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Rapatriement des familles de l'EI Que font leurs pays d'origine ?




Depuis la chute en mars du "califat" de l'organisation Etat islamique (EI), la communauté internationale est confrontée au casse-tête du rapatriement des familles des jihadistes capturés ou tués en Syrie et en Irak.
Quelque 12.000 étrangers venant de 30 à 40 pays - 4.000 femmes et 8.000 enfants - sont parqués principalement dans le camp de d'Al-Hol (Syrie), administré par les autorités kurdes qui réclament leur rapatriement dans leur pays d'origine.
Voici les réponses apportées par quelques pays :
La Russie, dont près de 4.500 citoyens ont rallié l'EI, a organisé les premiers retours il y a plus d'un an.
En février, au moins 200 femmes et enfants avaient été rapatriés. Moscou estime que près de 1.400 enfants sont encore bloqués.
Les enfants sont remis à des proches, la plupart originaires des républiques russes à majorité musulmane du Caucase.
Le Kosovo, à 90% musulman, a annoncé en avril le rapatriement de Syrie de 110 de ses ressortissants, en quasi-totalité des femmes et des enfants, une opération inédite en Europe par son ampleur.
Jusqu'ici Paris n'a accepté de rapatrier les enfants qu'au "cas par cas" et nie avoir envisagé des rapatriements collectifs.
Après des mois de tergiversations dans un contexte de forte hostilité de l'opinion, Paris a rapatrié le 10 juin 12 orphelins de familles jihadistes.
En mars, cinq autres orphelins et une fillette de 3 ans, dont la mère a été condamnée en Irak, avaient été ramenés à Paris.
Le ministère des Affaires étrangères a laissé entendre qu'une troisième opération pourrait avoir lieu.
Tout comme la France, la Belgique a été un important pourvoyeur de combattants pour l'EI, avec plus de 400 Belges partis depuis 2012. Selon les médias belges, il y aurait encore entre 50 et 60 enfants mineurs dans trois camps kurdes en Syrie.
Jeudi, Bruxelles a annoncé qu'elle allait rapatrier six orphelins, dont quatre ont plus de 10 ans.
Jusqu'alors, les autorités insistaient sur leur volonté de faciliter le retour des enfants de moins de 10 ans.
Une petite dizaine d'enfants ont été rapatriés d'Irak depuis mars.
Les autorités allemandes, quoique prudentes, les considèrent comme des "victimes" et les rapatrient s'ils ont des proches pour les recueillir. Les enfants radicalisés doivent être placés dans un organisme spécialisé mais ne seront pas enfermés.
Le gouvernement a préparé fin mars un projet de loi privant les enfants nés à l'étranger de jihadistes danois de la nationalité danoise.
Washington, qui pousse les autres pays au rapatriement, a tout juste commencé à rapatrier ses propres ressortissants. Deux Américaines et six enfants leur ont été remis début juin.
Trois autres Américains et une mère de quatre enfants avaient été rapatriés en juillet 2018.
Le gouvernement britannique a dit qu'il étudiait les moyens de rapatrier les enfants britanniques se trouvant en Irak ou en Syrie, mais aucun rapatriement n'a encore été rendu public.
Il ne veut en revanche pas encourager le retour des adultes, et a choisi de déchoir de leur nationalité ceux ayant une double nationalité, comme la jeune Shamima Begum, 19 ans, dont le cas avait provoqué un profond débat dans le pays.
Quelque 5.000 Tunisiens ont rallié l'EI en Syrie et en Libye, selon l'ONU en 2015. C'est l'un des plus gros contingents.
Aucun rapatriement d'enfants n'a eu lieu ni de Syrie ni d'Irak, selon l'ONG Human Rights Watch, bien que la Tunisie affirme attacher "une importance particulière au cas des enfants détenus".
Le gouvernement refuse de rapatrier les enfants car cela encouragerait le retour de leurs parents jihadistes, estime l'Association des Tunisiens bloqués à l'étranger.
Fin mai, l'Irak a renvoyé en Turquie 188 enfants de Turcs accusés d'appartenir à l'EI.
Le Tadjikistan, dont un millier de ressortissants a rallié l'EI, a annoncé en mai avoir rapatrié 84 enfants d'Irak dont les parents avaient été condamnés ou tués.
Le 30 mai, l'Ouzbékistan a annoncé le rapatriement de 156 ressortissants, en majorité des femmes et des enfants.

Samedi 15 Juin 2019

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