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Engager l'armée bélarusse contre l'Ukraine serait un suicide politique, avertit l'opposante Tikhanovskaïa


Libé
Jeudi 29 Septembre 2022

L' opposante bélarusse en exil Svetlana Tikhanovskaïa a averti mercredi le président Alexandre Loukachenko qu'engager son armée en soutien de la Russie en Ukraine reviendrait à un "suicide politique" et a dit craindre un recours à l'arme nucléaire depuis le territoire de son pays. Dans un entretien à l'AFP Mme Tikhanovskaïa a qualifié les "référendums" d'annexion organisés par Moscou dans quatre régions ukrainiennes occupées de "simulacres" visant à présenter aux Russes "une victoire" alors que "le blitzkrieg du Kremlin a échoué". "Tout le monde a vu que l'armée du Kremlin n'était pas aussi puissante qu'on le disait, le roi est nu, aucun pays normal ne reconnaîtra ces votes", a-t-elle estimé en marge du congrès du Parti travailliste britannique à Liverpool, dans le nord-ouest de l'Angleterre. Alors que Vladimir Poutine a décrété une mobilisation militaire, Mme Tikhanovskaïa a estimé que même si Loukachenko décidait d'envoyer des troupes, "les Bélarusses feraient défection ou fuiraient" car ils sentent "une proximité" avec l'Ukraine. "Mais s'il décide de faire participer notre armée, cela reviendra pour lui à un suicide politique", a-t-elle déclaré. "Même ceux qui soutiennent le régime et les alliés de Loukachenko s'opposent à la guerre en Ukraine", a-t-elle estimé. Le Kremlin est le principal allié du régime de Loukachenko, au pouvoir depuis 1994 et qui a prêté son territoire à l'armée russe pour permettre l'offensive militaire contre l'Ukraine. Svetlana Tikhanovskaïa s'est dite inquiète désormais "qu'une arme nucléaire puisse être lancée depuis le territoire du Bélarus", option permise par un "prétendu référendum" l'année dernière: "Ce serait une catastrophe". L'opposante vit en exil en Lituanie depuis l'élection présidentielle bélarusse d'août 2020. Elle a revendiqué la victoire à l'issue de ce scrutin face au prorusse Alexandre Loukachenko, amorçant une vague de contestation à l'échelle nationale. Elle a jugé le président Loukachenko "en position très fragile", assurant que la dissidence créait "de multiples points de pression" et utilisait des moyens détournés de s'adresser à l'élite et l'armée. "Viendra un moment où les militaires, le KGB, se rangeront du côté du peuple", a-t-elle assuré. "C'est notre travail de les diviser", a-t-elle expliqué. "Nous voyons que la politique de Loukachenko fait perdre à notre pays son indépendance, sa souveraineté et l'existence même de notre nation est en jeu".


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