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Rkia Derham : Le Royaume aspire à renforcer sa diplomatie économique

D'importantes opportunités de coopération économique s’offrent à Rabat et New Delhi




Le Maroc, conscient de l'importance que revêt la diplomatie économique, s'est attelé à renforcer les moyens d'action de ce mécanisme, dans le cadre d'une série de mesures prises au niveau interne visant à développer la structure nécessaire au climat économique, commercial et d'investissement, parallèlement à la diversification des domaines de la coopération avec plusieurs partenaires, a affirmé, jeudi à Rabat, la secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur, Rkia Derham.
Dans une allocution prononcée en son nom à l'occasion de la 16ème réunion des conseillers économiques des ambassades des pays membres de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) accréditées à Rabat, elle a réitéré la volonté du Royaume de renforcer le partenariat économique et commercial avec les pays membres de l'OCI.
L'année 2016, en phase avec cette orientation, a été marquée par d'importants échanges commerciaux entre le Maroc et ses partenaires au sein de l'OCI, évalués à plus de 8,6 milliards de dollars américains (USD), ainsi que par la participation distinguée du Maroc à de nombreuses activités organisées dans ce cadre, a-t-elle indiqué.
L'action diplomatique a depuis toujours constitué un outil efficace visant à soutenir le processus de coopération entre les pays dans divers domaines, a souligné Rkia Derham qui a fait observer que les mécanismes de fonctionnement de l'action diplomatique ont connu une évolution qui va crescendo et qui transcende le concept traditionnel qui se limite à l'échange d'ambassadeurs entre les pays.
Les plus importants domaines d'action de la diplomatie concernent le renforcement des relations économiques et commerciales tant au niveau bilatéral que multilatéral. Aussi, dans un environnement économique qui se caractérise par l'enchevêtrement des intérêts et la diversité des enjeux, la diplomatie économique est-elle devenue un moyen idéal favorisant une coordination conjointe accrue pour atteindre les objectifs du développement souhaité, a-t-elle expliqué.
Pour sa part, le président exécutif de la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), Hani Salem Sonbol, a indiqué que son institution a assuré, depuis 2008, le financement d'opérations commerciales effectuées au profit des pays membres de l'OCI pour un montant de plus de 40,25 milliards de dollars.
Malgré une conjoncture internationale difficile, l'ITFC a réalisé d'excellentes performances en 2017 puisque la valeur des agréments des opérations commerciales a atteint 4,9 milliards de dollars, soit une hausse de 11% en comparaison avec l'année 2016 durant laquelle la valeur des agréments s'est élevée à 4,4 milliards de dollars, a-t-il  relevé.
Lors de cette réunion, les participants ont débattu de thèmes axés notamment sur le projet arabo-africain de la société internationale islamique de financement du commerce, la banque islamique de développement (BID), le projet de guichet unique pour les pays membres de l'OCI et les développements récents en matière de commerce intra-OCI.
La rencontre a réuni les responsables chargés des affaires économiques et commerciales au sein des ambassades des Etats membres de l’OCI accréditées au Maroc, des représentants du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, du ministère de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, du bureau régional du groupe de la banque islamique de développement à Rabat, du secrétariat général de l’Union du Maghreb arabe (UMA), de l’Organisation arabe pour le développement industriel et des mines (OADIM), de l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO) et de l’Agence Bayt mal Al Qods Acharif.
A signaler, par ailleurs, que Rkia Derham a souligné jeudi à Casablanca que le Maroc et l’Inde sont appelés à mettre à profit les importantes opportunités économiques offertes de part et d’autre, en vue de remédier au faible niveau de leurs échanges.
«Les échanges commerciaux entre les deux pays sont freinés par le cadre juridique régissant la coopération entre le Maroc et l’Inde dans ce domaine, en l’occurrence un accord commercial de type NPF, signé en novembre 1981, qui ne présente aucun traitement préférentiel», a expliqué la secrétaire d’Etat dans une allocution lue en son nom lors d’une rencontre d’affaires maroco-indienne, organisée dans le cadre de la visite d’une délégation d'hommes d’affaires indiens.
Les échanges entre le Maroc et l’Inde ont connu une évolution fluctuante durant les dernières années, avec une tendance assez stable due à la gamme limitée de produits échangés, a fait remarquer la responsable, précisant que les échanges bilatéraux n’ont pas dépassé les 14 milliards de DH et restent concentrés, pour les exportations marocaines, sur les produits et dérivés du phosphate à hauteur de 96%, alors que les importations en provenance de l’Inde, bien que plus diversifiées, se concentrent sur les produits pétroliers, pharmaceutiques et chimiques.Et d’ajouter que cette rencontre d’affaires apporte une nouvelle brique au grand édifice de coopération que les deux pays sont en phase de construire et qui exige l’échange régulier des missions d’affaires et de prospection dans les différents secteurs d’intérêt commun.
De son côté, Kheya Bhattacharya, ambassadrice de l’Inde à Rabat, a fait valoir que les relations bilatérales se sont considérablement intensifiées suite aux visites effectuées en Inde par S.M le Roi Mohammed VI, en février 2001 et en octobre 2015, notant que depuis lors, plusieurs accords de coopération ont été paraphés entre les deux pays, afin de créer un véritable partenariat gagnant-gagnant.
Evoquant la coopération dans le secteur du tourisme, la diplomate a fait savoir que l'Office national marocain du tourisme ouvrira très prochainement son bureau à New Delhi, ajoutant que les gouvernements des deux pays sont en train d’étudier les possibilités d'établir des liaisons aériennes directes.
Il est primordial de faciliter les contacts entre les opérateurs des deux pays afin de renforcer les échanges et saisir les opportunités d’affaires qui s’offrent, a-t-elle ajouté.
Pour sa part, le président de la délégation indienne, Khalid Khan, a dit que le Maroc, compte tenu de sa position en tant que porte d’entrée vers l’Afrique et son emplacement stratégique à proximité de l’Europe, offre des possibilités énormes pour le commerce et l’investissement.
Le but principal de cette visite est de renforcer les échanges commerciaux bilatéraux dans les secteurs porteurs d'un côté comme de l'autre, a-t-il poursuivi.
Pour Abdelkader Benbekhaled, président de la section de Rabat de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), l’intensification des échanges commerciaux passe nécessairement par la promotion du rôle des opérateurs privés des deux pays et le renforcement des échanges de visites et de missions d’affaires.

Samedi 20 Janvier 2018

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