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Cuisine ou salon, nouveaux lieux de répétitions de l'Opéra de Leipzig




Le plan de travail de sa cuisine et le chambranle de sa porte ont remplacé la barre de danse de l'opéra de Leipzig: en confinement à domicile, l'artiste Luke Francis s'entraîne désormais dans son appartement. Comme l'ensemble des autres danseurs mais aussi les musiciens de l'opéra de Leipzig, l'un des plus réputés d'Allemagne, l'artiste britannique de 25 ans, qui ne souhaite pas se voir attribuer de genre féminin ou masculin, ne peut plus suivre les entraînements et répétitions de son institution qui a fermé ses portes il y a trois semaines pour éviter une propagation du nouveau coronavirus. Alors dans son logement de location de 60 m2 à l'ameublement impersonnel, Luke Francis compose avec les moyens du bord, s'appuyant, lors d'une séance d'entraînement par internet, sur le rebord du plan de travail où casseroles et théière patientent en attendant le prochain repas. Sa tête plonge pour venir toucher sa jambe devant la porte du four. "C'est tellement bizarre de s'entraîner ainsi. Cela n'est pas inutile et il faut en tirer le positif mais ça sera sympa de retourner en studio" avec les 36 à 38 autres danseurs de la compagnie, reconnaît Luke Francis dans une interview à l'AFP. Crane rasé et ongles peints, l'artiste enchaîne ensuite des étirements sur le lino gris puis part à l'assaut du chambranle de sa porte qui lui permet de tenir sa jambe en hauteur. Le plus gros défi, "c'est le manque d'espace" et l'absence du maître de ballet pour ajuster et corriger les poses. Côté musique, sa collègue soprano Lilli Wünscher poursuit elle aussi son travail chez elle. Devant son piano ou face à son pupitre de partition, elle s'astreint à deux heures de travail quotidien. "Je fais aussi une heure de sport pour rester en forme pour la scène", raconte-telle. "Je suis livrée à moi même sans coaching. Cela nécessite beaucoup de discipline", poursuit cette mère de trois enfants qui doit aussi, avec son mari Randall Jacobs, lui aussi une voix de l'opéra, faire tourner sa maison: le linge, les repas, les devoirs des enfants. Le soir, une fois les bambins couchés à l'étage, elle se remet au chant. Ils "sont habitués", précise-t-elle. Lors de ses répétitions, elle dispose d'un soutien insolite: Ludwig, le chiot de la famille, qui "pleure et hurle à la mort" quand la soprano fait ses vocalises... Le violoncelliste Stephan Wünsch passe aussi de longues heures avec son instrument dans sa vaste maison à la périphérie de Leipzig mais il regrette que les répétitions de l'orchestre ne puissent avoir lieu. "C'est évidemment un très gros défi", souligne-t-il. L'opéra de Leipzig espère pouvoir rouvrir ses portes le 24 avril.

Libé
Mardi 7 Avril 2020

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