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Dans le foot italien, prière de surveiller son langage


Gianluigi Buffon sera suspendu en ce week-end de Pâques pour un blasphème de trop. Dansle football italien, les joueurs sont priés de surveiller leur langage et plus encore dans des stades sans public où rien n'échappe aux micros.

"Cela fait partie de son caractère toscan... Maisil est le premier à se sentir mal quand ça lui échappe." La journaliste Ilaria D'Amico, la compagne de Buffon, avait défendu le recordman des matches en SerieA, quelques semaines après qu'il eut sermonné un coéquipier en jurant contre Dieu, lors d'un match en décembre. Le légendaire gardien, actuellement N.2 à la Juventus, s'en était d'abord tiré avec une amende de 5.000 euros. Mais, en appel cette semaine, il a été suspendu un match. Une façon d'aligner sa sanction sur celles déjà infligées au milieu de la Roma Bryan Cristante (en décembre) et à l'ailier de la Lazio Manuel Lazzari (en février) pour avoir, eux aussi, usé d'une "expression blasphématoire". Un match de suspension est la "sanction minimale" prévue par les textes. En Italie, le blasphème en public peut être puni d'une amende allant jusqu'à 309 euros,selon le code pénal. Ce qui n'empêche pas les allusions au sacré d'être encore fréquentes sur les terrains. L'ex-sélectionneur Marcello Lippi les mettait sur le compte de sa culture toscane. Mais le Brésilien Kakà, très croyant, ne les "supportait" pas quand il jouait à Milan et demandait parfois "à ses coéquipiers de ne pas blasphémer: ce n'est pas de la faute de Dieu s'ils ratent un but ou une passe". Et avec le huis clos généralisé pour cause de pandémie de Covid-19, les jurons ne passent plus inaperçus.

"Dans les stades vides, on entend désormais quasimenttout etil est devenu beaucoup plus compliqué, pour les arbitres et les officiels, de fermer leurs yeux et leurs oreilles", résume pour l'AFP Marco d'Ottavi, journaliste pour le magazine en ligne l'Ultimo Uomo, auteur d'une enquête fouillée sur l'histoire du blasphème dansle calcio. La sanction est prévue depuis "presque toujours", précise-t-il, mais le premier cas attesté remonte à un match entre Côme et la Juventus en 1975. Dans une fin de rencontre tendue, alors que Côme tient un exploit contre les Bianconeri, son capitaine Claudio Correnti est sanctionné pour avoir blasphémé: coup franc et égalisation à suivre pour la Juve (2-2). Correnti avait confié ses regrets en 2010 au Corriere di Como: "J'aurais préféré qu'on se souvienne de ce que j'avais fait comme footballeur... Là, c'était comme si j'avais été le seul à avoir jamais blasphémé en Italie." Depuis, le règlement est appliqué avec plus ou moins de vigueur selon les époques.Parfois, ilsemble oublié, parfois il redevient prioritaire, comme en 2010 avec le président de la Fédération Giancarlo Abete, par ailleurs député Démocratie chrétienne, qui avait incité les arbitres à brandir le carton rouge, y compris en cas de blasphème. Ces expulsions en match sont une rareté. Mais c'est tout de même arrivé en 1992 à un joueur de Serie B, Marco Pacione, exclu dès les premières minutes pour avoir juré après avoir reçu un coup. En général, la sanction arrive après coup, sur la base des enregistrements audio et vidéo, comme ce fut le cas pour Buffon. Lequel a assuré dans le passé que, lorsqu'il jurait, il n'utilisait pas le mot "Dio" mais "zio" (oncle, en italien), pas suffisant cette fois pour lui éviter la suspension.

"Le problème est que si tu es capté par le micro tu es sanctionné, mais si ce n'est pas le cas, tu ne l'es pas... Ce n'est pas beau de jurer à la télévision, mais ça ne me paraît pas du même niveau qu'un acte de violence ou l'agression d'un arbitre", relativise Marco d'Ottavi. Cette "singularité" italienne n'est toutefois pas encore aussi marquée que dans le championnat voisin du Vatican, où le blasphème est autrement plus lourdement sanctionné, rappelait récemment La Repubblica. Il y a quelques années, un joueur avait été suspendu toute la saison après "avoir perdu la tête sur une décision arbitrale", a expliqué au quotidien l'un des organisateurs.

Bonucci positif au coronavirus à son retour de sélection

Le défenseur de la Juventus Leonardo Bonucci a été testé positif au coronavirus, à peine revenu du rassemblement de la sélection italienne dont plusieurs membres de l'encadrement avaient été testés positifs mercredi, a annoncé jeudi le club turinois. "Le joueur a été placé en isolement à son domicile", ajoute le club bianconero, qui sera donc privé samedi pour le derby contre le Torino de deux défenseurs: Bonucci mais aussi le Turc Merih Demiral, testé positif avec sa sélection et rentré ce jeudi à Turin par un vol sanitaire et qui doit poursuivre sa quarantaine dans l'hôtel de la Juventus. Juste après la victoire en Lituanie (2-0) mercredi soir, la Fédération italienne avait annoncé que quatre membres de l'encadrement avaient été testés positifs au coronavirus. L'un d'entre eux était déjà rentré en Italie en début de semaine en raison d'un mal de gorge et les trois autres, présents en Lituanie, avaient été immédiatement placés à l'isolement. La Fédération italienne avait précisé que le dernier test collectif mené dans le cadre du protocole de l'UEFA, lundi à Sofia au lendemain du match contre la Bulgarie (2-0), avait donné des résultats négatifs pour l'ensemble du groupe.

Libé
Vendredi 2 Avril 2021

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