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Des écrivains libyens dénoncent la saisie de livres dans l'est du pays




Une centaine d'écrivains et d'intellectuels libyens ont dénoncé lundi la saisie de dizaines de livres jugés "érotiques" ou anti-islam par les services de sécurité dans l'est du pays. Ces écrivains ont publié un communiqué de protestation après la diffusion ce week-end d'une vidéo de la direction de la sécurité de la ville d'al-Marj (est) montrant des dizaines de livres saisis dans un camion qui faisait le trajet Tobrouk-Benghazi (est).
Parmi ces livres en arabe importés d'Egypte, figurent des ouvrages de l'écrivain brésilien Paulo Coelho, du philosophe allemand Friedrich Nietzsche, du romancier américain Dan Brown ou encore de l'Egyptien Najib Mahfouz, prix Nobel de littérature. Dans la vidéo, un responsable de sécurité et des religieux de la ville dénoncent une "invasion culturelle" via des livres sur le chiisme, le christianisme ou encore la sorcellerie et des romans contenant des passages érotiques "contraires" aux préceptes de l'islam sunnite pratiqué dans le pays. Les écrivains, dont Azza Maghour, Idriss al-Tayeb et Radhouane Bouchwicha, ont dénoncé la saisie de ces livres "quel que soit le prétexte", qui est une "tentative de museler les voix et de confisquer (la liberté d')opinion et de pensée".
La ville d'al-Marj, comme la grande partie de l'est libyen, est sous le contrôle de l'Armée nationale libyenne (ANL) loyale au maréchal controversé Khalifa Haftar qui dit combattre "le terrorisme" en Libye. La saisie des livres a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, des internautes libyens ayant lancé le Hasgtag "les livres sont à lire, pas à saisir". "La Libye aujourd'hui", a écrit de son côté l'écrivain Paulo Coelho sur son compte Twitter, avec un lien vers des photos des livres saisis, dont les siens.
Depuis la chute du régime du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est sous la coupe d'une mosaïque de milices de différentes obédiences politiques et religieuses, dont certaines assurant le rôle de la police ou des forces de sécurité.
La censure qui frappait sous Kadhafi principalement les ouvrages politiques ou idéologiques pouvant contester son pouvoir absolu, est désormais plus étendue à des domaines relevant de la religion, de la société ou de la littérature.

Mercredi 25 Janvier 2017

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