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​L’ONSSA défend un conservateur alimentaire supposé être cancérigène

Pourtant aucune étude sur la dangerosité du E250 et des autres additifs n’a été lancée par lui depuis sa création




​L’ONSSA défend un conservateur alimentaire supposé être cancérigène
«Tout ce qui n’est pas expressément interdit est autorisé» et « ce qui n’est pas clairement autorisé est interdit». A prime à bord, ces deux assertions trouvent leur sens dans l’industrie agroalimentaire où le recours aux additifs alimentaires est devenu monnaie courante.
Considérés comme inoffensifs pour la santé par certains et dangereux par d’autres, les additifs alimentaires désignent l’ensemble des substances que l’on ajoute aux aliments de base afin d’améliorer leur conservation et réduire les phénomènes d’oxydation. Classés en plusieurs catégories, ces produits sont aussi utilisés pour colorer les denrées et renforcer leur goût.
Bien que leur utilisation soit réglementée au Maroc, il n’en demeure pas moins qu’ils suscitent toujours scepticisme chez certains citoyens qui s’interrogent  encore sur la dangerosité que pourraient représenter ces substances sur la santé.
La sortie récente de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) sur l’additif alimentaire E250 (nitrite de sodium) visait, justement, à rassurer les populations qui doutent encore du caractère inoffensif de ce produit. 
Selon l’ONSSA, cet additif ne représenterait aucun danger pour la santé du consommateur. 
Venant d’un établissement dont les attributions sont la protection de la santé du consommateur et  la préservation de la santé des animaux et des végétaux, une telle déclaration ne peut que rassurer les citoyens et dissiper les inquiétudes des consommateurs.
Le problème, c’est que l’ONSSA rappelle, par la même occasion, que l’incorporation de ce produit dans la viande fraîche (dont les viandes hachées) reste interdite. Ce qui n’est pas pour rassurer les consommateurs marocains, grands consommateurs de viandes. Dans ce cas, explique-t-on, l’additif alimentaire E250 pourrait constituer un danger  dans la mesure où il donne à la viande un aspect de fraîcheur, induisant ainsi le consommateur en erreur.
Il a même souligné que l’additif alimentaire E250 est autorisé par l’arrêté conjoint du ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime et du ministre de la Santé n 1795- 14 du 14 mai 2014.
Autorisée uniquement dans certains produits à base de viandes tels que les saucisses, le cacher, les salamis et autres mortadelles, cette substance ne poserait, selon ledit Office, aucun problème sanitaire pour le consommateur. 
Pour rassurer davantage les citoyens, il indique que le recours au nitrite de sodium est autorisé par la réglementation internationale et que son utilisation est admise dans tous les pays du monde.
Ce n’est pas tout. Selon l’ONSSA, les produits contenant le E250 feraient l’objet de contrôle annuel dans le cadre de ses plans de surveillance et de contrôle des produits animaux et que plusieurs échantillons de viandes hachées sont prélevés chaque année auprès des boucheries, des grandes et moyennes surfaces et font l’objet d’analyses dans le laboratoire officiel d’analyses et de recherches chimiques de Casablanca. Ce qui n’enlève en rien le fait que les inquiétudes des consommateurs sur l’incorporation de ce produit dans les aliments trouvent leur origine hors des frontières et, surtout, dans les publications scientifiques les plus sérieuses.
La plupart de celles faites aux Etats-Unis, voire  par l’Association française 60 millions de consommateurs, le mettent à l’index. Le E250  serait, tout simplement, cancérigène. Selon les experts, il ferait augmenter les risques de cancer colorectal, de l’estomac, du pancréas, de tumeurs au cerveau chez les enfants, voire des MOPC (maladie obstructive pulmonaire chronique).
Produit inoffensif ou pas, la question demeure. Aussi, l’ONSSA aurait dû réfléchir à deux fois avant de parler d’innocuité d’un pareil produit, principe de précaution oblige. Mais lorsqu’on sait que cet Office ne s’est jamais rappelé au bon souvenir des milliers de bouchers, de charcutiers, de sandwicheries  et de commerçants de charcuterie au détail alors qu’il fait accroire le contraire, on ne peut décemment pas lui demander de faire montre de plus de vigilance concernant la santé des citoyens.  

Alain Bouithy
Jeudi 19 Février 2015

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