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46 morts dans les raids contre l'ex-branche d'Al-Qaïda en Syrie


Damas qualifie de "totalement faux " le rapport d'Amnesty sur des exécutions de masse



Les raids aériens menés mardi contre des positions de l'ex-branche d'Al-Qaïda à Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, ont fait 46 morts, dont 24 civils, selon un nouveau bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'ONG avait fait état mardi soir de 37 morts, dont 11 femmes et 10 enfants, et précisé que ce bilan risquait de s'alourdir en raison de la gravité des blessures d'autres personnes. Les frappes ont également tué des combattants de Fateh al-Cham (ex-branche d'Al-Qaïda) et d'autres jihadistes, selon l'OSDH, qui s'appuie sur un vaste réseau de sources et de militants en Syrie. Ces raids, qui ont visé des positions de Fateh al-Cham à Idleb et ses environs, ont été menés par des avions de la coalition internationale antijihadistes conduite par les Etats-Unis ou de la Russie, allié du régime de Bachar al-Assad, selon l'OSDH. L'armée russe a cependant démenti toute implication. La province d'Idleb est en grande majorité aux mains de Fateh al-Cham, allié à des groupes rebelles syriens. Washington a fait état mardi d'une frappe le 4 février près d'Idleb contre "Abou Hani al-Masri, un terroriste d'Al-Qaïda", sans dire s'il avait été tué. Le conflit en Syrie, déclenché par la répression sanglante de manifestations prodémocratie, s'est complexifié avec l'implication des jihadistes et l'intervention des puissances régionales et internationales sur un territoire morcelé. Elle a fait plus de 310.000 morts et déplacé plus de la moitié de la population. Par ailleurs, le régime syrien a qualifié mercredi de "totalement faux" le rapport publié la veille par Amnesty International affirmant que 13.000 personnes avaient été pendues en cinq ans dans une prison près de Damas. Le ministère de la Justice a indiqué que ce rapport était "totalement faux et destiné à ternir la réputation de la Syrie dans les instances internationales", selon l'agence de presse officielle Sana. Dans son rapport, Amnesty a indiqué que les personnes exécutées entre 2011 et 2015 dans la prison de Saydnaya, au nord de Damas, étaient en majorité des civils qui s'opposaient au régime de Bachar al-Assad. L'ONG a dénoncé une "politique d'extermination" et estimé que ces exécutions "constituaient des crimes de guerre et des crimes contre l'Humanité". Il y a de "fortes raisons de croire que cette pratique perdure jusqu'à ce jour", selon elle. Le ministère de la Justice a dé- menti que de telles exécutions aient eu lieu sommairement car le processus judiciaire syrien doit respecter "plusieurs étapes". Amnesty a indiqué que son rapport était basé sur des entretiens avec 84 témoins, au nombre desquels des gardiens, des détenus et des juges. Ce rapport a été publié moins de deux semaines avant un nouveau round de pourparlers à Genève entre régime et opposition sous l'égide l'ONU pour tenter de trouver une issue au conflit qui a fait plus de 310.000 morts depuis mars 2011.

Libé
Mercredi 8 Février 2017

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