qui seraient tentés de considérer les réseaux sociaux comme un espace de non-droit où toutes les affabulations seraient permises.
Psychologie de la peur collective
Pour comprendre comment une rumeur aussi manifestement infondée a pu semer une telle désolation, il faut convoquer les sciences humaines. Les travaux fondateurs de Gordon Allport et Leo Postman sur la psychologie de la rumeur, développés dès les années 40, restent d'une étonnante actualité : selon leur formule désormais classique, l'intensité d'une rumeur est proportionnelle à l'importance du sujet pour les individus concernés, multipliée par l'ambiguïté des informations disponibles. La sécurité des enfants représente l'une des préoccupations humaines les plus universellement partagées, et l'absence d'informations officielles claires dans les premiers jours de la crise a laissé le champ libre à l'imagination la plus sombre.
Les psychologues sociaux parlent de «biais de négativité» : le cerveau humain accorde systématiquement plus de poids aux informations négatives qu'aux informations positives. Une menace potentielle, même incertaine, mobilise davantage l'attention et l'action qu'une information rassurante. Dans un contexte de réseaux sociaux où l'engagement émotionnel est le principal moteur de la viralité, les contenus anxiogènes bénéficient d'un avantage structurel considérable sur les démentis factuels, souvent jugés moins captivants.
A cette dynamique psychologique individuelle s'ajoute un phénomène de groupe particulièrement puissant : la validation sociale. Lorsqu'un message alarmiste est relayé par des dizaines de personnes de confiance — membres de la famille, amis, collègues — sa crédibilité perçue augmente de façon exponentielle, indépendamment de sa véracité intrinsèque. Dans un groupe WhatsApp de quarante personnes où trente membres partagent le même message d'alerte, il devient psychologiquement très difficile pour l'individu isolé de douter, encore moins de contredire. La pression normative du groupe s'impose à la pensée critique individuelle.
Cette réalité psychologique explique pourquoi les démentis officiels, pourtant clairs et documentés, peinent souvent à rattraper la vitesse de propagation des rumeurs. La correction d'une information fausse ne bénéficie d'aucun des avantages cognitifs et émotionnels qui ont assuré la diffusion de cette information. Elle est moins dramatique, moins urgente, moins engageante. Elle ne déclenche pas les mêmes réflexes de partage immédiat. C'est l'une des asymétries fondamentales de l'ère numérique, et l'une de ses conséquences les plus préoccupantes.
Le Maroc face au défi de la désinformation
Cet épisode ne saurait être réduit à un simple incident de communication virale, vite oublié dès que l'actualité se déplace. Il est le symptôme d'un défi de fond auquel est confrontée la société marocaine dans sa transition numérique : comment préserver la cohésion sociale et la confiance institutionnelle dans un environnement informationnel radicalement transformé par les technologies de la communication ? Comment faire coexister la liberté d'expression numérique avec les impératifs de responsabilité informationnelle ?
Le Maroc n'est évidemment pas seul face à ce défi. Des pays bien plus avancés dans leur maturité numérique ont été confrontés à des crises de désinformation d'une gravité comparable, voire supérieure. Ce qui distingue cet épisode marocain, c'est peut-être la réactivité remarquable des institutions face à la propagation de la rumeur. Le ministère de l'Intérieur, la DGSN et les préfectures de police de plusieurs villes ont tous répondu avec une rapidité et une transparence qui méritent d'être soulignées. Dans d'autres contextes, l'absence de réponse officielle ou sa tardiveté ont souvent contribué à amplifier les crises de désinformation.
Mais la réponse institutionnelle, aussi efficace soit-elle, ne peut à elle seule constituer un rempart durable. La lutte contre la désinformation est avant tout un combat culturel qui se joue dans les esprits, et qui nécessite un investissement massif dans l'éducation aux médias et à l'information. Apprendre à vérifier une source, à recouper une information, à identifier les signes d'un faux document ou d'une vidéo manipulée : ces compétences, regroupées sous le terme d'«éducation aux médias», représentent l'immunité collective dont les sociétés modernes ont besoin pour résister aux épidémies informationnelles.
Les plateformes numériques, de leur côté, portent une responsabilité que l'on ne saurait ignorer. Facebook, WhatsApp et les autres grandes plateformes disposent d'outils techniques capables de détecter et de ralentir la propagation de contenus manifestement trompeurs. Leur déploiement insuffisant, souvent justifié par des arguments de liberté d'expression, contribue à un environnement informationnel dans lequel les rumeurs les plus destructrices bénéficient du même traitement algorithmique que les informations vérifiées.
Entre droit à l'information et devoir de vérification
La liberté d'expression, valeur fondamentale dans toute société démocratique, ne saurait être confondue avec la liberté de propager des mensonges. Cette distinction, qui peut sembler évidente formulée ainsi, se révèle infiniment plus complexe dans la pratique des réseaux sociaux, où le partage impulsif est facilité par des interfaces conçues pour minimiser la friction et maximiser l'engagement. Le bouton «partager» est à portée de pouce ; la vérification préalable, elle, demande du temps, de l'effort et une discipline intellectuelle que l'urgence émotionnelle rend difficile à maintenir.
Cet épisode appelle pourtant chacun à une responsabilité individuelle. Avant de relayer une information alarmante, particulièrement si elle concerne la sécurité d'enfants, trois questions élémentaires méritent d'être posées : Quelle est la source de cette information ? A-t-elle été vérifiée par un média ou une autorité crédible ? Le fait de la partager peut-il causer du tort si elle s'avère inexacte ? Ces questions simples, si elles étaient systématiquement posées avant chaque partage, transformeraient radicalement l'écologie informationnelle des réseaux sociaux.
La DGSN a rappelé, avec raison, que la diffusion de fausses informations susceptibles de compromettre le sentiment de sécurité des citoyens est passible de poursuites judiciaires. La loi marocaine offre en effet des outils juridiques pour sanctionner les propagateurs de rumeurs dangereuses, et l'ouverture d'enquêtes judiciaires annoncée dans le communiqué officiel n'est pas un avertissement en l'air. Des poursuites effectives enverraient un signal fort sur l'existence de limites réelles à la désinformation numérique.
Mais au-delà de la sanction, c'est une culture de la responsabilité informationnelle qui doit s'installer durablement dans les habitudes numériques des Marocains. Une culture qui reconnaît que chaque citoyen connecté est, qu'il le veuille ou non, un acteur de l'espace informationnel public. Que ses partages, aussi personnels qu'ils lui semblent dans l'intimité d'un groupe WhatsApp, participent à la construction d'une réalité collective. Et que cette construction peut, comme l'a dramatiquement illustré cet épisode, devenir une prison de peur pour des milliers de familles innocentes.
Ce que la peur nous apprend sur nous-mêmes
Il serait tentant, maintenant que la tempête est passée, de sourire avec condescendance de ceux qui ont partagé des messages alarmistes sans vérification, ou qui ont accompagné anxieusement leurs enfants à l'école pendant plusieurs jours. Ce serait une erreur d'appréciation fondamentale. La peur collective qui a saisi le Maroc en ce début d'année 2026 n'est pas le signe d'une crédulité pathologique ou d'une ignorance particulière. Elle est la manifestation d'une vulnérabilité universellement humaine face à des menaces perçues comme dirigées contre les plus vulnérables.
Ce que révèle cet épisode, c'est aussi la profondeur du lien de confiance qui unit les Marocains dans leur communauté. La rapidité avec laquelle l'alerte s'est propagée témoigne d'une solidarité réelle, d'un désir sincère de protéger les enfants du voisin aussi bien que les siens. Cette énergie sociale, si elle était canalisée vers la vérification plutôt que vers la transmission immédiate, représenterait une force formidable au service de l'espace public informationnel.
Les rumeurs d'enlèvements d'enfants sont, hélas, un phénomène récurrent à travers le monde et les siècles. Des études historiques et anthropologiques montrent qu'elles apparaissent avec une régularité troublante dans les périodes de tensions sociales, d'incertitude économique ou de transformation culturelle rapide. Elles cristallisent les angoisses diffuses d'une société et les projettent sur des menaces concrètes, identifiables et — paradoxalement — rassurantes dans leur précision même. Il est plus facile d'avoir peur d'un enlèvement que de la complexité du monde.
Le Maroc de 2026, engagé dans une transformation sociale et numérique profonde, n'échappe pas à cette dynamique. La rumeur des enlèvements d'enfants, aussi infondée qu'elle soit, mérite d'être prise au sérieux — non comme une vérité, mais comme un symptôme. Elle dit quelque chose sur les angoisses collectives, sur les fractures de confiance, sur les besoins non satisfaits d'information et de sécurité qui traversent la société marocaine contemporaine. Y répondre par la seule répression judiciaire serait insuffisant. Y répondre par l'éducation, la transparence institutionnelle et le dialogue social serait, à terme, bien plus efficace.
En attendant, les enfants marocains continuent de jouer dans les cours d'école et de rentrer chez eux le soir. Les parents, rassurés par les démentis officiels, ont progressivement relâché leur étreinte anxieuse. Et quelque part, dans des bureaux de la police judiciaire, des enquêteurs cherchent patiemment les visages derrière les comptes anonymes qui ont allumé cet incendie. Parce que dans une démocratie qui se respecte, les mots aussi ont des conséquences. Et que la liberté de faire peur n'a jamais figuré au nombre des droits fondamentaux.
Mehdi Ouassat














