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Les héros de Flamengo fêtés comme au carnaval




Dans une ferveur digne des plus belles heures du carnaval de Rio et des épopées du Brésil en Coupe du monde, les joueurs de Flamengo ont été accueillis en héros, dimanche, par plusieurs centaines de milliers de fans au lendemain de leur victoire épique en finale de Copa Libertadores, une fête néanmoins gâchée par des affrontements avec la police en fin de défilé. Cela faisait 38 ans que les supporters du club le plus populaire du Brésil attendaient ça, depuis le titre de 1981 remporté par la génération dorée des Zico et Carlos Mozer.
Et comme un bonheur ne vient jamais seul, Flamengo s'est adjugé un deuxième titre en 24 heures en étant sacré champion du Brésil dimanche, sans jouer, grâce au faux-pas de son poursuivant Palmeiras, défait à domicile par Gremio (2-1). Un fabuleux doublé jamais vu au Brésil depuis le Santos de Pelé, qui avait remporté le titre national et la Libertadores deux années de suite, en 1962 et 1963. Dans le centre-ville de Rio de Janeiro, le camion muni d'une grande estrade qui amenait les joueurs a mis plus de quatre heures à parcourir les 2,5 km de défilé sur une des principales artères de la "ville merveilleuse". Les agents du cordon de sécurité avaient toutes les peines du monde à progresser, mètre par mètre, parmi cette marée rouge et noire compacte qui hurlait son bonheur. A la fin du défilé, quand la plupart des fans avaient déjà quitté les lieux, des affrontements ont éclaté entre certains supporters et des policiers, qui ont lancé de nombreuses bombes lacrymogènes pour les disperser.
Avant cette confusion, le cortège s'était déroulé sans incident, avec le grand héros du titre, Gabriel Barbosa, haranguant la foule, torse nu, brandissant le prestigieux trophée de la Copa Libertadores.
L'attaquant de 23 ans a marqué deux buts dans les dernières minutes pour assurer la victoire 2-1 de Flamengo, renversant la situation alors que son équipe était totalement muselée par le tenant du titre River Plate, qui menait 1-0 depuis le premier quart d'heure. "J'ai toujours su que nous serions champions, je n'étais pas né quand on a gagné le premier titre en 1981 et j'espère qu'on en gagnera plein d'autres", a déclaré à l'AFP Rodrigo Pecly, 29 ans, débordant d'enthousiasme dans le centre-ville de Rio.
Beaucoup de supporters portaient des pancartes à l'effigie de l'entraîneur portugais Jorge Jesus, considéré comme le sauveur d'une équipe encore en plein doute quand il l'a reprise il y a six mois. Le technicien a enfin rompu sa malédiction dans les compétitions continentales, lui qui avait échoué deux fois de suite en finale de Ligue Europa avec le Benfica Lisbonne, en 2013 et 2014. "Ce n'est pas juste une victoire pour moi et mes joueurs, mais pour tout le football brésilien", a affirmé Jorge Jesus. Mais le héros absolu, c'est sans aucun doute Gabigol, talent précoce formé à Santos qui s'est offert un retour triomphal au pays après un passage désastreux en Europe, à l'Inter Milan, auquel il appartient encore (il est prêté à Flamengo jusqu'à la fin de l'année) puis au Benfica.

Libé
Mardi 26 Novembre 2019

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