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Le ministre a tout faux

Miraoui tient dur comme fer à sa session de juin


Hassan Bentaleb
Mardi 14 Mai 2024

A en croire des étudiants en médecine tout aussi désabusés que déterminés

«Un ministre à côté de la plaque », c’est ainsi que de nombreux étudiants en médecine ont réagi  à l’ultimatum lancé par Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Innovation et de la Recherche scientifique,  lundi, aux étudiants grévistes, pour reprendre les cours et se préparer à l’ultime session des examens prévue en juin prochain.

Jeu d’échecs

«Son intervention devant la Chambre des représentants prouve qu’il ne maîtrise pas ce dossier comme en attestent ses propos sur la sélection des nouvelles recrues ou le passage des stages pratiques », nous a confié Omar, un étudiant casablancais sollicitant l’anonymat.  Et de poursuivre : « L’intervention de Miraoui démontre également que ce dernier campe encore sur ses positions malgré la bonne volonté que nous avons affichée à maintes reprises afin de reprendre le dialogue. En effet, nous avons reporté l’organisation d’une marche nationale et nous avons prévu d’entamer deux jours d’étude et de services et une levée progressive du boycott. Mais cela n’a rien donné. Pis, le ministère a programmé les examens de la 2ème session pour nous mettre devant le fait accompli. Une sorte de piège puisque le passage de ces examens sera interprété comme la fin de la grève ».

Une source proche du dossier estime, de son côté, que le ministère de l’Enseignement supérieur et les étudiants jouent une partie d’échecs qui consiste à faire pression sur l’adversaire et attendre qui va craquer en premier lieu. « Les deux parties parient sur les examens de la 2ème session pour démontrer la validité de leur choix. Ainsi, le ministère table sur un retour des étudiants grévistes et le passage des examens tandis que les étudiants se mobilisent pour faire échouer le passage des examens afin que le ministère change de position», nous a-t-elle expliqué. Et d’ajouter : « En effet, les  étudiants soutiennent que le ministère ne va pas déclarer cette année comme une année blanche vu le coût social et politique d’une telle mesure».

Dialogue mis en condition

Par ailleurs, le gouvernement, via les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur, se dit disponible à un dialogue exclusif entre les doyens des facultés de médecine et les représentants des étudiants, soulignant qu'aucune discussion ne sera engagée au niveau national. Cette affirmation a été réitérée par le ministre lors de la session des questions orales à la Chambre des représentants.

 Face aux députés, le ministre a réitéré à deux reprises que «l'incident de 2019 ne se reproduira pas», exhortant les grévistes à reprendre les cours en amphithéâtre, une condition préalable indispensable «pour résoudre les questions en suspens». En réponse aux députés de l'opposition qui ont critiqué sa «fermeté et son manque de flexibilité», Abdellatif Miraoui a répliqué d'un ton sec en expliquant que la réforme de l'enseignement de la médecine, réduisant la durée des études de 7 à 6 ans et point de discorde avec les grévistes, avait été élaborée en collaboration avec «des experts nationaux et internationaux» au cours d'une année de travail.

Fibre paternaliste

«Les étudiants en grève sont comme nos propres enfants, et leur bien-être nous tient à cœur. C'est pourquoi nous sommes fermement convaincus de la nécessité de cette réforme, un projet qui vise à améliorer la qualité de l'enseignement médical et à combler les lacunes en termes de compétences disponibles», a déclaré le ministre, avant d'encourager les parents à intervenir pour empêcher leurs enfants de subir une année d'inactivité.

A rappeler qu’il y a trois semaines, Miraoui a encouragé les étudiants à faire preuve de responsabilité et de rationalité, tout en les appelant à mettre fin aux perturbations du déroulement normal des études. Il a mis en avant le dialogue comme étant essentiel pour résoudre les différends et annoncé sa disponibilité à s'impliquer activement dans la recherche de solutions à toutes les problématiques soulevées.

Le ministre a déclaré, en outre,  que toutes les réformes engagées dans le domaine de la formation médicale étaient orientées vers l'amélioration des conditions d'études et l'assurance d'une formation de haute qualité pour les étudiants.

Hassan Bentaleb

Examens dans les Facultés de médecine
 Deuxième semestre en début juin
 Pas de session extraordinaire

 
Les examens du deuxième semestre dans les Facultés de médecine et de pharmacie sont programmés en début juin, a indiqué, lundi à Rabat, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Abdellatif Miraoui, ajoutant qu'"il n'y aura pas de session extraordinaire".
La prolongation du boycott ne permet pas de trouver des alternatives pour sauver l'année universitaire, a relevé M. Miraoui, en réponse à deux questions orales sur la grève des étudiants des Facultés de pharmacie et de médecine, affirmant que "le scénario de 2019 ne se reproduira jamais".
Le dialogue se poursuit au niveau local avec les doyens des facultés pour résoudre tout problème, a-t-il assuré, notant que les deux ministères de tutelle ne manqueront pas d'intervenir en cas de nécessité. En revanche, il a affirmé qu'"il n'y a plus de dialogue au niveau national".
Evoquant le processus de dialogue national, M. Miraoui a noté que depuis le début du boycott des cours, son département et le ministère de la Santé et de la Protection sociale ont ouvert leurs portes au dialogue pour interagir en totale transparence avec les revendications des étudiants partant de leur conviction en l'importance de la formation de médecins de haut niveau.
Il a appelé, à cet égard, les étudiants en grève à retourner en classe, précisant que 45 des 50 revendications ont été satisfaites, tandis que certaines revendications ne peuvent être acceptées, comme la participation à la sélection des nouveaux étudiants et le refus de stages pratiques.
Le gouvernement a accordé la priorité à ce chantier et a mobilisé des moyens considérables pour les réaliser, a, par ailleurs souligné le ministre, citant l'augmentation du nombre de professeurs dans les facultés de médecine et de pharmacie et de postes financiers (3.500) de sorte qu'il y ait un professeur pour 12 étudiants.
 
 


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