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​La justice sociale, un vœu pieux sous le gouvernement Benkirane

La Journée mondiale sera saisie par les responsables pour nous ressasser les mêmes litanies




​La justice sociale, un vœu pieux sous le gouvernement Benkirane
La communauté internationale célébrera dans quelques jours, précisément le vendredi 20,  la Journée mondiale de la justice sociale. Nul doute que cette date donnera lieu à une avalanche de communications, toutes flatteuses les unes que les autres, tant au Maroc, que dans de nombreux  pays au niveau de développement similaire. Avec à la clef, c’est une constante chez bien des décideurs, de nouvelles promesses sur le partage des richesses, l’amélioration de l’emploi, la lutte contre la précarité et les inégalités de salaires ou encore le développement équilibré des régions.
Seront aussi soulignés, ici et là, les efforts fournis pour relever le niveau de vie des citoyens. Sans oublier la traditionnelle palette d’engagements qui, on le sait désormais bien, n’engagent que les populations qui y croient.
Cette littérature illusoire soigneusement préparée à l’attention du citoyen lambda devait être servie au cours de rencontres, colloques, entretiens et exposés et ressassée dans divers médias ou autres modes de communication. Objectif: faire croire aux citoyens que tout va pour le mieux et, surtout, c’est une autre règle des décideurs, ne jamais admettre l’existence des injustices au Maroc et que le travail accompli par ces derniers est prometteur.
Une chose est cependant sûre, c’est que tous les citoyens ne sont pas aussi dupes que cela. Et les chiffres publiés ces derniers mois par différentes organisations nationales et internationales sur les différents démembrements de la justice sociale montrent, s’il en est besoin, qu’il y a encore beaucoup de chemin à faire. Peut-être même, un peu trop encore.
En effet, comme le rappelle si bien l’ONU, « promouvoir la justice sociale ne consiste pas simplement à augmenter les revenus et à créer des emplois. C’est aussi une question de droits, de dignité et de liberté d’expression pour les travailleurs et les travailleuses, ainsi que d’autonomie économique, sociale et politique ».
Dans le cas du Maroc, l’analyse des différents points de cette notion relevée par les Nations unies laisse sceptique.
Pour s’en convaincre, prenons quelques exemples concrets et à la portée de tout le monde sur l’emploi. Selon le dernier rapport du Haut commissariat au plan (HCP), le marché du travail s’est dégradé au cours de l’année 2014 avec l’enregistrement de 86.000 nouveaux chômeurs en une année. Une situation tout aussi sombre au niveau du taux de sous-emploi qui a augmenté de plus d’un point de pourcentage. Il est passé de 9,2 à 10,3% au niveau national, et de 8,4 à 9,5% en milieu urbain et de 10,1 à 11,2% en milieu rural.
Dans un autre rapport, signé cette fois-ci de l’organisation Human Rights Watch (HRW), on apprend que la situation des droits humains au Maroc laissait encore à désirer. Exemples à l’appui, l’organisation a pointé du doigt les violences policières, les procès inéquitables, le harcèlement des journalistes et la lenteur des réformes.
Passant au peigne fin la situation des employé(e)s domestiques, le rapport a fustigé également ces employeurs qui se permettent de frapper les filles et de les agresser verbalement. Et surtout, les empêchent de recevoir une éducation tout en ne les nourrissant pas correctement.
A propos du droit des enfants à l’éducation, il est à rappeler que le Comité des droits de l’enfant (relevant des Nations unies) a exprimé dernièrement, au sujet du Maroc, sa préoccupation concernant les différentes lacunes dans le Plan d’action national pour l’enfance (2006-2015).
A rappeler aussi que la violence sexuelle à l’encontre des enfants demeure préoccupante au Maroc, d’après une étude  du Conseil national des droits de l’Homme. Selon des données recueillies auprès du ministère de la Justice et des Libertés, cette étude relève qu’entre 2010 et 2012, la violence sexuelle sur mineurs a représenté 26% des cas traités. Entre 2007 et 2012, elle a représenté 28,66% des cas enregistrés au niveau des enfants, selon la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).
La même étude relève également qu’en 2013, 35.152 actes de mariage ont été conclus contre 18.341  en 2004, soit une progression de 91,6%.
Enfin, la grande Marche pour la justice sociale d’avril dernier à l’appel de trois syndicats résume bien la réalité de la situation au Maroc.
Quoi qu’il en soit, « nous servons la justice sociale lorsque nous défendons l’égalité des sexes ou les droits des peuples autochtones et des migrants. Nous faisons progresser la justice sociale lorsque nous abattons les obstacles liés au sexe, à l’âge, à la race, à l’appartenance ethnique, à la religion, à la culture ou au handicap », estiment les Nations unies. 

Alain Bouithy
Mardi 17 Février 2015

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