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Annahj, l’AMDH et Al Adl Wal Ihsane y sont pour beaucoup dans les derniers évènements de Jerada, dixit Laftite

Les raisons sont à chercher ailleurs, rétorquent le parti, l’association et la Jamaâ ainsi épinglés




Un échange houleux a eu lieu entre le ministre de l’Intérieur Abdelouahed Laftit et quelques formations politiques et ONG à propos du Hirak de Jerada.
En effet, le ministre a tiré à boulets rouges sur Nahj Addimocrati, de l’AMDH et Adl Wal Ihssan lors d’une intervention lundi devant la Commission de l'Intérieur, des collectivités territoriales, de l'habitat et de la politique de la ville à  la Chambre des représentants, les accusant de souffler sur des braises dans cette ancienne ville minière et de souhaiter même que tout le Maroc soit affecté par ces protestations.
Cette accusation n’a pas plu à ces parties. Ainsi, le secrétaire général de Nahj Addimocrati, Mustapha Brahma, a critiqué dans une déclaration à la presse le gouvernement qui, d’après lui, « au lieu de chercher à trouver des solutions aux revendications sociales de la population par la réalisation des projets concrets, il cherche à détourner l’attention sur les vrais problèmes de la population de Jerada, et ce en imputant la responsabilité à des parties qui n’ont rien à voir avec les protestations ».
Ahmed El Haij, président de l’AMDH, abonde dans le même sens. Il a en effet affirmé que personne ne peut être convaincu par les déclarations du ministre de l’Intérieur, car, selon lui, « ce ne sont que des excuses émanant des responsables ratés qui n’ont pas pu trouver de vraies solutions aux problèmes des citoyens et qui ne cherchent qu’un ennemi étranger ou intérieur pour justifier leur échec ».
La déclaration de Hassan Benajeh, membre dirigeant d’Adl Wal Ihassan, est sur la même longueur d’onde. Il a notamment affirmé qu’ « aucune personne sage ne peut croire que quelques parties appellent les gens à Jerada ou à n’importe quelle région du Maroc et qui souffrent de la marginalisation, de la pauvreté ou du chômage, à protester », tout en estimant que « c’est l’Etat et le gouvernement qui sont responsables de cette situation, car c’est l’échec de l’Etat qui crée des troubles et des crises sociales ».
Il convient de signaler que la ville de Jerada vit depuis des mois au rythme de protestations quotidiennes après la mort tragique de deux frères, Houcine et Jedouane Dioui, respectivement âgés de 23 et 30 ans, dans l’effondrement d’une mine clandestine et que le ministère de l’Intérieur avait interdit dans un communiqué rendu public le 13 mars dernier les manifestations sur la voie publique qualifiées d’illégales en assurant qu’il répondrait avec fermeté aux agissements et comportements irresponsables pour préserver la sécurité et garantir le cours normal de la vie.
Les autorités marocaines avaient également annoncé le lancement de projets sociaux dans le but de trouver des solutions aux revendications de la population.
Dans ce sens, le wali de la région de l'Oriental, gouverneur de la préfecture d'Oujda-Angad, Mouad El Jamai, a affirmé ce lundi à Rabat, qu'un total de 22 projets ont été programmés avec un coût global de 900 millions de dirhams (MDH), dans le cadre du Plan de développement de la province de Jerada.
Ce programme comprend des projets visant à rechercher une alternative économique, à travers l'agriculture, l'industrie, la promotion des investissements et de l'économie solidaire (7 projets d'un coût de 655 MDH), le renforcement des équipements sociaux de proximité (près de 12 projets d'un coût de 70 MDH) et la réhabilitation urbaine et environnementale (3 projets pour un coût de 175 MDH).
Parmi les mesures immédiates prises en matière d'emploi dans la province, figurent la création de près de 2000 emplois immédiats, y compris l'inscription de 1145 femmes pour bénéficier d'un travail saisonnier dans le sud de l'Espagne et l'intégration des jeunes de la province dans les zones industrielles nationales (Kénitra et Tanger), dans le cadre d'un recrutement de 200 personnes.
Concernant la résolution du problème du coût élevé des factures d'eau et d'électricité, M. El Jamai a rappelé la mise en place de mesures de suivi en vue de réduire le coût de l'électricité et de l'eau pour les citoyens à faible revenu, à travers notamment la facturation mensuelle des compteurs, le contrôle par l'Office national de l'électricité et de l'eau potable (ONEE) et l'adoption des compteurs électriques prépayés après achèvement des procédures judiciaires. Il a également ajouté que les pénalités de retard de paiement seront rééchelonnées, à travers l'octroi de facilités de paiement.
L’embauche d'environ 100 personnes a également été programmée pour la plantation de 10.000 arbres dans la périphérie des centrales thermiques de la ville, et le lancement de deux opérations d'un montant de 4 MDH par le Conseil de la région de l'Oriental pour la destruction des puits abandonnés, à travers le recrutement d'environ 200 personnes, a-t-il précisé. 

M.T
Mercredi 4 Avril 2018

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