-
Casablanca : ZLECAf Trade Finance Summit sous le signe de la dynamisation du commerce régional
-
Le Maroc et Sao Tomé-et-Principe déterminés à renforcer leur coopération économique
-
Espagne : Accord de coopération entre les Chambres de commerce d’Almería et de Fès-Meknès
-
Aéroport Marrakech-Menara : Hausse de plus de 10% du trafic des passagers à fin février
-
Pêche : Plus de 3,11 MMDH de produits commercialisés à fin mars
Les métiers mondiaux du Maroc réduisent la part des secteurs susceptibles d'être exposés à une substitution directe, selon le CMC«Le Mercosur ne concurrence pas directement le Maroc sur l'ensemble de ses produits à l'export», écrit d’emblée le Centre dans sa publication mensuelle «Maroc Conjoncture» du mois de mars 2026 (N°388).
Sous le titre « ALE UE-Mercosur. Quelles incidences pour le Maroc ? », la publication livre une analyse expliquant qu’« il n'existe pas d'équivalent direct entre les exportations bovines sud-américaines et les exportations agricoles marocaines vers l'Union européenne dominées par les fruits et légumes. De même, l'importance prise par les métiers mondiaux du Maroc réduit mécaniquement la part des secteurs susceptibles d'être exposés à une substitution directe ».
Dans son argumentaire, l’observateur privé de l’économie marocaine, spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact, fait remarquer que le Mercosur dispose d'avantages comparatifs qu'il s'agisse de viande bovine, de sucre, de soja ou de produits nets dans les productions agricoles de grande échelle, d'autres produits de base issus d'une agriculture extensive et compétitive en coût.
L’autre argument limitant l’impact de cet accord sur le Royaume, est qu’à l'inverse, le Maroc exporte vers l'Union européenne un panier de biens plus diversifié, où les produits industriels occupent désormais une place importante, en particulier dans l'automobile, les équipements électriques et certains segments manufacturiers intégrés aux chaînes de valeur européennes.
Par ailleurs, «parallèlement, l'agriculture marocaine d'exportation est fortement orientée vers l'horticulture: tomates, fruits rouges, agrumes, légumes frais, et plus marginalement certains produits comme l'huile d'olive», argue-t-il.
Pour autant, l'absence de recouvrement complet ne signifie pas absence de risque, reconnait le Centre qui fait état de deux mécanismes à considérer : l'érosion des préférences commerciales » et la pression sur les prix ainsi que la compétition pour les débouchés.
En ce qui concerne le premier mécanisme, le Centre estime que «dès lors que l'UE accorde au Mercosur des conditions tarifaires favorables, cet avantage relatif se réduit. Ce phénomène bien connu n'entraîne pas nécessairement une chute des volumes exportés, mais il accroît la pression concurrentielle et réduit la capacité à maintenir des marges confortables».
S’agissant du deuxième canal, même lorsque les produits ne sont pas strictement identiques, l'arrivée de volumes supplémentaires sur le marché européen peut renforcer le pouvoir de négociation des grandes centrales d'achat et des importateurs.
Ainsi, « le Maroc peut alors être affecté non parce qu'il affronterait un substitut parfait, mais parce qu'il opérerait dans un environnement commercial devenu plus disputé ».
De l’avis des experts de l’observatoire, cette optique nécessite un examen des filières véritablement exposées.
A commencer par les agrumes, pour lesquels l'Argentine et l'Uruguay disposent d'une capacité exportatrice réelle. Pour le CMC, elles apparaissent comme l'un des terrains susceptibles de rencontrer une concurrence partielle mais crédible, surtout sur certains segments ou à certaines périodes.
Concernant les fruits rouges, le CMC propose une lecture plus nuancée, estimant que « la concurrence est possible, mais elle est atténuée par la proximité géographique du Maroc, par la nature périssable du produit et par des fenêtres de production qui ne se superposent pas toujours complètement ».
A l'inverse, dans des filières comme la tomate fraîche, le Maroc conserve un avantage comparatif plus solide, affirme-t-il. Les exportations marocaines vers l'UE reposent ici sur une combinaison difficile à reproduire: rapidité d'accès au marché, capacité de livraison fréquente et flexibilité d'ajustement à la demande européenne. L'huile d'olive pourrait subir, elle, une pression sur les prix et une concurrence sur les segments d'entrée de gamme.
Le Maroc conserve d'importants facteurs de résilience
Après analyse de ces cas, il apparaît évident que « la menace n'est pas homogène. Elle est sélective, plus élevée dans quelques segments agricoles, plus faible dans les filières où la rapidité d'accès au marché est déterminante, et limitée dans l'industrie manufacturière », en déduit l’observateur.
Quoi qu’il en soit, le Maroc conserve d'importants facteurs de résilience. Le Centre évoque notamment la proximité géographique, l’intégration industrielle avec l'Europe, l’avantage logistique et la spécialisation croissante dans des segments où la réactivité est importante.
Par ailleurs, il convient de noter les effets potentiellement positifs de l'accord du côté de la logistique. En effet, comme le suppose le Centre dans son analyse, « si les échanges entre l'Amérique du Sud et l'Europe s'intensifient, les routes maritimes transatlantiques pourraient gagner en importance. Dans ce cadre, le Maroc, et en particulier Tanger Med, peut espérer capter une partie de la valeur ajoutée liée à l'augmentation des flux ».
En définitive, si l'accord UE-Mercosur renforce la concurrence sur le marché européen, surtout dans certains segments agricoles, il ne « remet pas en cause les fondements de la compétitivité marocaine dans les filières où le Royaume a construit de véritables avantages structurels ».
Alain Bouithy
L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur constitue l'un des projets commerciaux les plus ambitieux de ces dernières décennies. Il vise à rapprocher deux ensembles économiques majeurs : d'un côté l'Union européenne, qui compte environ 450 millions d'habitants, et de l'autre le Mercosur, bloc régional sud-américain regroupant près de 270 millions d'habitants, dominé démographiquement et économiquement par le Brésil.
L'objectif général est de réduire très largement les barrières tarifaires entre les deux blocs, avec une libéralisation progressive des échanges de biens, ainsi que des dispositions relatives aux services et aux investissements. L'accord institue une libéralisation graduelle, asymétrique selon les secteurs, mais reste suffisamment ample pour modifier les équilibres concurrentiels. (CMC)
Les facteurs de résilience du Maroc
Selon le CMC, le Royaume dispose de plusieurs facteurs de résilience qui atténuent les risques associés à l'accord UE-Mercosur. Le premier est la proximité géographique avec l'Europe, centrale dans les filières agricoles fraîches et dans toutes les activités où le délai de livraison constitue un déterminant majeur de compétitivité. Cet avantage devient stratégique dans un contexte où les chaînes d'approvisionnement sont davantage évaluées à l'aune de leur fiabilité, de leur réactivité et de leur empreinte carbone.
Le deuxième facteur de résilience est l'intégration industrielle croissante du Maroc dans les chaînes de valeur européennes. Le Maroc s'insère désormais dans des réseaux de production régionaux où les décisions d'implantation répondent à des logiques de complémentarité industrielle dans le cadre du nearshoring.









Casablanca : ZLECAf Trade Finance Summit sous le signe de la dynamisation du commerce régional


