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Lettre ouverte du président du Conseil national du SNCP au ministre du Commerce

Qu’ est-il advenu du projet Rawaj et de la Journée nationale du commerçant entre autres ?




En ma qualité de président du Conseil national du Syndicat national des commerçants et des professionnels du Maroc (SNCP), permettez-moi, Monsieur le ministre chargé du Commerce, de vous faire part de mon désaccord  avec votre attitude vis-à-vis  du secteur. A ce propos, je tiens à vous soumettre les explications relatives à cette contrariété, sans vous manquer nullement de respect.
Le 28 décembre 2018, Monsieur Saâd Eddine El Othmani, chef du gouvernement, Monsieur Mohamed Benabdelkader, ministre délégué chargé de la Réforme de l’administration et Madame Rkia Derham, secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur,  ont assisté à la célébration du 40ème anniversaire du Syndicat national des commerçants et des professions libérales (SNCP), un syndicat créé  par des commerçants membres du mouvement national pour la libération de la nation alors que vous Monsieur le ministre chargé du Commerce, vous n’avez pas fait suite à l’invitation du syndicat! Vous avez jugé bon de briller par votre absence, non sans étonnement, à cet important évènement national des commerçants et des professionnels dont vous êtes en charge...
Pendant la même semaine, Monsieur Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a déclaré à la presse nationale que le gouvernement suit de près les doléances des commerçants et fait savoir que le chef du gouvernement et ses ministres étaient présents à ladite célébration du Syndicat national des commerçants.
Contre toute attente,  le vendredi 4 janvier 2019, vous avez, de surcroît, annoncé devant un rassemblement de partisans de votre parti (RNI) la création d’un nouveau mouvement des commerçants affilié audit parti et à qui je souhaite succès et réussite.
Vous avez prétendu que vous n’avez pas d’interlocuteur en place. Vous avancez que vous attendez de ce nouveau-né de vous soumettre des propositions inhérentes aux problèmes du secteur du commerce, tout en vous montrant prédisposé  à payer des études!
Monsieur le ministre! Pendant la passation des pouvoirs entre vous et l’ex-ministre chargé de ce secteur, sans doute, avait-il omis de vous dire qu’il existait au sein de ce grand ministère une direction chargée du commerce intérieur!
Une petite question Monsieur le ministre : combien de fois vous avez reçu des représentants des commerçants (Chambres de commerce, syndicats et associations)? Et combien de fois vous avez visité une Chambre de commerce au Maroc? Un souk, un marché de gros, etc?
Puis encore Monsieur le ministre, vous avez déclaré que les CCIS ne font que faillir à leur mission et que vous ne portez pas dans votre cœur certains présidents et que vous allez continuer à les combattre! Alors que vous insinuez arborer haut et fort votre égide sur les CCIS! Je me permets de rétorquer à ces insinuations,  en vous disant encore une fois que vous êtes vraiment à côté de la plaque:
Pour votre information, les CCIS sont des institutions constitutionnelles et organismes publics chargés de défendre les intérêts des commerçants et des entreprises dirigées par des chefs d’entreprise, bénévoles, élus par des commerçants, des industriels et des prestataires de services, dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Elles sont gérées et dirigées par un président élu assisté  par un bureau élu par une haute instance qui s’appelle l’assemblée générale de la CCIS.
De même, je tiens à vous dire Monsieur le ministre, en ma qualité d’ancien élu des    CCIS du Maroc en 2013 lors de la révision de la loi 1-77-42 du 28/01/1977 modifiée le 2 avril 1997, que vous avez fait passer au Parlement la loi actuelle 12-38, avec l’implication totale de quelques ex-présidents 14/28.
Avec votre majorité parlementaire et faute de représentants des commerçants et sans concertation avec leurs représentants, vous avez  pu voter la loi 12-38 qui prive  les CCIS de leur présence aux conseils préfectoral et régional et, de ce fait, réduit le nombre de représentants des CCIS à la Chambre des conseillers !
Encore plus grave, vous avez essayé de vider ces institutions constitutionnelles de leur rôle de représentantes des commerçants par « un contrat-programme» proposé par un bureau d’études payé par l’argent de ce commerçant (décime additionnel)...
Le comble,  Monsieur le ministre, vous avez réduit le nombre des CCIS au Maroc de 28 à 12. Au lieu d’en rajouter, vous les avez réduites ! Dans d’autres pays, ceux qui respectent les commerçants, ils ont une CCI par département et une par région.
Avec l’implication totale de quelques ex-présidents des 28 CCIS  de l’époque, vous êtes arrivé à changer le nom de leur Fédération de la « fédération » à "l’Association" avec un nombre limité à 12 présidents seulement au lieu de 800 élus des CCIS! Voilà.
Une autre question Monsieur le ministre chargé du Commerce et tuteur des CCIS : Est-ce qu’avec un budget dont 80% réservé aux salaires des fonctionnaires, les Chambres de commerce peuvent répondre aux attentes de leurs affiliés, à savoir la formation, l’accompagnement, la mise à niveau et la promotion, etc?
Où sont passées les recettes prélevées sur leurs taxes professionnelles (décime additionnel 10%)?
Permettez-moi, Monsieur le ministre, de vous dire que grâce à votre appartenance à la CGEM, vous faites tout pour vider les CCIS de leur qualité d’institutions constitutionnelles en faveur de cette association régie par la loi des libertés publiques du 15 novembre 1958.
Monsieur le ministre chargé du Commerce,  permettez-moi également de vous dire que tout le travail et les projets réalisés par vos prédécesseurs, à savoir les ministres Abdallah Azmani, Driss Jatou, Ahmed Chami assistés par les directeurs de la direction du commerce intérieur feu Monsieur Masmoudi, Monsieur Hilia, Madame Boucetta, en faveur des commerçants et du commerce, vous les avez mis sous l’éteignoir.  Exemple : Projet Rawaj, Journée nationale du commerçant, le 21 juin de chaque année.
En collaboration avec votre collègue le ministre des Finances, vous avez tout fait pour valider l’article 145 de la loi de Finances 2018 qui oblige les commerçants et les professionnels à tenir des registres quotidiens et à délivrer des factures électroniques tout en interdisant les  factures manuelles!
Qu’a fait votre département pour ce petit et moyen commerçant afin qu’il soit  au niveau de cette nouvelle loi ?
Pourquoi vous n’avez pas consulté les Chambres de commerce lors de la préparation de la loi de Finances, concernant le dahir 1.13.09 du 21 février 2013 article 4 de la loi 13-38 qui régit les Chambres de commerce du Maroc et ce pour avoir leur avis?
Voici Monsieur le ministre chargé du Commerce, un bilan sommaire plutôt négatif de votre mission dans le secteur dont vous détenez les rênes.

Veuillez croire à ma haute considération.
Bachir Ahechmoud, membre
de la CCIS Souss-Massa Agadir
Président du Conseil national du
Syndicat national des commerçants et des professionnels du Maroc (SNCP).

Bachir Ahechmoud
Mardi 15 Janvier 2019

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