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Parole aux artistes : Farid Regragui, les collectivités locales sont appelées à éduquer les jeunes des quartiers




Il est très important d’ouvrir grandes les portes de la contribution des artistes, en leur permettant
de s’exprimer sur des questions
d’ordre public. Leur regard est certes singulier et leur manière d’évaluer est libérée des a priori,
en général, ce qui donne à leurs
propos une valeur essentielle
pour la critique publique.
C’est l’un des artistes les plus
persévérants de sa génération.
Il fait du théâtre, joue dans les
téléfilms et les longs métrages.
Il entame une nouvelle expérience : la réalisation de courts métrages. Farid Regragui sait parler une
seule langue, celle de l’art.



Libé : Quel rôle devrait jouer aujourd’hui l’artiste dans la vie publique?
Farid Regragui : Je résume le rôle de l’artiste en une phrase : transmettre des messages artistiques dans un cadre artistique. Il faut dire que l’artiste est un citoyen comme les autres. Et du coup, il entend contribuer au débat public et aux questions d’opinion publique. Mais étant donné ses penchants, il exprime ses idées, ses  convictions et son imaginaire à travers un moule artistique qui reflète les différentes expressions théâtrale, cinématographique, picturale, sculpturale, dramatique, poétique, musicale…

Comment les politiques publiques peuvent-elles aider à la consécration des arts et des aspects culturels d’une société ?  
Chaque pays dispose normalement de politique publique régissant le volet culturel. Le Maroc ne fait pas exception. On peut prendre, à titre d’exemple, l’expérience initiée par le ministère des MRE et consistant à organiser des tournées en faveur des troupes marocaines dans le monde. Environ 180 spectacles sont concernés, soit presque toutes les troupes de théâtre marocaines ont bénéficié de cette initiative publique.

Comment à votre avis peut-on transformer des lieux publics en créations artistiques?
C’est une bonne chose. Tous les décideurs des collectivités locales sont concernés et doivent chercher à transformer nos lieux publics en espaces artistiques. Je donne l’exemple de Salé où le conseil de la ville et l’Association Abouregrag ont pris en charge les salles de cinéma, en propriété de personnes privées pour les restaurer et les réhabiliter. Jusqu’ici, trois salles ont été transformées en complexes culturels, et là je saisis cette occasion pour les remercier pour cette bonne initiative. J’appelle les autres collectivités à leur emboîter le pas. Grâce à ces initiatives, nous gagnons un public, et nous pouvons assurer l’éducation des générations futures et des jeunes des quartiers aux métiers de l’art : théâtre, musique, peinture, cinéma …

Comment réagissez-vous aux questions d’ordre public ?
Personnellement, je respecte le public et les gens jaloux de la création.  J’éprouve parfois de la sympathie pour le public en ce qui concerne des questions sociétales. J’estime aussi que certaines positions méritent d’amples explications pour qu’il y ait davantage de compréhension.

L’art au service de sa région ?
Bien évidemment, l’artiste doit prendre part à certaines activités de sa région, pour contribuer à sa mise en valeur, à sa promotion et encourager ses jeunes à aller de l’avant dans les métiers de l’art et à suivre le chemin de la création… Il y a lieu aussi de participer à des sessions de formation des jeunes artistes, question de les préparer à un domaine qui n’est pas du tout facile… C’est parfois à travers nos régions que l’on pourrait se ressourcer et retrouver notre premier public…

Quels sont vos récentes contributions?
J’ai pris part à trois films cinématographiques ces derniers temps. Le premier est déjà en fin de tournage et sera bientôt en phase de post-production ; les deux autres sont sur le point d’être achevés.
Pour le théâtre, nous menons des tournées à la faveur de trois pièces de théâtre : la première de Hicham Jbari, intitulée «Saâd Lbnat» que nous avons jouée depuis trois ans déjà. La deuxième «Lmabrouk » est de Hicham Nassour, avec la participation d’une pléiade de comédiens marocains. La troisième enfin « Nayda » de Hicham Nassour également continue d’être jouée sur les planches depuis maintenant trois ans. Outre qu’elle avait remporté plusieurs prix, cette pièce reste parmi les plus sollicitées par le public et les institutions culturelles.
La nouveauté pour ma part, en tant que réalisateur, c’est un film documentaire  (90mn), il est en phase de post-production.

Propos recueillis par Mustapha Elouizi
Mardi 5 Juin 2018

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