Libération




Facebook
Rss
Twitter






Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Abderrahim Benyazghi, directeur du Centre régional de transfusion sanguine de Fès

La pandémie du coronavirus dissuade beaucoup de personnes de faire don de leur sang


A l’image d’autres domaines frappés de plein fouet par les effets de la crise sanitaire, le don du sang, un geste solidaire
et vital, n’y échappe pas. Alors que les donneurs sont de moins en moins nombreux et les stocks ne répondent plus aux besoins, des appels se multiplient pour pallier ce problème.
Dans un entretien à la MAP, le directeur du Centre régional de transfusion sanguine (CRTS) de Fès, Abderrahim Benyazghi, donne un aperçu sur l’état du stock au niveau de Fès et explique comment le centre, en collaboration avec les autorités locales, gère la situation actuelle.



Abderrahim Benyazghi, directeur du Centre régional de transfusion sanguine de Fès
Quel est l’état du stock de sang au niveau du Centre régional de transfusion sanguine de Fès ?
Le Centre régional de transfusion sanguine de Fès souffre d’un déficit en ce qui concerne le nombre de donneurs de sang, consécutif notamment à la crise liée à la pandémie du coronavirus, qui dissuade beaucoup de personnes à venir faire don de leur sang.
De même, l’unité mobile que le centre mobilise dans les différents quartiers et provinces de la région dans le cadre de ses campagnes ne parvient à réaliser, en l’état actuel, qu’une à deux sorties au lieu de sept par semaine auparavant. D’habitude, le centre devrait disposer d’un stock couvrant sept jours, mais malheureusement, le sang disponible ne couvre que deux jours.

Comment gérez-vous la situation en cette conjoncture ?
Le besoin en sang dans la région augmente de jour en jour surtout au niveau du CHU Hassan II de Fès vu l’état de la crise sanitaire. Pour y répondre, nous avons besoin de 120 donneurs de sang par jour, autrement il y aura déficit. Toutefois, si le nombre dépasse ce seuil, le surplus des plaquettes risque de périr, d’où la difficulté de réussir l’adéquation de l’offre et de la demande.

Cela dit, nous avons besoin de 120 donneurs/jour tout au long de l’année pour répondre aux besoins en la matière au niveau de la région. La pandémie du coronavirus a accentué le problème du don du sang surtout au cours de la période de confinement. Mais, nous avons réussi en collaboration avec les autorités locales à surmonter cette situation.

Au niveau du centre, nous nous débrouillons très bien. Si nous atteignons 60 à 70 donneurs, nous essayons de compléter le reste en faisant appel aux campagnes de don du sang organisées par des partenaires. Dans le centre, tout est mis en place dans le respect des mesures sanitaires (distanciation sociale, port du masque) pour rassurer les citoyens.

Pourtant, Fès est classée première en ce qui concerne le nombre de donneurs de sang?
Bien que Fès soit en tête des villes au Maroc en ce qui concerne le nombre de donneurs de sang (45%), il ne faut pas oublier que la consommation est importante au niveau local. Au niveau de la consommation, la préfecture occupe la troisième position après Casablanca qui a besoin de 500 donneurs et Rabat (300).

La demande locale dépend de la taille de la ville. Il y a de petites villes qui ont besoin de 50 donneurs seulement par semaine. Nous sommes toujours confrontés à cette logique de l’offre et de la demande.

Nous ne disposons pas encore de statistiques pour cette année, mais un total de 200 campagnes ont été organisées en 2019. Il y aura certainement une baisse du nombre de ces opérations en 2020 au vu de la pandémie du coronavirus.

Nous collaborons avec la banque de sang de Taza qui parvient à organiser 40 campagnes par an, ainsi qu’avec une association spécialisée dans la même ville. Elles mettent à notre disposition des quantités de sang et le centre garantit, en échange, les besoins de la ville en cette matière étant donné que le sang est traité par le CRTS.

Que recommandez-vous pour promouvoir davantage la culture du don du sang?
Des progrès importants ont été réalisés, surtout depuis que SM le Roi a donné l’exemple en faisant don de son sang. Je tiens à rassurer les citoyens que le sang collecté ne se vend pas. Quand un citoyen fait don d’un sac de sang, l’Etat dépense plus de 1.000 DH pour le traiter. Les patients qui ont les moyens et qui en ont besoin paient 360 DH comme contribution aux dépenses, ce que certains considèrent comme une opération d’achat de sang. Les Ramédistes, eux, ne paient rien pour bénéficier de la banque de sang.

Libé
Jeudi 22 Octobre 2020

Lu 428 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.