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“C’est un motif de joie et de fierté de vous adresser Nos chaleureuses félicitations pour ce sacre continental, le troisième du genre, qui conforte les exploits et performances continentaux exceptionnels réalisés récemment par le football marocain"
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Dès l’entame, les intentions étaient claires. Les hommes de Tarek Sektioui, por tés par une envie féroce, se sont jetés vers l’avant. Oussama Lamlioui aurait pu ouvrir la marque dès la deuxième minute après un face-à-face avec le gardien malgache, mais sa frappe croisée échouait à quelques centimè tres du cadre. Le football, pourtant, ne par donne rien, et c’est Madagascar qui, contre le cours du jeu, frappait la première par Ma nahantsaou à la neuvième minute, plongeant les Marocains dans un court instant de stu peur.
Loin de sombrer, les Lions de l’Atlas ont retrouvé souffle et sérénité en resserrant les lignes et en exploitant les couloirs avec insis tance. La récompense arrivait peu après, à la 27ème minute, grâce à Youssef Mehri, qui égalisait d’un coup de tête limpide, rappelant que ce Maroc-là refuse de courber l’échine.
A mesure que le match avançait, les Lions re trouvaient leur tempo, étouffant l’adversaire par un pressing haut et une circulation de balle incisive. Juste avant la pause, Oussama Lamlioui surgissait enfin pour inscrire le deuxième but marocain, couronnant une pre mière période où les hommes de Sektioui avaient su corriger leurs errements initiaux pour imposer leur loi.
La seconde mi-temps s’ouvrait sur le même ton, avec un Maroc agressif, conqué rant, déterminé à tuer le match. Lamlioui, en core lui, manquait de peu le break à la 48ème minute, sa tentative repoussée par un gardien malgache héroïque. Mais si les Marocains in sistaient, Madagascar n’abandonnait pas et trouvait l’égalisation à la 68ème minute par Rakotondrabe, offrant à la finale une tension dramatique digne des grandes soirées afri caines.
Alors que la rencontre semblait glisser vers un scénario piégeux, le destin choisit son héros. A la 80ème minute, Lamlioui déco chait une frappe splendide, une reprise osée du milieu de terrain qui s’envolait telle une météorite pour se loger dans les filets ad verses. Un geste d’anthologie, un but qui res tera gravé comme l’instant de bascule d’une finale inoubliable. La clameur marocaine ré sonna dans les travées de Kasarani, scellant définitivement un triomphe forgé dans la douleur et l’éclat du talent.
La victoire du Maroc ne relève pas du ha sard d’un soir. Elle incarne le fruit d’un projet pensé, construit et méticuleusement exécuté. Depuis plusieurs années, la Fédération Royale marocaine de football a entrepris de transformer ses structures et d’investir mas sivement dans la formation.
Le CHAN gagné à Nairobi n’est qu’un maillon d’un chaîne impressionnante de succès récents : titre continental en U17, sacre en U23, triomphes en futsal masculin et féminin, fi nales et podiums dans presque toutes les ca tégories. Rarement une nation aura affiché une telle constance et une telle omniprésence sur toutes les scènes africaines.
Ce troisième CHAN symbolise aussi la profondeur et la vitalité du réservoir maro cain. Là où d’autres pays peinent à construire sur la durée, le Maroc aligne génération après génération des équipes compétitives, habitées par un état d’esprit conquérant. La victoire de Nairobi témoigne de cette ambition fa rouche de dominer, mais aussi d’un savoir faire collectif où chaque joueur, du gardien à l’attaquant, contribue à un édifice solide et cohérent.
Tarek Sektioui, à la tête de cette équipe locale, a su incarner le rôle du chef d’orches tre lucide. Sa gestion tactique fut déterminante. Il n’a pas hésité à modifier ses schémas au cœur du match, à insuffler du sang neuf avec l’entrée d’Aït Ourkhan et de Rahouli, à resserrer le bloc quand il le fallait. L’ancien maestro des pelouses a transposé sur le banc son intelligence de jeu et sa lecture des temps forts, donnant à ses joueurs la confiance né cessaire pour transformer la tension en vic toire.
Au-delà du score, ce triomphe porte en lui une portée symbolique immense. Dans un continent où la compétition est toujours féroce, où chaque succès est arraché avec hargne, le Maroc rappelle qu’il est au jourd’hui un modèle de régularité et de ri gueur. Le football africain change, et le Maroc en est le moteur.
Ce troisième sacre au CHAN, obtenu au terme d’un match fou face à une surprenante équipe malgache, n’est pas seulement une victoire de plus. Il est l’illustration éclatante d’une suprématie spor tive, mais aussi d’un rêve collectif devenu réalité grâce à la passion, au travail et à une vision claire de l’avenir. Les Lions de l’Atlas peuvent soulever la tête, le regard brillant de fierté. Nairobi ne les oubliera pas. L’Afrique, elle, sait désormais que le football marocain est plus qu’une évi dence : il est une certitude.
Mehdi Ouassat