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Paxlovid s’annonce plus prometteur comme remède anti-Covid

Un autre nom s’ajoute à la liste et avec lequel il va falloir se familiariser


​Mehdi Ouassat
Dimanche 13 Février 2022

Paxlovid s’annonce plus prometteur comme remède anti-Covid
Le Maroc s’apprête à acquérir la nouvelle pilule anti-covid de Pfizer, Paxlovid. Ce médicament qui pourrait changer le quotidien de plusieurs milliers de Marocains dont l’organisme est fragile, les immunodéprimés, a récemment été approuvé par le Comité scientifique et technique contre la Covid-19 au Maroc, avant d’obtenir un avis favorable de la Direction du médicament et de la pharmacie (DMP).

Ces derniers fondent en grande partie leur avis sur les résultats préliminaires de l’essai clinique Epic-HR, faisant état d’un rapport bénéfice/risque favorable et estimant que l’antiviral réduit de près de 90 % le risque d’hospitalisation et de décès en raison du Covid. Si son arrivée au Maroc reste une bonne nouvelle, la réalité pourrait, comme toujours, s'avérer un peu plus complexe.

Jusqu’à présent, seul le laboratoire concurrent Merck proposait un antiviral ayant été testé en phase finale. Mais son traitement ne réduirait que de 30 % les hospitalisations et les décès chez les adultes à haut risque.

Censé freiner la progression de la maladie dès la contamination, Paxlovid concerne en priorité les personnes souffrant de plusieurs maladies chroniques ou d’une maladie rare, les porteurs de trisomie 21, ainsi que les personnes de plus de 65 ans avec des facteurs de comorbidité (diabète, obésité, hypertension artérielle…). Aucune donnée n’étant disponible quant aux jeunes de moins de 18 ans, seules les personnes majeures peuvent en bénéficier.

Un traitement sur 5 jours
Autorisé fin décembre aux Etats-Unis et dans une quarantaine de pays depuis, y compris dans l’Union européenne, Paxlovid est un antiviral qui se divise en deux médicaments. Pour que le traitement fonctionne, il faut ingérer deux pilules de nirmatrelvir (150 mg chacune), une protéine qui empêche le virus de se dupliquer, et une pilule de ritonavir (100 mg), qui permet à la première d’agir plus longtemps.

«Ce traitement novateur, qui peut être pris à la maison, va significativement réduire les hospitalisations et les décès», a indiqué Albert Bourla, le PDG de Pfizer. «Il va changer la manière dont on traite le Covid et va aider à réduire la pression sur les systèmes de santé», a-t-il précisé. Les patients doivent donc prendre 3 pilules, deux fois par jour, et cela durant 5 jours.
Le médicament obtient l’ aval du Comité scientifique et technique et de la DMP
Dans les faits, le traitement doit rapidement commencer à la suite d’un test positif, pour réduire les risques d’hospitalisation et de décès post-infection. C’est du moins l’enseignement principal des résultats intermédiaires de l’étude de Pfizer, publiés le 5 novembre 2021.

Pour être précis, c’est une étude qui a porté sur 1 219 adultes qui avaient des symptômes légers ou modérés et qui avaient un risque de développer une forme grave de la maladie. Et de manière aléatoire, certains ont avalé durant 5 jours les médicaments du laboratoire alors que d’autres ont pris un placebo pendant la même durée.

Selon cette étude, 0,8 % des patients qui ont pris les comprimés développés par Pfizer ont été hospitalisés dans les 28 jours contre 7 % des patients qui ont reçu le placebo. Autre donnée parlante : au bout de 28 jours, aucun décès n’est survenu dans la première catégorie de patients alors que 10 personnes qui avaient eu le placebo sont mortes.
Ainsi, comme le précise le laboratoire, le Paxlovid est donc efficace à 89 % contre les risques d’hospitalisations ou de décès.

Une alternative au vaccin ?

Il ne s’agit toutefois pas d’une alternative au vaccin, mais bien d’un complément. «Le Paxlovid n'est pas destiné à être utilisé comme substitut à la vaccination contre le SARS-CoV-2», rappelle l’Agence européenne des médicaments.

«Ce n'est pas un médicament miracle, ce sera un outil supplémentaire en complément des vaccins. Il ne remplace absolument pas les vaccins. Il va surtout servir à sauver indubitablement des vies et éviter à un nombre important de personnes d'aller en réanimation», explique la même source.

«De plus, le mécanisme d'action du Paxlovid laisse espérer une efficacité maintenue sur les différents variants, y compris Omicron. Des données préliminaires in vitro suggèrent en effet que les variants préoccupants qui circulent actuellement sont sensibles au traitement», précise-t-on.

Quels effets secondaires et quelles contre-indications ?
Parmi les patients qui ont participé à l'étude de Pfizer publiée en novembre 2021 et qui ont reçu Paxlovid, 1,7% ont connu des événements indésirables graves et ont dû arrêter le traitement. La substance active contenue dans ce médicament, le ritonavir, peut en effet entraîner des effets secondaires, comme les diarrhées, les nausées et vomissements, les douleurs abdominales, une irritation de la gorge ou une toux, les maux de tête et les vertiges.

On parle également d’éruptions cutanées et des démangeaisons, de perturbations du métabolisme des sucres et des graisses avec une redistribution anormale des graisses observée après plusieurs mois de traitement (appelée lipodystrophie), ou encore une toxicité pour le foie (augmentation des transaminases) et le pancréas.

Dans un communiqué, l’Agence européenne des médicaments (EMA) précise que les effets indésirables les plus fréquents étaient la dysgueusie (altération du goût), les vomissements et la diarrhée et pointe également le risque important d’interactions médicamenteuses lors de la prise de Paxlovid pour les patients qui suivent un autre traitement.

D’ailleurs, l’Agence stipulait que le Paxlovid ne devait pas être utilisé par les patients souffrant d’une insuffisance rénale ou d’une insuffisance hépatique. Une adaptation de la posologie est nécessaire chez les patients présentant une insuffisance rénale modérée.

Par ailleurs, il n'est pas recommandé d'utiliser Paxlovid pendant la grossesse et chez les femmes en âge de procréer n'utilisant pas de contraception. L'allaitement doit être interrompu pendant le traitement et, par mesure de précaution, pendant 7 jours après la fin du traitement. L'utilisation de ritonavir peut réduire l'efficacité des contraceptifs hormonaux combinés.

Il convient de conseiller aux patientes utilisant des contraceptifs hormonaux combinés d'utiliser une méthode contraceptive alternative efficace ou une méthode de contraception "barrière" supplémentaire pendant le traitement par Paxlovid et jusqu'au cycle menstruel suivant l'arrêt du médicament.

Rappelons enfin que le prix de la pilule Paxlovid n'est pas connu. Néanmoins, Pfizer a annoncé, dans son communiqué, une tarification échelonnée basée sur le niveau de revenu de chaque pays afin de garantir un accès équitable à tous et un prix abordable. Autrement dit, les pays à revenu élevé et intermédiaire supérieur paieront plus que les pays à faible revenu.

Mehdi Ouassat


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