Le soutien aux TPE-PME en question : Une politique annoncée, jamais appliquée

Le Groupe socialiste-Opposition ittihadie dénonce l’inaction gouvernementale concernant un levier de l’économie nationale


Mehdi Ouassat
Mercredi 7 Janvier 2026

Le soutien aux TPE-PME en question : Une politique annoncée, jamais appliquée
Dans l’hémicycle du Parlement, une nouvelle alerte a été lancée par le Groupe socialiste-Opposition ittihadie. Une alerte grave, argumentée et profondément ancrée dans la réalité économique du pays. Portée par le député ittihadi El Hassan Lachguar, cette interpellation du gouvernement sur les mesures d’accompagnement des très petites, petites et moyennes entreprises a mis à nu un décalage inquiétant entre le discours officiel et la réalité vécue par des milliers d’entrepreneurs marocains.

Face à Karim Zidane, ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Evaluation des politiques publiques, El Hassan Lachguar a d’emblée rappelé une évidence que nul ne conteste. Les très petites, petites et moyennes entreprises constituent le cœur battant de l’économie nationale. Elles irriguent les territoires, créent l’essentiel des emplois et assurent la résilience du tissu productif face aux chocs successifs. Pourtant, comme l’a souligné le député ittihadi, cette reconnaissance verbale ne saurait masquer les retards accumulés.

Au centre de la critique formulée par El Hassan Lachguar se trouve un fait précis, documenté et lourd de conséquences. Le retard inexpliqué dans l’adoption du décret organisant l’accompagnement de ces entreprises. Un texte réglementaire attendu avant décembre 2023 et dont l’absence prolongée, au-delà de deux années, porte atteinte aux droits mêmes des entreprises concernées. Pour le député ittihadi, ce retard n’est pas un simple dysfonctionnement administratif. Il traduit une absence de volonté politique claire et un manque de considération pour un pan entier de l’économie nationale qui ne peut se permettre d’attendre indéfiniment.

Le soutien aux TPE-PME en question : Une politique annoncée, jamais appliquée
El Hassan Lachguar
Le retard dans l’accompagnement des TPE-PME n’est pas un simple dysfonctionnement administratif.
Il traduit une absence de volonté politique claire et un manque de considération pour un pan entier de l’économie du pays
El Hassan Lachguar a tenu à rappeler que les très petites, petites et moyennes entreprises ne sont ni une invention récente ni une catégorie marginale apparue au gré des stratégies gouvernementales. Elles constituent depuis des décennies l’ossature du tissu entrepreneurial marocain. Elles sont structurées, représentées et organisées à travers les Chambres de commerce, d’industrie et de services ainsi que de nombreuses associations professionnelles. Or, comme l’a dénoncé le député ittihadi, la démarche gouvernementale a péché par son manque d’inclusivité. Les acteurs directement concernés ont été insuffisamment associés à l’élaboration des dispositifs censés leur venir en aide, créant ainsi un fossé entre la conception technocratique des politiques publiques et les réalités du terrain.

Plus encore, El Hassan Lachguar a pointé ce qu’il a qualifié d’enfermement institutionnel. Trois années de concertation fermée, sans résultats tangibles, pour aboutir à une architecture de soutien qui demeure défaillante. Une architecture qui, selon ses propos, souffre de dysfonctionnements profonds et n’a pas permis d’atteindre les bénéficiaires visés. Derrière les annonces et les présentations officielles, le député ittihadi voit se dessiner une politique de l’investissement davantage préoccupée par l’image que par l’impact réel.

Les chiffres avancés par le gouvernement n’ont convaincu personne. El Hassan Lachguar a insisté sur l’écart flagrant entre les données présentées et la situation observée sur le terrain. Le nombre d’entreprises ayant déposé des demandes reste limité. Plus préoccupant encore, aucune demande n’a été étudiée ni validée à ce jour. Les montants annoncés, les promesses de création d’emplois et les projections optimistes demeurent à l’état de discours, sans traduction concrète. Pour le député ittihadi, il est illusoire de parler de résultats alors que la phase de mise en œuvre n’a même pas véritablement commencé.

Cette situation révèle, au-delà du cas des très petites, petites et moyennes entreprises, une problématique plus large de gouvernance publique. El Hassan Lachguar a rappelé que l’investissement ne peut être réduit à des slogans ou à des campagnes de communication soigneusement mises en scène. Il exige un travail quotidien, rigoureux et coordonné. Il suppose une interaction permanente avec les partenaires économiques, une mobilisation réelle des institutions existantes et une capacité à ajuster les politiques en fonction des retours du terrain.

Dans une conjoncture marquée par la fragilisation de nombreux secteurs, l’inflation des coûts de production et les difficultés d’accès au financement, les très petites, petites et moyennes entreprises se retrouvent en première ligne. Leur vulnérabilité est accrue par l’absence de dispositifs opérationnels efficaces. En portant ce débat au Parlement, El Hassan Lachguar a voulu rappeler que l’inaction ou le retard ont un coût social élevé. Derrière chaque entreprise en difficulté se cachent des emplois menacés, des familles fragilisées et des territoires qui s’appauvrissent.

La prise de parole du député ittihadi s’inscrit dans une vision plus globale défendue par l’USFP. Une vision qui place l’économie au service du développement humain et non l’inverse. Une vision qui refuse que les politiques publiques soient déconnectées des besoins réels des acteurs économiques de proximité. En insistant sur la nécessité d’une coordination effective et d’un soutien tangible, El Hassan Lachguar a réaffirmé le rôle de l’opposition comme force de proposition et de vigilance démocratique. 

Au-delà de l’interpellation ponctuelle, ce débat pose une question fondamentale sur la crédibilité de l’action gouvernementale en matière d’investissement. Peut-on prétendre soutenir les très petites, petites et moyennes entreprises sans leur offrir un cadre juridique clair et des mécanismes accessibles et fonctionnels ? Peut-on parler de relance économique sans associer pleinement ceux qui en sont les principaux moteurs ? A ces interrogations, El Hassan Lachguar a apporté une réponse politique claire. Le temps des annonces est révolu. Celui de l’action concrète, mesurable et équitable doit s’ouvrir sans délai.

Dans un Parlement qui se doit d’être la caisse de résonance des préoccupations citoyennes, la voix du député ittihadi a rappelé que la justice économique commence par le respect des engagements pris. Tant que les très petites, petites et moyennes entreprises resteront en attente de décrets, de décisions et de mesures effectives, le discours sur l’investissement restera incomplet. Et l’opposition, fidèle à sa mission, continuera de dénoncer les failles et d’exiger des politiques publiques à la hauteur des enjeux nationaux.

Mehdi Ouassat


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