Antonio José Seguro, un socialiste ancré au centre


Libé
Lundi 9 Février 2026

Antonio José Seguro, élu dimanche président du Portugal, est un socialiste ancré au centre âgé de 63 ans, revenu sur les devants de la scène après une longue traversée du désert.
 
Avec un score d'environ 66% des suffrages, le futur chef de l'Etat a obtenu une large victoire sur son adversaire d'extrême droite André Ventura.
Avec un score d'environ 66% des suffrages, Antonio José Seguro a obtenu une large victoire sur son adversaire d'extrême droite André Ventura
En 2014, à l'issue d'une bataille fratricide, M. Seguro avait été évincé du poste de secrétaire général du Parti socialiste par le futur Premier ministre Antonio Costa, actuellement président du Conseil européen, qui contestait sa stratégie en tant que chef de l'opposition au gouvernement de l'époque.

Malgré son isolement au sein de sa propre famille politique, cet homme au tempérament placide n'a jamais renoncé à sa modération et en a même fait un atout au moment d'affronter au second tour de l'élection présidentielle le candidat d'extrême droite André Ventura.
Se voulant l'incarnation d'une gauche "moderne et modérée", Antonio José Seguro, cheveux courts et épaisses lunettes rondes, affiche un parcours politique classique 
Sans attendre l'aval des dirigeants socialistes actuels, qui ont fini par le soutenir du bout des lèvres, M. Seguro a lancé sa campagne présidentielle à partir de Caldas da Rainha, la ville de province où il habite, à une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne.

Alors qu'aucun sondage ne prévoyait sa victoire, sa campagne a bénéficié d'une dynamique positive pour concentrer sur son nom les voix des électeurs de gauche qui craignaient de n'avoir au second tour aucun représentant de leur famille politique.
Se voulant l'incarnation d'une gauche "moderne et modérée", Antonio José Seguro, cheveux courts et épaisses lunettes rondes, affiche un parcours politique classique.

Leader des jeunesses socialistes au début des années 90, il est ensuite devenu député, avant d'occuper le poste de secrétaire d'Etat aux sports dans le gouvernement d'Antonio Guterres, aujourd'hui secrétaire général de l'ONU.

Diplômé en sciences politiques et en relations internationales, il a été élu au Parlement européen en 1999 en tant que numéro deux d'une liste conduite par le fondateur du PS Mario Soares.

Sur le plan politique, M. Seguro avait déjà connu une première période de retrait forcé pendant le mandat de José Socrates, un Premier ministre socialiste dont la gestion financière avait conduit le Portugal au bord de la banqueroute.

C'est après le départ de M. Socrates, entre-temps poursuivi pour corruption, qu'il a pris les rênes du Parti socialiste, de 2011 à 2014, et, en tant que chef de l'opposition, a refusé de faire obstacle à la mise en oeuvre de la cure de rigueur budgétaire exigée par les créanciers internationaux en échange d'un plan de sauvetage financier.

Marié et père de deux enfants, "Tozé" (petit nom affectueux employé par ses proches, formé par la contraction de ses deux prénoms) se présente comme un homme discret, posé et aimant écouter des opinions différentes.

Originaire de Penamacor, un village du centre du Portugal, il y retourne régulièrement pour se ressourcer entre les vignes et les oliviers de sa propriété où il produit son propre vin et son huile d'olive.
Il possède également dans la région des maisons d'hôtes.

"Si je suis élu, je dois évidemment me retirer de mes entreprises, c'est une exigence éthique pour moi, mais je dois avouer que j'aimerais continuer à produire du vin, car j'y suis très attaché", a-t-il confié fin janvier à une chaîne de télévision locale.

Même élu président, il souhaite continuer de vivre à Caldas da Rainha, une commune de quelque 55.000 habitants où il est installé depuis plusieurs années.
"Ma maison restera toujours la maison familiale à Caldas, même si j'étais amené à séjourner parfois au palais" présidentiel, expliquait-il récemment.
"Mon objectif est d'aider mon pays et servir les Portugais", a réagi M. Seguro à l'annonce de sa victoire en se disant "ému et fier".


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