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Alger en perte d’altitude

Les stratagèmes de diversion passent cette fois par la fermeture de l’espace aérien aux avions marocains


Alger en perte d’altitude
Le régime militaire algérien vient de prouver qu’il a carrément perdu la raison. Il a en effet décidé la fermeture «immédiate» de l’espace aérien algérien à tous les avions civils et militaires marocains ainsi qu’aux appareils immatriculés au Maroc, selon un communiqué de la présidence algérienne.

Cette décision funambulesque a été prise lors d’une réunion du Haut Conseil de sécurité, présidée mercredi 22 septembre par Abdelmadjid Tebboune, le président algérien, et Saïd Chengriha, le chef d'état-major de l'armée algérienne. Mais quelle est la raison invoquée par la junte militaire algérienne pour justifier une telle décision?

Selon le communiqué de la présidence, la décision de la fermeture de l’espace aérien a été prise à cause «des évolutions aux frontières avec le Royaume du Maroc» et «au regard de la poursuite des provocations et pratiques hostiles du côté marocain», sans apporter, comme à l’accoutumée, la moindre preuve pour étayer ses allégations.

«L'Algérie cherche davantage une fuite en avant en actant la fermeture de son espace aérien vis-à-vis des avions commerciaux du Royaume du Maroc», a commenté Roudani Cherkaoui, professeur universitaire et expert en études géostratégiques et sécuritaires dans une déclaration à Libé. «Il est clair que l’Algérie a perdu, il y a des lustres, sa boussole stratégique », a-t-il martelé. La preuve en est, selon lui, qu’«elle se retrouve ainsi égarée dans des labyrinthes décisionnels sans issue, condamnant ainsi l'avenir de son peuple ». «Cette décision algérienne irréfléchie élucide l'absence d'une vision maghrébine intégrée », a-t-il mis en exergue.

Selon cet expert marocain, les moyens de transport inter-pays reflètent la capacité de connexion entre les pays et constituent, en fait, une ouverture sur le monde. «Cette action algérienne, qui va à l'encontre du droit international, montre la déconnexion d'un Etat de la réalité mondiale, faudrait-il rappeler, imprégnée par une coagulation des synergies et du renforcement des capacités d'intégration économique des régions », a-t-il soutenu.

Selon Roudani Cherkaoui, la décision algérienne «est une manœuvre tactique visant à créer davantage un environnement de tension dans la région», précisant qu’«l’Algérie, en agissant de cette façon, envoie, une fois de plus, des signes de sa faiblesse à respecter l’esprit et l'essence des accords de Chicago sur les espaces aériens ». Et le chercheur marocain d’ajouter : «Depuis la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur les provinces des Sud, nous avons remarqué la prolifération d'un discours algérien belliqueux avec des accusations à répétition qui montrent à quel point le pouvoir algérien est aux abois. Devant son incapacité d'assumer ses responsabilités, l'Etat algérien a été lâché par les grands pays qui commencent à voir en lui un grand danger ».

Par ailleurs, certains observateurs considèrent que cette décision s’inscrit dans le cadre de la guerre économique menée par l’Algérie en vue de freiner l’élan de développement du Royaume. Selon eux, plusieurs faits et événements l’attestent. Ainsi, s’inscrit dans cette stratégie algérienne le blocage par des milices du Polisario (qui ne sont en réalité que des marionnettes au service de la junte militaire algérienne) de la circulation des biens et des personnes au niveau de la frontière maroco-mauritanienne, dans la zone d’El Guerguarat. Et il a fallu l’intervention pacifique des FAR le 13 novembre 2020 pour sécuriser le passage de cette zone et rétablir la libre circulation des biens et des personnes entre le Maroc et les pays de l’Afrique de l’Ouest.

S’ajoute un autre fait, l’attaque terroriste survenue le samedi 11 septembre à Didiéni dans la région de Kaye, localité située à environ 300 km de Bamako au Sud du Mali et au cours de laquelle deux conducteurs marocains ont trouvé la mort, alors qu’un autre a été blessé. Même si l’enquête est toujours en cours pour identifier les assaillants et les commanditaires, les professionnels du transport au Maroc et les observateurs voient dans cette attaque la main des services secrets du voisin de l’Est.

Ainsi, l’écrivain Taieb Dekkar a souligné dans un article publié récemment sur « Le Maroc diplomatique », que «les services de renseignements algériens, qui brillèrent par leurs échecs cumulés de ces derniers mois, et maintenant que les mercenaires ne peuvent plus accéder à El Guerguarat, où ils avaient abandonné leurs souliers, après leur débandade, ont choisi le terrain malien pour assassiner des camionneurs marocains, dans l’espoir évident d’Alger de rompre l’immense trafic commercial et routier entre nos deux pays. L’Algérie entend ainsi opérer contre le Royaume depuis les territoires de pays voisins, qu’elle œuvre ainsi à déstabiliser, contrairement à son discours démagogique et son rôle soi-disant stabilisateur dans la région du Sahel ».

En tout état de cause, la décision prise par la junte militaire algérienne est aussi inutile qu’inopérante. Selon une source anonyme de la RAM contactée par El Pais, la décision algérienne « n’affectera que 15 vols de la compagnie à destination de la Tunisie, la Turquie et l’Egypte », la qualifiant d’«insignifiante », car «les vols les plus importants sont effectués à travers la Méditerranée ». Il y a lieu de rappeler que l’Algérie avait pris le 24 août dernier une décision unilatérale de rompre ses relations diplomatiques avec le Maroc.
Mourad Tabet

Libé
Jeudi 23 Septembre 2021

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