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La pandémie de coronavirus met l'éducation marocaine à l'épreuve de l'enseignement à distance




La pandémie de coronavirus met l'éducation marocaine à l'épreuve de l'enseignement à distance
Le monde connaît actuellement un événement majeur en raison de la crise sanitaire causée par la pandémie du coronavirus (Covid-19). Il s'agit plutôt d'une étape difficile qui a des répercussions à tous les niveaux de la santé, de l'éducation, des aspects sociaux, économiques, politiques et humanitaires.
Cette crise a considérablement exposé le secteur de l'éducation et en a révélé les lacunes et les faiblesses, car elle a établi un record dans la fermeture de milliers d'écoles et d'universités dans le monde. Selon le dernier rapport de l'UNESCO et de Scientific American, plus de 1,6 milliard d'enfants et de jeunes adultes ont abandonné l'enseignement dans 161 pays, soit près de 80% des élèves inscrits dans les écoles du monde entier.
De nombreux établissements d'enseignement ont eu recours à l'option de l'enseignement à distance, en raison de la nécessité de poursuivre les programmes d'études établis et de combler tout vide éducatif pouvant résulter de l'aggravation de la crise.
Cette pandémie est survenue au moment où le Royaume du Maroc connaissait une nouvelle étape de transformation après le discours de la Fête du Trône du 30 juillet 2019. Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l'assiste, a nommé une Commission spéciale sur le nouveau modèle de développement composée de 35 personnalités et présidée par Chakib Benmoussa, avec pour rôle principal d'écouter toutes les forces vives du pays (partis politiques, syndicats, associations de la société civile, entrepreneurs, etc.) afin de préparer un nouveau modèle de développement pour le Maroc. Parmi les préoccupations de ce nouveau modèle de développement figure le secteur de l'éducation, qui souffre encore de carences, en se classant à la 121ème place en décembre 2019.
La pandémie du coronavirus est venue forcer des pays dont le Maroc, à s'orienter brusquement vers l'enseignement à distance. Le ministère de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a tenté de faciliter le processus en créant des plateformes d'apprentissage en ligne malgré le manque de capacités et de composantes nécessaires dans ce domaine que sous-tendait le fait que les femmes et les hommes d'éducation se sont retrouvés du jour au lendemain face à ce type d'enseignement alors qu’ils sont restés, pendant des années, isolés de celui-ci d'une manière qui a laissé beaucoup d'entre eux dans un état de confusion, qu'ils soient attachés à ordonner les limites de la culture numérique (manque de disponibilité de ressources numériques prêtes à l'emploi, incapacité à produire des contenus numériques, difficultés d'accès transparent aux plateformes éducatives virtuelles, incapacité de certains professeurs à gérer les ordinateurs...) ou l’insuffisance et les limites des moyens numériques (excellents ordinateurs, téléphones Smart, caméras...) ou le fait que certaines personnes manquent de couverture Internet ou disposent de faibles débits.
A cet égard, la Constitution stipule dans son article 31 que l'Etat, les institutions publiques et les communes territoriales s'efforcent de mobiliser tous les moyens disponibles pour faciliter les raisons de l'égalité des avantages pour les citoyens, le droit à une éducation moderne, accessible et de qualité, à une formation professionnelle et à une éducation physique et technique.
La loi réglementant l'éducation au Maroc issue de la Vision stratégique pour l'éducation 2020-2030, a souligné la nécessité de "développer l'enseignement à distance en complément de l'apprentissage présentiel".
D'autre part, cette loi-cadre a souligné l'importance de "diversifier les méthodes de formation et d'accompagnement parallèlement à l'enseignement secondaire", précisant que "l'e-learning sera progressivement intégré ".
Nous devons réfléchir sérieusement à la réforme du secteur de l'éducation et nous ne pouvons parler d'aucune "formation à distance", sauf en misant sur la formation continue et en téléchargeant des programmes de formation pour élever le niveau de la culture numérique des enseignants, notamment ceux liés à la production de contenus numériques (cours, vidéos, création de sites Internet ou de plateformes numériques, technologies de communication virtuelle ...).
Généraliser l'enseignement de "l'informatique et des technologies de l’information" à tous les établissements d'enseignement, en allouant des salles dédiées et disposant des appareils numériques nécessaires (ordinateurs, projecteurs, caméras...), en prenant soin d'équiper tous les départements de projecteurs "data show", et en encourageant les enseignants à produire et à mettre en ligne des leçons numériques, et ce dans un objectif de passage "en douceur" vers "l'enseignement à distance".
Pariant sur "l'éducation numérique", il est urgent de dépoussiérer les méthodologies et les programmes qui existent depuis des années, de manière à ce qu'ils puissent suivre le rythme des changements qui existent au niveau national et international et se mettre au diapason de la révolution numérique.

 * Chercheur à l'Université
Hassan II de Casablanca

Par Abdellah Bakhouyi *
Jeudi 23 Avril 2020

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1.Posté par jinan nawal le 23/04/2020 17:08
bonjour Mr j'ai des question a posées svp

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