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Les combats reprennent dans le sud de l’Afghanistan


Libé
Dimanche 16 Mai 2021

Les combats reprennent dans le sud de l’Afghanistan
Les combats ont repris dimanche entre forces gouvernementales et talibans dans le sud de l'Afghanistan, au terme de la trêve décrétée pour la fête de l'Aïd, dans le contexte du retrait des derniers soldats américains.

Des accrochages ont été signalés dans la périphérie de Lashkar Gah, la capitale de la province du Helmand, ont indiqué un porte-parole de l'armée et un responsable local. Cette zone a été le théâtre d'intenses combats depuis le 1er mai, date à laquelle les Etats-Unis étaient supposés avoir retiré leurs 2.500 soldats encore présents sur place. "Les combats ont débuté tôt ce matin et se poursuivent encore", a déclaré à l'AFP Attaullah Afghan, chef du conseil provincial du Helmand. Il a affirmé que des talibans avaient attaqué plusieurs points de contrôle autour de la capitale provinciale et dans d'autres districts. Un porte-parole de l'armée afghane dans le sud a confirmé que les combats avaient repris. "Elles (les forces afghanes, ndlr) sont à l'origine des opérations", a cependant affirmé à l'AFP le porte-parole des talibans Zabihullah Mujahid. "Ne nous en attribuez pas la responsabilité".

Les Etats-Unis, qui cherchent à mettre un point final à leur plus longue guerre, devaient avoir retiré l'ensemble de leurs troupes encore présentes sur place au 1er mai, en vertu de l'accord signé en 2020 au Qatar avec les talibans par l'ancienne administration de Donald Trump. Mais le nouveau président américain Joe Biden, tout en confirmant le retrait total, a repoussé cette échéance au 11 septembre, date du 20ème anniversaire des attentats de 2001 aux Etats-Unis, ce qui a suscité la colère des talibans. Nishank Motwani, un expert indépendant de l'Afghanistan, a expliqué à l'AFP que les talibans voyaient le retrait américain comme une victoire. Pour eux, "la fin de la république afghane, telle qu'on la connaît, est en vue". Les forces gouvernementales ont continué à bénéficier d'un soutien aérien crucial des EtatsUnis et rien ne dit qu'elles pourront contenir les assauts des talibans sans l'aide de Washington. "Ca va être très difficile pour nous d'effectuer des opérations", a déclaré cette semaine à l'AFP un officier afghan sous couvert d'anonymat après le retrait des forces américaines de la base aérienne de Kandahar, qui fut un temps la deuxième la plus grande du pays. "Nos avions ne peuvent voler la nuit, ce qui fait que les opérations nocturnes seront compliquées".

Les talibans, imités par le gouvernement afghan, avaient annoncé lundi un cessez-le-feu de trois jours pour l'Aïd el-Fitr, la fête musulmane qui marque la fin du ramadan. Cette trêve a globalement été respectée par les deux parties. Mais la fragile accalmie a été interrompue vendredi par l'explosion d'une bombe dans une mosquée de la banlieue de Kaboul dans laquelle 12 fidèles, dont l'imam local, sont morts. Les talibans ont nié toute responsabilité dans cet attentat qui a été revendiqué par le groupe Etat Islamique (EI), selon l'agence américaine SITE, spécialisée dans la surveillance de l'activité en ligne des groupes jihadistes.

La trêve qui s'est achevée samedi soir est seulement la quatrième conclue entre talibans et forces gouvernementales en 20 ans de conflit. Vendredi, des négociateurs du gouvernement afghan et des membres de la direction du mouvement taliban s'étaient rencontrés au Qatar pour discuter des pourparlers de paix, au point mort depuis des mois. "Les deux parties sont tombées d'accord pour continuer les pourparlers" après l'Aïd el-Fitr, avaient souligné les talibans dans un tweet. Mais les insurgés encerclent de plus en plus les grands centres urbains, laissant suggérer qu'ils attendent le retrait des Américains pour déclencher de vastes offensives contre les villes. Le 8 mai, plus de 50 personnes ont été tuées et une centaine d'autres blessées dans un quartier chiite de la capitale par l'explosion de bombes placées devant une école de filles. Il s'agissait de l'attentat le plus meurtrier en un an. Les autorités ont accusé les talibans mais ceuxci ont nié en avoir été les auteurs.


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