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Mohamed Ben Abdelkader lors de la rencontre organisée à la Maison des jeunes de Hay Mohammadi par le secrétariat provincial de l’USFP

La question de l’emploi dans la fonction publique est intimement liée à celle de la réforme de l’administration et de la qualification de ses ressources humaines




Le changement n’affectera pas les fonctionnaires, mais concernera essentiellement le modèle de la fonction publique

 «Il ne faut pas paniquer». Le ministre délégué chargé de la Réforme de l'administration et de la Fonction publique et membre du Bureau politique de l’USFP a tenu à rassurer les fonctionnaires lors d’une rencontre organisée vendredi dernier à la Maison des jeunes de Hay Mohammadi par le secrétariat provincial de l’USFP (province d’Ain Sebaâ, Hay Mohammadi et Bernoussi).
« Il y a ce qu’on peut appeler la sécurité juridique », a-t-il tranché. Toute réforme de la fonction publique prendra en compte les acquis des fonctionnaires contrairement aux fausses informations relayées par certains médias visant à semer la zizanie, a-t-il précisé.
« D’aucuns disent que le gouvernement entend par ses réformes liquider la fonction publique. Mais cela est erroné », a-t-il affirmé. Et d’expliquer : « Toutes les mesures qui ont été prises jusqu’à présent concernent seulement l’administration et aucune mesure portant sur la fonction publique n’a été adoptée».
«Tout changement concernant la fonction publique n’affectera pas les fonctionnaires, mais il concernera  essentiellement le modèle de la fonction publique dans notre pays», a-t-il affirmé. Selon le ministre ittihadi, le Dahir du 24 février 1958 portant Statut général de la fonction publique a consacré le modèle français qui est fondé essentiellement sur la gestion des carrières au lieu de celui de la gestion des compétences. Selon lui, la France, elle-même, est en train de revoir son modèle, lequel n’existe nulle part en Europe.
Pour lui, le Dahir de 1958 a été à maintes reprises modifié, mais il est temps de le changer en profondeur pour que la fonction publique se mette au diapason de l’évolution en cours dans le monde et du progrès technologique qui a conduit et conduira à la disparition de plusieurs métiers. Selon des études faites en Occident, ce progrès exige que les personnes doivent changer de métier sept fois au cours de leur carrière. « Le modèle selon lequel le fonctionnaire est appelé à exécuter la même tâche jusqu’à la retraite est à jamais révolu ». L’autre conception de la fonction publique révolue concerne l’embauche basée sur  le diplôme et non pas les compétences.
Mohammed Ben Abdelkader a saisi l’occasion de cette réunion pour annoncer que son département organisera le 27 février une rencontre de la haute fonction publique, et ce  à l’occasion du 60ème anniversaire de la promulgation du Statut de la fonction publique. Y prendront part les secrétaires généraux, les directeurs centraux et les directeurs régionaux des différents départements ministériels. Son objectif : penser la réforme de ce statut par « l’élite administrative ». Le ministre délégué a également souligné que S.M le Roi Mohammed VI n’a cessé d’évoquer les dysfonctionnements de l’administration et la nécessité de la réformer. Le Souverain l’a fait au moins dans trois discours importants, à savoir le discours prononcé à l'ouverture de la 1ère session de la 1ère année législative de la 10ème législature le 14 octobre 2016, celui prononcé à l’occasion de la fête du Trône le 29 juillet 2017 et à l’ouverture de la première session de la 2ème année législative de la 10ème législature le 13 octobre 2017.
Mohammed Ben Abdelkader a, par ailleurs, mis les points sur les i en assurant que tout changement de la fonction publique doit être effectué de manière progressive et en concertation avec les syndicats représentatifs des fonctionnaires et les associations professionnelles.
Lors de cette rencontre, la question de la contractualisation a suscité un long échange entre le ministre ittihadi et l’assistance. Le ministre délégué a, dans ce cadre, insisté sur le fait que le décret de 2016 n’a rien à voir avec le système de contrats en cours dans le département de l’Education nationale, tout en expliquant que le recours des autres départements ministériels aux experts est primordial pour améliorer la qualité du service qu’ils rendent au public.
Mohamed Ben Abdelkader a également affirmé que le gouvernement considérait que l’emploi dans la fonction publique est intimement lié à la réforme de l’administration et à la qualification de ses ressources humaines, tout en soulignant que le décret en question s’inscrit dans le cadre des outils de travail auxquels l’administration recourt pour améliorer la qualité de ses services.
Il y a lieu de signaler que le ministre délégué a précisé au début de cette rencontre qu’il allait aborder la question  de la «réforme de l’administration et la fonction publique » d’un point de vue partisan plutôt que ministériel.
En effet, il a affirmé que le programme électoral de l’USFP d’octobre 2016 contient plusieurs mesures visant à la réformer.
Il a aussi mis en garde contre le fait qu’il y a généralement recours au discours «révolutionnaire» pour critiquer l’administration, mais que ce discours devient «conservateur» quand on veut aborder la fonction publique et les fonctionnaires. Pour cela, le ministre ittihadi a appelé à dépasser ce paradoxe en posant les vraies questions. Car, d’après lui, «les fausses arguties ne mènent jamais à la réforme. Pour réformer, il faut poser les vraies questions». «Les Ittihadis doivent faire montre de courage. L’USFP est un parti national qui défend essentiellement l’intérêt général et non les intérêts corporatistes», a-t-il mis en exergue, tout en soulignant la légitimité de ceux-ci.
Quand il est question de l’avenir du Maroc et de ses enfants, il faut trancher et c’est là que réside le dilemme de la réforme de l’administration et surtout de la fonction publique, a-t-il conclu.

Mourad Tabet
Mardi 16 Janvier 2018

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