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Pourquoi l’équivalence du diplôme des inspecteurs de l’Education nationale est-elle une priorité professionnelle ?




Les diplômes des  lauréat(e)s du CFIE (Centre de formation des inspecteurs de l’éducation) et  du COPE (Centre d’orientation et de planification de l’éducation- cycle des inspecteurs)  ne sont   pas équivalents à  des diplômes universitaires dans notre système éducatif marocain. Par conséquent,  les inspecteurs ne jouissent pas du droit de poursuivre les études officiellement.  De ce fait,  cet écart risque d’être en contradiction avec une disposition de la Constitution ainsi que les recommandations de «La Vision stratégique de la réforme  2015-2030 : Pour une école de l’équité de la qualité et de la promotion». En guise d’éclairage d’une telle réalité, il suffit de consulter l’article 31 de la Constitution  qui stipule : «L’Etat, les établissements publics et les collectivités territoriales œuvrent à la mobilisation de tous les moyens disponibles pour faciliter l’égal accès des citoyennes et des citoyens aux conditions leur permettant de jouir du droit : -… ; - à une éducation moderne, accessible et de qualité ; -…  Alors qu’en référence à la Vision stratégique de la réforme 2015-2030, nous pouvons apprécier le levier 5 qui revisite «le projet personnel». Par ailleurs, le levier 19 consacre par son titre l’apprentissage tout au long de la vie en hissant comme pari national la généralisation pérenne du savoir et de l’information sur la base d’un modèle intégré d’enseignement et de formation tout au long de la vie et par l’adoption d’un système de validation des acquis cognitifs et professionnels, sans omettre les procédures de certification et de poursuite des études, etc. Alors, un  dispositif de passerelles s’impose ; il est à même de concrétiser ses aspirations.   En outre, le levier 4 considère les   institutions de l’enseignement supérieur en tant que locomotive pour le développement. Il paraît évident que la certification de l’équivalence universitaire des diplômes des inspecteurs relève bien évidemment de cette longévité de formation et d’équité à l’accès aux services éducatif et formationnel nationaux tels que textuellement cités préalablement. De fait, l’attente des inspecteurs du MEN à bénéficier du droit à la fameuse équivalence risque de durer, de par le caractère sensible du sujet. Tout le système éducatif marocain pâtit et pâtira  des retombées de cette incohérence organique qui peine à se justifier dans le Maroc d’aujourd’hui : Notre pays a d’ailleurs le mérite d’œuvrer  à l’ancrage du processus de démocratisation multidimensionnelle. Il s’agit bien d’une situation incongrue où un acteur éducatif, source d’encadrement et de recherche scientifique (pour ne citer que ces compétences-là d’inspecteur), se trouve lésé et privé d’un droit constitutionnel légitime : l’accès à la formation dans l’esprit d’égalité des chances. Notre pays qui prône le développement économique et social, outre le développement humain, mise en priorité sur le Marocain patriote, responsable et qualifié, et  qui incarne le maillon  décisif pour le développement souhaité. De ce fait, l’investissement dans les domaines de l’éducation et de la formation permet des perspectives prometteuses. La disponibilité de l’offre de formation, diversifiée actuellement dans notre pays,  invite à s’assurer que tous les ayants droit en bénéficient de manière équitable, y compris les inspecteurs du ministère de tutelle.
En analysant cette situation de non-reconnaissance universitaire du diplôme d’inspecteur, toute personne avisée se trouvera immanquablement  dans le tourment pour comprendre et se faire  convaincre par cette position pour le moins injustifiée. Comment alors peut-on nier le droit de l’inspecteur  à cette équivalence qui est de nature à l’encourager  à développer et enrichir ses apports d’encadrement au profit des acteurs éducatifs le sollicitant? Ainsi, cette reconsidération institutionnelle disposera l’inspecteur à répondre plus pertinemment et de manière exhaustive aux nombreuses attentes du système éducatif en termes d’efficacité et d’efficience lors des interventions qui lui sont dévolues. 
Toutes les connaissances nouvellement acquises par les inspecteurs  trouveront pour domaine d’investissement et de capitalisation le terrain pratique de l’apprentissage et de l’enseignement. Alors, se projettera, en conséquence, un double foisonnement scientifique aussi bien dans sa dimension intellectuelle, conceptuelle que dans son volet pratique et pragmatique. Ce scenario n’est guère étranger au levier 14 de la Vision stratégique axé sur la promotion de la recherche scientifique qui a, selon la source, «une place stratégique et vitale». En plus, le système de la recherche scientifique et technique est appelé à «la qualification des compétences humaines» ainsi qu’à «la promotion de tous les domaines de la recherche et de l’innovation y compris les sciences de l’éducation et de la traduction… ».   La recherche scientifique qui relève littéralement du titre officiel du ministère de tutelle et qui  incombe, comme responsabilité aux inspecteurs, aura dans cette perspective les outils aiguisés et les modalités multipliées. Il est clair que  la priorité,  pour les inspecteurs, demeure l’analyse de l’acte éducatif et l’appréciation de sa teneur afin de prévoir les dysfonctionnements et capitaliser l’expérience réussie.  
Comment alors,  en prenant en compte ces finalités nobles et intrinsèquement de valeur de la revendication de l’équivalence souhaitée, se hasarder à les déconsidérer ou les ignorer ? D’autant plus que  les évaluations  scolaires nationales et internationales attestent d’un niveau déplorable des performances scolaires  de l’élève marocain au niveau de ses acquisitions en langues et en sciences.  L’équivalence certificative du diplôme d’inspecteur trouve son plein sens et sa motivation cardinale dans les finalités du système éducatif qui est en droit de prétendre incessamment à davantage de qualité du rendement interne et externe. 
Cette aspiration vitale passe, en premier lieu, par ses acteurs. Qui pourrait nier que les textes organisationnels et législatifs rappellent l’axialité de l’élève marocain vers lequel sont censés être fédérés les apports de tous les acteurs éducatifs ? Et il serait insensé, dans ce cas, de ne pas concevoir l’équivalence du diplôme de l’inspecteur comme une entame appropriée pour enrichir la contribution des inspecteurs à l’édifice national : l’apprenant marocain instruit, éduqué et porteur des potentialités d’épanouissement.
Du point de vue éthique, l’aspiration tout à fait légitime des inspecteurs à rehausser le niveau de maîtrise académique est loin d’être un acte à mettre en doute. Bien au contraire, il s’agit là d’un acte de bonne foi qui célèbre la science et la connaissance dans notre pays. Avons-nous conscience que la patrie  aspire à adopter un nouveau paradigme de développement  et à intégrer dûment les pays émergents ? Cet objectif est perceptible par l’intermédiaire, entre autres, d’«une implication active dans l’économie et la société du savoir» (Le levier 20 de la Vision stratégique 2015-2030).  
Il y a donc urgence à focaliser sur la science et la pérennité des formations de tous les acteurs éducatifs, y compris les inspecteurs. C’est bien le moment opportun d’être réactif aux exigences ponctuelles du pays en termes de savoir et d’information pour un  développement humain généralisé.

* Inspecteur en orientation 
de l’ éducation Direction de Taroudant

Par Ismail Idabbou *
Vendredi 8 Juin 2018

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