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Adib Chikhi, conseiller de carrière et formateur professionnel

La pandémie a montré que personne n ’ est à l’ abri de la reconversion forcée

​Directeur depuis 15 ans d’un cabinet de conseil en ressources humaines et organisation, formateur professionnel et conseiller de carrière, Adib Chikhi a accordé un entretien à la MAP au sujet de la reconversion professionnelle. En voici la teneur :


Adib Chikhi, conseiller de carrière et formateur professionnel
Quels sont les motifs derrière une reconversion professionnelle ?
L’évolution ou la disparition de certains métiers et l’apparition d’autres, un accident ou une maladie handicapant le travailleur, la délocalisation ou la faillite de l’employeur sont les principaux motifs d’une reconversion forcée.

Par contre, la raison suprême des reconversions volontaires est intimement liée à la dégradation des conditions de travail. En effet, la recherche de l’épanouissement et du bonheur au travail peut être considérée comme étant la principale motivation du reconverti.

En effet, la souffrance au travail génère un mal-être croissant chez toutes les catégories socioprofessionnelles. Les travailleurs se plaignent généralement de la pénibilité au travail, et les cadres et employés souffrent assez souvent du burnout et de la non reconnaissance. Et si nous ajoutons le désir d’améliorer sa situation financière, nous obtiendrons là une cartographie sincère des motifs d’une reconversion réfléchie.

La réussite de cette transition dépend de quels facteurs ?
Une bonne préparation est une condition essentielle de la réussite d’une reconversion. Toutefois cette condition n’est pas suffisante à elle seule. D’autres facteurs sont capables de semer le doute et de participer à l’échec de la transition souhaité. A titre d’exemple, les difficultés de financement peuvent faire crouler le rêve. Dans d’autres situations, un manque d’expertise et de formation est capable de ruiner le projet. Ce sont donc des facteurs qui ne sont pas insurmontables. Cependant, la transition dépend en grande partie de la psychologie et notamment du mental du reconverti. Un oiseau qui pense ne pas pouvoir voler, va certainement tomber !

Les recruteurs favorisent-ils des profils qui ont tendance à se reconvertir assez souvent ou le contraire ?
Je pense que les recruteurs préfèrent davantage les profils polyvalents. C’est ce qu’on peut nommer par la reconversion linéaire. Autrement dit, la personne garde le même statut mais change de poste ou de métier. Je ne crois pas qu’un recruteur cherche une personne qui est pleinement animée parla reconversion ou apte à le réaliser. Bien évidemment, si un profil déclare au recruteur qu’il est investi par un désir de reconversion non linéaire, ceci sera considéré comme un manque de motivation de sa part. Effectivement, personne n’aimerait recruter un salarié investi par le bon vouloir de changer de statut. Par contre, les recruteurs sont toujours à la recherche des profils spécialistes et polyvalents.

Dans quelle mesure la reconversion peut-elle s’avérer importante en ces temps de pandémie ?
La pandémie de la Covid-19 a donné lieu à une crise économique sans précédent qui s’est traduite entre autres par des licenciements en masse. Les salariés licenciés n’auront d’autres voies à part de se reconvertir ou chercher vainement un autre poste semblable. Lorsque la reconversion est imposée, celle-ci devient alors une affaire de vie ou de mort. En effet, la pandémie actuelle montre bien que personne n’est à l’abri de la reconversion forcée. C’est pourquoi les changements de métier ou d’activité sont appelés à devenir de plus en plus fréquents. Si certains vont basculer vers l’entreprenariat, d’autres iront certainement vers le salariat, tandis que le reste va continuer de rêver !

La crise sanitaire actuelle est-elle le bon moment de se lancer dans une reconversion ?
Se lancer dans une reconversion appelle à une préparation sans faille, et justement se préparer c’est aussi choisir le bon moment de voler. Je pense que la crise actuelle, en dépit de ses conséquences économiques, cache de grandes opportunités de business. Effectivement, la crise peut être le bon moment de se former, d’investir et de se convertir. Ceci est tout à fait compréhensible, du fait que la crise engendre de nouveaux besoins et celui qui ne saura y répondre marquera certainement le pas.

Libé
Vendredi 29 Janvier 2021

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