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Ça tourne à l'idylle entre la Lydec et les édiles

Pas évident pour les Casablancais de devoir cohabiter avec des égouts bouchés et des esprits obtus


Après le temps des reproches, place à celui des petites courtoises. C’est ainsi qu’on peut décrire la situation actuelle entre le Conseil de la capitale économique et la Lydec, délégataire de la distribution de l'eau, de l'électricité, de l'assainissement et de l'éclairage public à Casablanca et Mohammedia. En effet, un récent communiqué de la commune urbaine a dédouané la société délégataire de toute responsabilité dans les inondations qui ont touché dernièrement la ville blanche alors que le 7 janvier dernier, Abdelaziz El Omari, maire de la ville, avait désigné, lors d’une intervention au JT de la deuxième chaîne nationale, la Lydec comme responsable. Il avait même demandé que cette société fournisse «un rapport détaillé sur la situation et les actions menées pour y faire face» tout en invitant «les citoyens victimes des intempéries à s'adresser à la Lydec pour se faire indemniser».

«Le communiqué daté du 12 janvier dernier et signé par Abdelaziz El Omari ne représente pas l’ensemble des composantes du Conseil de la ville. Il représente uniquement la majorité dirigeante qui vante les réalisations de son mandat qui a débuté en 2015 alors que le Conseil de la ville est une institution qui doit être au-dessus des clivages politiques, qui s’inscrit dans la durée et qui existait avant l’arrivée de l’actuelle équipe dirigeante», nous a déclaré Houssine Nassrallah, édile casablancais de l’opposition. Et de préciser : «Il s’agit bien d’un communiqué conciliant et courtois envers la Lydec puisqu’il adopte son point de vue et son argumentaire concernant le dernier épisode pluvial qui a durement touché notre ville. En effet, le maire de la ville ressasse dans ledit communiqué le discours tenu par les dirigeants de la société délégataire concernant le manque d’investissements par le Conseil de la ville et le problème des infrastructures obsolètes dépassées par l’ampleur des débits des pluies. Pourtant, le président du Conseil a omis d’évoquer deux points d’une grande importance, à savoir le rôle de contrôle que doit assurer le délégué comme le stipulent les dispositions de la loi sur la gestion déléguée et l’indemnisation de la population sinistrée. En somme, ledit communiqué reconnaît et cautionne tout ce qui a été déclaré par les dirigeants de la Lydec».

Mais qu’en est-il en réalité des investissements faits par la Lydec et le rôle de contrôle assumé par le Conseil de la ville ? Concernant la question des investissements, un rapport de la Cour des comptes daté de 2014 et intitulé : «La gestion déléguée des services publics locaux», avait révélé que la Lydec, comme c'est le cas pour d’autres sociétés délégataires, a accusé des retards importants dans la réalisation des investissements, notamment en ce qui concerne les équipements structurants et de dépollution. En contrepartie, des projets ponctuels non prévus par les contrats ont été réalisés en imputant les charges non prévues dans les projections financières initiales du contrat afin de les majorer. La valorisation des investissements, réalisés en référence à ceux qui étaient prévus en tenant compte des imputations contractuelles, a donné lieu à des écarts importants. A ce propos, le rapport avait indiqué que la Lydec a réalisé uniquement 131,6 millions de DH comme investissement global sur une prévision de 385 MDH. Il a également ajouté qu’après déduction des équipements liés à l’administration générale et la logistique, les réalisations effectives de la Lydec au titre des travaux d’infrastructure et de renforcement ne dépassent pas un taux de 26% des prévisions budgétaires.

«Au sein de la commission des biens et services relevant du Conseil de la ville, un dirigeant de la Lydec nous a affirmé que l’ensemble des engagements pris par la société délégataire ont été bel et bien respectés. Pourtant, nous n’avons accès à aucun rapport ou document confirmant ces assertions. Idem au sein du comité de suivi de la gestion déléguée où aucun document ne nous a été fourni alors que nous en avons demandé copie à plusieurs reprises. Pis, le président de ce comité a été interdit de prendre la parole devant les édiles de l’opposition pour nous expliquer la situation alors que ce comité est la seule source qui peut confirmer ou infirmer les données chiffrées fournies par la Lydec», nous a affirmé notre interlocuteur.

Et de souligner, à l’occasion, que ce comité composé de cinq élus du PJD, deux élus du PI et du RNI ne s’est jamais réuni. «Le représentant de l’opposition au sein de ce comité m’a confié qu’il n’a jamais signé de PV alors que ce comité effectue des visites de chantier et fait des recommandations mais en tant qu'édiles, nous n’avons jamais réussi à avoir des informations de sa part», nous a-t-il expliqué. Et de conclure : «Il y a un silence, voire une opacité grave qui entoure tout ce qui concerne la société délégataire. Prenez la question de la révision de contrat entre la Lydec et la commune urbaine à titre d'exemple. Ce contrat est arrivé à terme en 2019 et chaque fois qu’on demande des informations, en tant qu'élus de la ville, le président se contente de répéter à qui veut l’entendre qu’il s’agit d’un processus long et complexe qui doit prendre du temps, mais jusqu’à quand ? Personne ne sait».

Hassan Bentaleb 

Libé
Jeudi 14 Janvier 2021

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