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L'UE décide de rappeler son ambassadeur en Russie pour consultations




Plusieurs pays de l'UE ont annoncé vendredi qu'ils prendraient dans les prochains jours, peut-être dès lundi, des mesures contre la Russie, en réaction à l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal sur le sol britannique attribué par Londres à Moscou.
La Russie, pour sa part, a accusé le Royaume-Uni de pousser ses alliés européens à la confrontation avec elle, dénonçant "une nouvelle campagne antirusse lancée par Londres" et "une provocation".
L'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, le 4 mars à Salisbury en Grande-Bretagne, a provoqué une grave crise diplomatique entre Moscou et Londres et détérioré des relations déjà tendues, après que la Première ministre britannique Theresa May a affirmé que la Russie était "très probablement" derrière l'attaque.
Réunis à Bruxelles pour un sommet, les dirigeants de l'Union européenne sont tombés d'accord "pour considérer, avec le gouvernement britannique, que la Russie est très probablement derrière l'attaque de Salisbury et qu'il n'y a pas d'autre explication possible", a annoncé le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk. Le président français Emmanuel Macron a jugé que l'empoisonnement de Salisbury constituait une "atteinte à la souveraineté européenne".
Dans la foulée, l'UE a décidé de rappeler son ambassadeur en Russie pour "consultations".
Et plusieurs pays de l'Union ont annoncé pour bientôt des mesures contre la Russie, telles que des expulsions de diplomates. Des mesures "sont attendues dès lundi au niveau national", s'est réjoui M. Tusk à l'issue du sommet. Le président du Conseil européen s'est dit "personnellement satisfait de voir que malgré les dures négociations du Brexit, l'UE ait fait preuve d'une unité sans équivoque avec le Royaume-Uni".
L'attitude de Londres et de l'UE a été une fois de plus dénoncée vendredi avec véhémence par Moscou, qui clame son innocence depuis le début de l'affaire.
"Nous regrettons qu'une nouvelle fois on prenne de telles décisions en utilisant la formulation +très probablement+", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, déplorant que la Russie "ne puisse toujours pas obtenir des informations" de Londres sur cette affaire.
Les autorités britanniques "cherchent fiévreusement à forcer leurs alliés à prendre des mesures visant à la confrontation" avec Moscou, a accusé le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en visite à Hanoï.
Pour M. Lavrov, Londres a pris "le cap pour rendre la crise avec la Russie la plus profonde possible".
Dans leur déclaration commune, les 28 ont affirmé qu'une implication de la Russie était la "seule explication plausible" de l'attaque chimique de Salisbury, affichant un soutien unanime à la Grande-Bretagne.
Londres a déjà expulsé 23 diplomates russes, qui ont quitté mardi son territoire, et annoncé le gel des relations bilatérales.
La Russie a ordonné en représailles la fermeture du British Council et l'expulsion de 23 diplomates britanniques, qui ont commencé à quitter Moscou vendredi, selon les agences de presse russes.
Parmi les pays envisageant désormais des mesures supplémentaires contre la Russie figurent notamment la Lituanie, l'Irlande, la République tchèque et le Danemark.
La France, qui a contribué à durcir le ton des Européens face à Moscou, s'est également déclarée prête à "de possibles mesures, décidées sur base nationale, en concertation avec d'autres pays européens", selon la présidence française.
"Nous sommes déterminés à réagir de manière unie, par la parole, et le cas échéant par de nouvelles mesures, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.
Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi en appelant l'UE à "encourager plutôt ses partenaires britanniques à entamer des consultations constructives" avec la Russie et réitéré la volonté de Moscou de coopérer avec Londres dans le cadre de cette affaire.
"Nous regrettons que l'UE ait préféré suivre le cours d'une nouvelle campagne antirusse lancée par Londres", a déclaré le ministère dans un communiqué.
"Tout cela n'est qu'une provocation", a jugé Sergueï Lavrov, alors que la Russie se plaint de n'avoir toujours pas accès à la citoyenne russe Ioulia Skripal, hospitalisée avec son père "dans un état critique mais stable" selon Londres, ni aux échantillons de la substance utilisée selon les autorités britanniques pour leur empoisonnement.
L'ambassadeur russe en Grande-Bretagne, Alexandre Iakovenko, a écrit vendredi une lettre au policier contaminé par l'agent neurotoxique utilisé contre les Skripal, le remerciant pour son courage et réitérant l'innocence de la Russie.
Dans cette lettre publiée sur le compte Twitter de l'ambassade, le diplomate, Alexandre Iakovenko, souhaite "le prompt rétablissement" du policier Nick Bailey, qui a quitté jeudi l'hôpital après deux semaines de soins, et celui de Sergueï Skripal et de sa fille.
"Je voudrais vous exprimer ma sincère gratitude pour le courage dont vous avez fait preuve quand vous avez réagi à l'assaut contre les deux citoyens russes", écrit l'ambassadeur. Le policier avait été intoxiqué en portant secours à Sergueï Skripal et à sa fille.

Libé
Lundi 26 Mars 2018

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