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La coproduction pour vaincre les difficultés du financement et de la distribution




“Ziara”, un film du Tunisien Naoufel Saheb-Ettaba

La coproduction des films entre les pays maghrébins est certainement la meilleure des solutions pour vaincre les difficultés inhérentes aux questions du financement et de la distribution», explique le Tunisien Naoufel Saheb-Ettaba, réalisateur du film «Ziara», une coproduction maghrébine. Réalisé, en 2014, avec l'appui de plusieurs structures concernées par la production cinématographique au Maroc, en Tunisie et en Algérie, ainsi qu’avec le soutien du Fonds francophone de production audiovisuelle du Sud, «Ziara» est coécrit par le réalisateur lui-même et Tarek Ben Chaâbane.   
«Avec ce film, je souhaite aborder la question  de la quête identitaire à travers la vie d'un homme tourmenté, Youssef, en rupture avec le réel», précise le réalisateur. 
En effet, le long métrage raconte l’histoire de Youssef, un chauffeur de taxi qui vit en solitaire. A cinq  ans, il a été profondément choqué par un drame familial qui  l'a rendu orphelin et amnésique. La découverte d'une ancienne maison dans la Médina et la rencontre fortuite avec  une jeune fille mystérieuse ouvrent une brèche dans son passé  oublié et bouleversent sa vie. Youssef se lance alors dans une quête à l'issue  incertaine qui le ramène toujours devant cette ancienne  demeure de la Médina où il rencontre un vieil homme, chef d'une confrérie mystique. En pénétrant dans l'univers de musique rituelle et de danse extatique du vieil homme,  Youssef va recouvrir peu à peu la mémoire et se rappeler les  circonstances dramatiques qui ont fait de lui un orphelin.   
«Je ne fais pas de films pour les Tunisiens, mais pour le cinéma, souligne le réalisateur. Libre aux gens d’y voir un film tunisien ou pas, même s’il est ancré dans un décor tunisien». «J’aime beaucoup le cinéma de David Lynch, mais il m’arrive de ne pas comprendre ce qu’il entreprend», ajoute Naoufel Saheb-Ettaba. Et d’ajouter : «Je me suis rapproché de lui dans ce film avec le plan d’ensemble de la fille qui arrive chez Youssef, où l’on voit des murs, des couleurs… Bref une certaine ambiance».  «Dans Ziara, j’ai tout fait pour éviter le côté folklorique. Je voulais ancrer le «stambali» [NDLR : un rite de possession musico-thérapeutique implanté en Tunisie par des populations venues d'Afrique subsaharienne. (Semblable à Gnaoua] dans la réalité populaire», souligne-t-il.  Les producteurs ont, par ailleurs, estimé que la coproduction des films à l'échelle maghrébine devrait avoir une dimension multilatérale, incitant, dans ce contexte, à tirer profit des accords de partenariat signés en 1994 entre les pays du Maghreb, des accords qui visent à promouvoir l'échange des expériences et des expertises cinématographiques dans l'espace maghrébin. Ils ont également souligné l’importance de conclure des conventions de coopération et de partenariat entre les pays concernés permettant d'intensifier l'échange des films, de renforcer la coproduction et de créer un marché de cinéma élargi, susceptible de garantir une meilleure distribution des œuvres cinématographiques à l'échelle maghrébine.


Mehdi Ouassat
Mardi 20 Décembre 2016

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