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​Andrzej Duda, président conservateur et nationaliste

Sans se déclarer ouvertement eurosceptique, nouveau chef d'Etat polonais a traité l'Union européenne de communauté imaginaire dont on a peu à tirer




​Andrzej Duda, président conservateur et nationaliste
Le chef de l'Etat polonais sortant, Andrzej Duda, qui a obtenu dimanche sa réélection au second tour du scrutin présidentiel, est un homme clef du parti conservateur nationaliste au pouvoir.
Sa victoire, malgré les compétences relativement restreintes d'un chef d'Etat en Pologne, assure la stabilité au projet politique du parti Droit et Justice (PiS) pendant les cinq prochaines années.
Dans une campagne à couteaux tirés où, soutenu de plain-pied par le gouvernement comme par les médias publics contrôlés par le pouvoir, il a battu de peu le maire de Varsovie, l'europhile et libéral Rafal Trzaskowski, selon les résultats officiels du scrutin.
Juriste conservateur âgé de 48 ans, élu pour son premier mandat en 2015, M. Duda a rarement contredit les initiatives du parti de Jaroslaw Kaczynski, souscrivant pleinement à sa politique de généreux transferts sociaux accompagnée d'une mise à l'épreuve de l'Etat de droit.
"C'est un homme du parti, qui exécute ses ordres", déclare à l'AFP le politologue Stanislaw Mocek, recteur de l'Université Collegium Civitas à Varsovie.
Diplômé de droit en 1996 de l'Université Jagellonne de Cracovie, dans le Sud de la Pologne, Andrzej Duda se rapproche du PiS vers 2005, au moment où la formation de Jaroslaw Kaczynski monte son premier gouvernement. Le pouvoir du chef du PiS est renforcé alors par celui de son frère jumeau, le président Lech Kaczynski, mort dans une catastrophe aérienne cinq ans plus tard.
Andrzej Duda se déclare l'héritier spirituel de ce dernier.
Elu en 2011 député du PiS puis, en 2014, député européen, M. Duda n'est pas vraiment connu du grand public quand Jaroslaw Kaczynski, maître incontesté du PiS, le désigne comme candidat à la présidence de la République.
Sourire facile et silhouette sportive, M. Duda condamne sévèrement la Convention européenne sur la violence domestique, la fécondation in-vitro et "l'idéologie LGBT" qui est pour lui "plus destructrice que le communisme". Cette dernière déclaration a provoqué des protestations en Pologne et à l'étranger, tout comme ses attaques contre des médias étrangers et indépendants.
Affichant volontiers sa foi catholique et l'attachement à la famille traditionnelle, il se déclare favorable au durcissement de la loi anti-avortement, déjà parmi les plus restrictives en Europe.
M. Duda a appuyé une longue série d'avantages sociaux promus et introduits par le PiS, notamment l'abaissement de 67 à 65 ans de l'âge de la retraite et la distribution d'une une allocation mensuelle de 500 zlotys (110 euros) pour chaque enfant.
En politique étrangère, Andrzej Duda oeuvre depuis le début au renforcement des liens avec l'Otan et les Etats-Unis. Il a pu ainsi se féliciter des décisions de l'Alliance et de Washington de déployer leurs troupes dans la région en réaction à la politique agressive de Moscou en Ukraine voisine.
A quatre jours du premier tour du scrutin, M. Duda a rendu visite au président américain Donald Trump qui n'a pas tari d'éloges sur son "ami" polonais, premier dirigeant étranger invité à la Maison Blanche depuis les mesures anti-Covid-19 aux Etats-Unis. Sans se déclarer ouvertement eurosceptique, M. Duda a traité l'Union européenne de "communauté imaginaire dont on a peu à tirer".
Ses adversaires et critiques, en Pologne et à l'étranger, lui reprochent particulièrement son engagement à la mise au pas du Tribunal constitutionnel et d'autres institutions judiciaires. Cette démarche a conduit Bruxelles à saisir la justice européenne et à déclencher des procédures inédites.
Originaire de Cracovie, issu d'une famille de professeurs à l'Académie des mines, enfant de chœur et boy scout dans son enfance, bon skieur, Andrzej Duda est marié à une enseignante d'allemand, Agata, et père d'une fille.

Jeudi 16 Juillet 2020

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