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Yoweri Museveni est président depuis plus longtemps que la plupart des Ougandais ne sont nés. Candidat à un septième mandat consécutif, il ne souhaite toujours pas laisser sa place.
Après son accession au pouvoir en 1986, l'ex-guérillero brocardait pourtant les dirigeants africains "qui veulent rester trop longtemps au pouvoir".
Après quarante ans à la tête du pays, il repart pour un tour dans un pays où les trois quarts des habitants ont moins de 30 ans.
Sur le continent, seuls Teodoro Obiang Nguema en Guinée équatoriale et Paul Biya au Cameroun ont passé plus de temps que lui au pouvoir.
L'homme aux allures de grand-père affable, est en forme. Il y a cinq ans, alors que l'Ouganda était confiné du fait du Covid, il avait diffusé une vidéo qui le montrait courir dans son bureau ainsi que faire de nombreuses pompes.
Volontiers théâtral, il cache sous son chapeau de safari une ambition politique impitoyable.
En 40 ans, il a étouffé l'opposition et fusionné l'Etat et son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM), de manière si aboutie que toute tentative de défier son pouvoir semble vaine.
Sa seule menace semble venir de son propre fils : Muhoozi Kainerugaba, chef de l'armée connu pour ses publications incendiaires sur les réseaux sociaux, qui oscillent entre éloges dithyrambiques de son père et critiques acerbes contre "quarante ans de pouvoir des vieux" - bien qu'il se soit montré modéré durant la campagne.
Dans de longs discours décousus, Museveni plaide souvent pour un sursis, se comparant à un agriculteur quittant sa plantation au moment même où elle commence à porter ses fruits. Son slogan de campagne pour 2026 est : "Protéger les acquis".
Légende
Le "vieil homme qui a sauvé le pays" manque rarement une occasion de conter sa légende, lui qui fut capable de créer une armée avec au départ seulement 27 fusils, aux côtés du futur leader rwandais Paul Kagame.
Ancien combattant de la guérilla mozambicaine, nourri par l'énergie anti-colonialiste de l'université de Dar es-Salaam (Tanzanie), il sera un des artisans de la chute du dictateur sanguinaire Idi Amin Dada en 1979.
L'ex-guérillero reprendra ensuite le maquis pour renverser le régime répressif de Milton Obote quelques années plus tard.
L'ancien marxiste a d'abord séduit la communauté internationale, grâce à une mue éclair en chantre du capitalisme, la croissance rapide de l'Ouganda et sa lutte contre la pandémie de VIH-sida.
Il s'est positionné comme un homme d'État expérimenté et un artisan de la paix dans une région instable, alors même que ses forces ont semé la terreur dans l'est de la RDC et violé les embargos sur les armes au Soudan du Sud.
Le président, qui s'est défait d'une quinzaine de mouvements rebelles, dont la terrible Armée de résistance du seigneur (LRA), a toujours mal supporté la contestation. Il a même un temps interdit le multipartisme.
Systématiquement réélu au premier tour lors d'élections entachées d'irrégularités et de violence, M. Museveni a aussi méthodiquement étouffé les ambitions de son ancien médecin dans le maquis, lors des quatre derniers scrutins. Kizza Besigye, enlevé au Kenya pour réapparaître en Ouganda, est derrière les barreaux depuis fin 2024.
Face à son principal challenger, l'ex-chanteur de ragga Bobi Wine, qu'il avait devancé avec 58,64% des suffrages en 2021 - un score que Wine avait qualifié de "mascarade" -, les méthodes identiques à celles du dernier scrutin sont employées : arrestations, dispersion de ses rassemblements, souvent avec violence.
Après son accession au pouvoir en 1986, l'ex-guérillero brocardait pourtant les dirigeants africains "qui veulent rester trop longtemps au pouvoir".
Après quarante ans à la tête du pays, Museverni repart pour un tour dans un pays où les trois quarts des habitants ont moins de 30 ansAujourd'hui officiellement âgé de 81 ans - certains opposants affirment qu'il est plus âgé -, il est devenu l'indéboulonnable chef d'Etat qu'il critiquait autrefois.
Après quarante ans à la tête du pays, il repart pour un tour dans un pays où les trois quarts des habitants ont moins de 30 ans.
Sur le continent, seuls Teodoro Obiang Nguema en Guinée équatoriale et Paul Biya au Cameroun ont passé plus de temps que lui au pouvoir.
L'homme aux allures de grand-père affable, est en forme. Il y a cinq ans, alors que l'Ouganda était confiné du fait du Covid, il avait diffusé une vidéo qui le montrait courir dans son bureau ainsi que faire de nombreuses pompes.
Volontiers théâtral, il cache sous son chapeau de safari une ambition politique impitoyable.
En 40 ans, il a étouffé l'opposition et fusionné l'Etat et son parti, le Mouvement de résistance nationale (NRM), de manière si aboutie que toute tentative de défier son pouvoir semble vaine.
Volontiers théâtral, Yoweri Museveni cache sous son chapeau de safari une ambition politique impitoyableLe chef d'Etat a fait modifier deux fois la Constitution pour supprimer les limites d'âge et de mandats présidentiels. Beaucoup pensent qu'il compte régner jusqu'à la fin de ses jours. Il ne parle jamais publiquement de succession.
Sa seule menace semble venir de son propre fils : Muhoozi Kainerugaba, chef de l'armée connu pour ses publications incendiaires sur les réseaux sociaux, qui oscillent entre éloges dithyrambiques de son père et critiques acerbes contre "quarante ans de pouvoir des vieux" - bien qu'il se soit montré modéré durant la campagne.
Dans de longs discours décousus, Museveni plaide souvent pour un sursis, se comparant à un agriculteur quittant sa plantation au moment même où elle commence à porter ses fruits. Son slogan de campagne pour 2026 est : "Protéger les acquis".
Légende
Le "vieil homme qui a sauvé le pays" manque rarement une occasion de conter sa légende, lui qui fut capable de créer une armée avec au départ seulement 27 fusils, aux côtés du futur leader rwandais Paul Kagame.
Ancien combattant de la guérilla mozambicaine, nourri par l'énergie anti-colonialiste de l'université de Dar es-Salaam (Tanzanie), il sera un des artisans de la chute du dictateur sanguinaire Idi Amin Dada en 1979.
L'ex-guérillero reprendra ensuite le maquis pour renverser le régime répressif de Milton Obote quelques années plus tard.
L'ancien marxiste a d'abord séduit la communauté internationale, grâce à une mue éclair en chantre du capitalisme, la croissance rapide de l'Ouganda et sa lutte contre la pandémie de VIH-sida.
Il s'est positionné comme un homme d'État expérimenté et un artisan de la paix dans une région instable, alors même que ses forces ont semé la terreur dans l'est de la RDC et violé les embargos sur les armes au Soudan du Sud.
Le président, qui s'est défait d'une quinzaine de mouvements rebelles, dont la terrible Armée de résistance du seigneur (LRA), a toujours mal supporté la contestation. Il a même un temps interdit le multipartisme.
Systématiquement réélu au premier tour lors d'élections entachées d'irrégularités et de violence, M. Museveni a aussi méthodiquement étouffé les ambitions de son ancien médecin dans le maquis, lors des quatre derniers scrutins. Kizza Besigye, enlevé au Kenya pour réapparaître en Ouganda, est derrière les barreaux depuis fin 2024.
Face à son principal challenger, l'ex-chanteur de ragga Bobi Wine, qu'il avait devancé avec 58,64% des suffrages en 2021 - un score que Wine avait qualifié de "mascarade" -, les méthodes identiques à celles du dernier scrutin sont employées : arrestations, dispersion de ses rassemblements, souvent avec violence.









Daniel Kasatkin, Pivot de l'échange avec le chercheur français Vinatier


