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​Rabat appelle à un multilatéralisme renouvelé, efficace et lucide

Samir Addahre : Il faut donner l'exemple d'une solidarité agissante entre les nations et être à la hauteur des enjeux et des défis qui nous attendent




​Rabat appelle à un multilatéralisme renouvelé, efficace et lucide
Le Royaume du Maroc a appelé à un multilatéralisme renouvelé, efficace et lucide pour faire face à la crise sans précédent liée à l'épidémie du coronavirus qui est en train de changer bien de paradigmes de par le monde, et ce à l’occasion de la 6ème session extraordinaire virtuelle du conseil exécutif de l’UNESCO, tenue lundi et mardi.
«La pandémie de Covid-19, de par sa nature globale et de par l’impact planétaire qu'elle a eu est inédite. Elle nous ramène à l'humilité qui doit être la nôtre et nous impose à tous l'obligation de nous réinventer et de sortir de nos référentiels antérieurs et des paradigmes qui en découlent », a affirmé l’ambassadeur, délégué permanent du Royaume du Maroc à l’Unesco, Samir Addahre, qui a pris part à cette session consacrée notamment à la réaction des Etats membres à la gestion par l'UNESCO des conséquences du coronavirus sur l'éducation, la culture et les sciences.
« Il est évident qu'une architecture multilatérale était en place et les conditions cadres du système multilatéral auraient dû être suffisantes pour favoriser une réponse harmonisée de la communauté internationale à cette crise. Or, force est de constater que cela a été compliqué et difficile. Dès lors, le monde entier s'est interrogé sur la capacité du multilatéralisme à interagir efficacement, et la question a été souvent posée : est-il en crise ou en transformation ? Peut-être les deux à la fois. Cependant, il est évident que l'humanité ne peut agir efficacement sans un multilatéralisme efficace et lucide sur les nouvelles réalités du monde d'aujourd'hui», a poursuivi Samir Addahre, qui part du constat que «confrontés à une crise globale, les Etats se sont montrés dans l'incapacité de former un front commun ». Et de souligner que « la démarche de Sa Majesté Mohammed VI en direction de l'Afrique visant à apporter une réponse commune à la crise procède de ce constat ».
Selon l’ambassadeur, délégué permanent du Royaume du Maroc à l’Unesco, « à l’aune des défis mondiaux de demain et pour que les Etats coopèrent, il faudra nécessairement créer des configurations où ceux-ci auraient un intérêt commun à joindre leurs efforts ». Cela implique donc, poursuit le diplomate marocain, « un changement de paradigme au niveau conceptuel, et peut-être accepter un multilatéralisme plus pragmatique, moins ambitieux dans un premier temps mais qui puisse donner lieu à des résultats tangibles ».
« Le monde post-Covid n'a pas encore pris forme. La seule chose qui est certaine, c'est qu'il sera très différent de celui avec lequel nous sommes familiers. Mais je pense également que ce nouveau monde peut constituer une grande fenêtre d'opportunités si nous nous montrons tous solidaires et unis face aux défis qui nous attendent », a-il dit.
La 6ème session extraordinaire du conseil exécutif de l’UNESCO s’est aussi penchée sur l'adaptation des méthodes de travail du Conseil exécutif à des réunions virtuelles en ligne ainsi que sur l'impact de la pandémie de Covid-19 sur le programme et le budget : deux points à l'ordre du jour imposés par les circonstances liées à la pandémie. 
A cette occasion, l’ambassadeur, délégué permanent du Royaume du Maroc auprès de l’Unesco, nommé avec son homologue suisse facilitateurs de cette 6ème session extraordinaire du conseil exécutif de l’Unesco, a qualifié de « légitimes » les inquiétudes exprimées par de nombreux Etats membres, principalement sur les questions de l'éducation. 
« Au sein de notre organisation, les Etats membres et le secrétariat ont été contraints d'annuler, de suspendre, voire de reporter plusieurs activités, mais tout en gardant la ferme volonté de poursuivre le travail et de conjuguer nos efforts afin de mettre en œuvre dans la mesure du possible, le Programme que nous avions arrêté d'un commun accord », a indiqué Samir Addahre.
S’agissant de l’analyse de l'impact de la pandémie sur les programmes et les budgets de l’Unesco, l’ambassadeur marocain a estimé que les Etats membres n’avaient pas « le recul nécessaire ». « Il faut objectivement et lucidement laisser le temps nécessaire au secrétariat de présenter au conseil, comme il en a l'intention d'ailleurs, un rapport incluant l'ensemble des données dont nous ne disposons pas à l'heure actuelle », a-t-il indiqué.
Selon l’ambassadeur, délégué permanent du Royaume du Maroc auprès de l’Unesco, les Etats membres doivent s’«efforcer d’œuvrer ensemble, avec tous les organes directeurs, à transmettre au monde, aujourd'hui plus qu'hier, le plus noble et le plus fort des messages conformément aux valeurs portées par l’Unesco, cette grande organisation qui a été créée pour favoriser la paix dans le monde à travers l'éducation, les sciences, la culture, la communication et l’information ».
Il les a également appelés à faire preuve de consensus pour donner l'exemple d'une solidarité agissante entre les Nations et être à la hauteur des enjeux et des défis qui nous attendent. 

Jeudi 11 Juin 2020

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