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​Les zones d’ombre de la course au vaccin

Les doutes sur l’immunité collective ainsi qu’une probable mutation du virus ralentissent la découverte du précieux antidote


L’éradication du Polio en Afrique, une maladie qui a fait des millions de victimes, a été annoncée la semaine dernière par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une victoire acquise dans la douleur, après trente ans de combat, grâce à un…vaccin. Aujourd’hui, la course à ce précieux sésame est engagée depuis des mois pour éradiquer le nouveau Coronavirus qui a déjà infecté plus de 25 millions de personnes et causé 843.586 décès à travers le monde. A priori, cela devrait prendre beaucoup moins de temps, même si ce qui pourrait sembler une évidence n’est pas totalement acquis. 
Par le passé, rarement les scientifiques n’avaient autant convergé leurs efforts vers un seul et même objectif. Une implication à la hauteur du désordre engendré par la pandémie et des enjeux financiers liés à une telle découverte. Ainsi, près de 200 projets sont aujourd’hui en lice pour revendiquer la victoire. Excepté le vaccin russe Spoutnik V, développé selon des protocoles douteux, d’après les spécialistes, sept vaccins font la course en tête. A savoir quatre chinois, deux développés par des experts en la matière, le duo américano-allemand Pfizer et BioNTech, et l’anglo-suédois AstraZeneca associé à l’Université d’Oxford. Et enfin un par Moderna, considérée comme la nouvelle star américaine des entreprises de biotechnologies.
Alors qu’un scientifique de Singapour sème le trouble en expliquant que le Sars-Cov2 a muté en devenant moins sévère mais plus infectieux, les sept vaccins précités sont entrés dans une capitale et ultime étape : La troisième phase clinique. L’objectif étant d’évaluer leur pouvoir protecteur à grande échelle, sur des dizaines de milliers de volontaires dont des Marocains. Néanmoins, il ne faut pas crier victoire trop vite. Certes, la découverte d’un vaccin est sur de bons rails, mais cela sera-t-il vraiment suffisant pour éradiquer la pandémie ? Rien n’est moins sûr. 
D’abord, sa barre d’efficacité a été fixée à 50%, autrement dit, le vaccin doit protéger de l’infection au moins une personne sur deux. Ensuite, pour casser la dynamique de la pandémie, un rêve pour tout pays qui voit, impuissant, son économie flancher et le nombre de malades augmenter, les spécialistes pensent qu’il faut avant tout créer les conditions d’une immunité collective. En clair, il faudrait que 60 à 70% de la population d’un pays soit protégé contre le virus. Le problème là aussi, c’est que l’immunité n’est pas garantie. La première réinfection confirmée de Covid-19 au monde a été rapportée par l'Université de Hong Kong. Et pour le Pr Ivan Hung, qui a suivi ce patient, cela devrait devenir très commun dans l'avenir. 
Autre élément important, le nombre de doses de vaccin nécessaires. En faudra-t-il plusieurs ? Le temps de l’immunité post-vaccinale sera crucial aux yeux des autorités sanitaires lorsqu’il faudra choisir un vaccin parmi d’autres. C’est la raison pour laquelle, il n’est pas totalement exclu que l’on soit obligé de combiner plusieurs vaccins. Un scénario de plus en plus plausible. Tout comme rendre le vaccin obligatoire. Avec le mouvement anti-vaccin qui va crescendo, s’armer de pédagogie demeure le meilleur moyen pour les autorités sanitaires de parvenir à leur fin, sinon, le rendre obligatoire s’imposera.
Par ailleurs, une alternative au vaccin est en gestation. Il s’agit d’un spray anti-Covid. Dans l’Hexagone, des chercheurs ont découvert un spray nasal, décliné aussi sous forme de pastille qu’on place sous la langue. Concrètement, ce traitement aurait la particularité de tromper le virus en le détournant des cellules pulmonaires avant de l’inactiver et, par conséquent, empêcher l’infection, à raison de plusieurs doses quotidiennes. Toujours en attente de publication, les recherches autour de ce spray nasal rendent optimistes ses inventeurs. A tel point qu’ils ont déposé un brevet. Mais tant que les scientifiques n’ont pas encore publié leurs recherches, le projet, aussi prometteur soit-il, manque de crédibilité. Un peu comme Donald Trump qui exige un vaccin américain avant le 3 novembre, date de l’élection à la Maison Blanche. 


Chady Chaabi
Mardi 1 Septembre 2020

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