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Les appels à l’action se multiplient après une attaque chimique présumée

Plus de 133.000 personnes ont quitté la Ghouta en 4 semaines




Les appels à l’action se multiplient après une attaque chimique présumée
Donald Trump était sur le point de répondre "avec force" à Damas et ses alliés, après une attaque chimique présumée en Syrie, blâmant la Russie qui met elle en garde contre "de graves conséquences" en cas de frappes occidentales.
Si les Etats-Unis font planer la menace d'une riposte militaire contre le régime syrien, ils pourraient attendre, pour passer à l'acte, un vote au Conseil de sécurité de l'ONU sur un projet de résolution américain créant un mécanisme d'enquête international sur l'usage des armes chimiques en Syrie.
Selon des experts, la Russie opposera certainement son veto à la résolution. "Cela donnera aux Etats-Unis et peut-être la France une excuse pour une action militaire", estime l'un d'eux, Richard Gowan, membre du Conseil européen des relations internationales.
"C'était atroce", "horrible", a lancé Donald Trump à la Maison Blanche au sujet de l'attaque présumée de samedi aux "gaz toxiques" contre Douma, dernière poche rebelle aux abords de Damas.
"Nous y répondrons avec force", a ajouté plus tard le président américain, promettant une décision lundi soir "ou très bientôt". Son ministre de la Défense Jim Mattis n'a pas exclu des frappes contre le régime syrien.
Pour la deuxième fois en deux jours, Donald Trump s'est entretenu au téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron. Les deux présidents souhaitent "une réaction ferme" de la communauté internationale", a rapporté l'Elysée.
Mardi, le porte-parole du gouvernement français a averti que si "la ligne rouge a été franchie" en Syrie, il y aura "une riposte", indiquant que les échanges d'informations entre Emmanuel Macron et Donald Trump "confirment a priori l'utilisation d'armes chimiques".
"Si les responsabilités sont établies, le président de la République l'a rappelé à maintes reprises, si la ligne rouge a été franchie, elle donnera lieu à une riposte", a déclaré Benjamin Griveaux sur la radio Europe 1, après un nouvel entretien téléphonique dans la nuit entre les présidents français et américain.
Pour sa part, le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement condamné mardi les auteurs d'une attaque chimique présumée qui a fait des dizaines de tués dans la Ghouta orientale, en Syrie, affirmant qu'ils en paieraient "le prix fort".
"Je maudis ceux qui ont commis ce massacre, quels qu'ils soient. Ceux qui ont commis ce massacre en paieront inévitablement le prix fort", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Ankara.
Plus de 40 personnes ont été tuées samedi dans une attaque chimique présumée contre la ville rebelle de Douma, dans la Ghouta orientale, selon les Casques blancs et l'ONG médicale Syrian American Medical Society.
M. Erdogan avait exprimé son "inquiétude" au sujet de cette attaque lors d'un entretien lundi avec le président russe Vladimir Poutine, soutien indéfectible du régime syrien.  "Nous poursuivons nos initiatives. Hier, j'ai eu un entretien téléphonique avec Poutine. Je vais continuer aujourd'hui et demain à avoir des entretiens similaires", a déclaré M. Erdogan.
Si plusieurs pays ont pointé du doigt le régime syrien de Bachar al-Assad, le chef de l'Etat turc s'est gardé de désigner des coupables mardi.
Le ministère turc des Affaires étrangères avait pourtant déclaré dimanche qu'il soupçonnait "fortement" le régime syrien.
De son côté, le Kremlin a accusé mardi les Etats-Unis et leurs alliés de "refuser de regarder la réalité en face" au sujet de l'attaque chimique attribuée au régime syrien à Douma, dans la région de la Ghouta orientale.
"Vous voyez la position non constructive adoptée par quelques pays, dont les Etats-Unis. Ils refusent de regarder la réalité en face", a dénoncé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, ajoutant que "personne parmi eux ne parle de la nécessité de mener une enquête impartiale".
Plus de 133.000 personnes ont quitté la Ghouta orientale en quatre semaines, ont déclaré mardi les Nations unies, qui s'alarment de ce nouvel exode.
Quarante-cinq mille de ces déplacés sont hébergés dans huit centres d'hébergement aux environs de la capitale syrienne, Damas.
Un nombre équivalent de déplacés - des femmes, des enfants et des personnes âgées - ont quitté ces centres d'hébergement surpeuplés après avoir passé les contrôles des autorités.
La Ghouta orientale, poche que tenaient les rebelles aux portes de Damas, fait l'objet d'une offensive de l'armée syrienne depuis des semaines et le dernier bastion des insurgés, désormais, reste la ville de Douma.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a rapporté que 67 autocars, transportant des centaines de combattants insurgés ainsi que des membres de leurs familles et d'autres civils avaient atteint mardi des secteurs tenus par l'opposition dans les environs d'Alep, dans le nord-ouest de la Syrie.

Mercredi 11 Avril 2018

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