Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

​Sur les traces de Mahmoud Guinea et Doudou N’daye Rose…


La magie gnaoua opère toujours dans la cité des Alizés





Les maâlems Abdellah Akharraz et Hamid El Kasri, 
Christian Scott et les descendants et musiciens 
de la star des gnaoua et du percussionniste 
sénégalais ont assuré un spectacle grandiose 
sur la scène Moulay Hassan du Festival Gnaoua 
et musiques du monde d’Essaouira

Située entre la plage et la médina d’Essaouira, la grande scène Moulay Hassan a vibré samedi soir aux rythmes des sonorités venues du Maroc, des Etats-Unis d’Amérique et du Sénégal.
Après les fusions et résidences qui ont rythmé les deux précédentes soirées, des milliers de Souiris et leurs nombreux invités se sont donné rendez-vous devant la plus prestigieuse scène du Festival Gnaoua et musiques du monde pour suivre les magnifiques spectacles programmés ce soir-là. Un engouement à la hauteur du show qui a mis en effervescence cet espace cher au Festival et aux amoureux de l’art et de la culture gnaouie ainsi que des musiques du monde. C’est au maâlem Abdellah Akharraz qu’est revenu l’honneur d’ouvrir le bal de cette soirée qui s’annonçait riche en sonorités. En digne successeur de l’héritage Guinea, ce dernier a fait vibrer la scène et les environs dans une ambiance surchauffée qui lui a valu plusieurs ovations. 
Aux commandes de sa propre troupe depuis six ans, Abdellah Akharraz s’est distingué ces quinze dernières années sur la scène artistique nationale et internationale. Ce grand artiste a été applaudi lors de ses nombreux concerts livrés avec brio au Maroc et à l’étranger.
Quelques minutes après cette belle prestation, le film «Feu Mahmoud Guinea » du réalisateur Abderrahim Mettour, a été projeté sur ce même espace. Un hommage en images de la star des maîtres gnaoua que le public ne reverra plus sur scène, après avoir brillé durant 18 ans sur les scènes du festival.
Une douzaine de minutes plus tard, la famille Guinea, entourée des enfants et musiciens de Doudou N’diaye Rose, rendait hommage à Mahmoud Guinea.
Considérée comme l’une des figures emblématiques de ce grand rendez-vous musical des gnaoua, la perle de tagnaouite a rendu symboliquement son guembri à son fils Houssam lors de la dernière édition. Par son geste, Mahmoud Guinea assura que son nom survivrait.  C’est donc pour se remémorer de ce grand musicien que Houssam et maâlem Mokhtar Guinea ont repris certains titres phare et morceaux chers au défunt, en compagnie de leurs camarades du Sénégal. Une collaboration bien accueillie qui rappelle aussi la disparition du célèbre percussionniste sénégalais. Il était minuit lorsque l’Américain Christian Scott et ses musiciens se sont retirés de la scène après un show très suivi. Une heure plus tôt, le jazzman au look de rappeur a gratifié  le public d’un magnifique spectacle, laissant éclater l’immense talent du jeune virtuose. 
Natif de New Orléans en 1983 aux Etats-Unis, Christian Scott est considéré comme l’un des plus talentueux musiciens de sa génération. Initiateur de la stretch music (une forme musicale qui prend racine dans le jazz), il a développé de nouvelles techniques de souffle qui lui valent respect et considération. De nombreux observateurs pensent qu’il a apporté une seconde jeunesse au jazz.
Trente minutes après la prestation du musicien américain, l’honneur est revenu à maâlem Hamid El Kasri de boucler cette longue et émouvante soirée devant un public qui n’a pas cessé de se trémousser. Une suite logique quand on sait que ce maître gnaoui est considéré comme l’artiste qui a donné un coup de jeune à la culture gnaouie.
Formé par les maâlems Alouane et Abdelouaheb Stitou dès  7 ans, Hamid El Kasri est aussi considéré comme le maâlem qui s’est le plus internationalisé. Grâce notamment à sa voix, profonde et intense, et à sa grande maitrise du guembri. Ce n’est pas un hasard si le public a veillé jusque tard la nuit pour le voir jouer. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas été déçu.
Il est à rappeler que cette 19ème édition a réuni 300 artistes représentant six pays d’Amérique, Europe et Afrique. Quatre jours durant, ces artistes ont animé plus de trente concerts sur les six scènes choisies pour cette magnifique fête de la musique dont quatre intimistes. 
Notons aussi que cette édition a proposé trois hommages à trois légendes de la scène culturelle et artistique. A savoir : maâlem Mahoud Guinea auquel un vibrant hommage a été rendu à l’ouverture de festival, Doudou N’diaye Rose et Tayeb Saddiki, célébrés lors de la clôture de ce grand rendez-vous. 
Outre l’exposition de photos de l’artiste Hassan Hajjaj intitulée « Color of gnaoua », le festival a également proposé la cinquième édition de son forum qui a traité cette année encore de l’Afrique sous le signe « Diasporas africaines : racines, mobilités, ancrages ». Organisé, du 13 au 14 mai, en partenariat avec le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), ce rendez-vous a réuni 24 intervenants nationaux et internationaux.
Cette édition comportait aussi deux résidences d’artistes, quatre concerts fusion et un espace rencontre-débat dénommé « L’arbre à palabres » qui a permis des échanges entre le public et les artistes.






Alain Bouithy
Lundi 16 Mai 2016

Lu 729 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito









Mots Croisés