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​La «faim invisible», un fléau encore méconnu et négligé

Les carences en micronutriments touchent plus de 2 milliards de personnes dans le monde




​La «faim invisible», un fléau  encore méconnu et négligé
L’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (Ifpri) a publié, lundi 13,  son neuvième rapport sur l’Indice de la faim dans le monde (Global hunger index, GHI).
Si des avancées ont été observées en matière de réduction de la faim au cours des 25 dernières années, il ressort de ce rapport que beaucoup d’efforts restent à faire pour éradiquer ce fléau.
L’analyse des données recueillies par l’Ifpri indique, en effet, que le niveau de la faim reste alarmant, environ 805 millions de personnes souffrent encore de sous-alimentation chronique. La situation serait même extrêmement préoccupante dans 16 pays dont l'Erythrée et le Burundi, en dépit des progrès observés à travers le monde.
Selon le rapport, « le GHI pour les pays en développement a diminué de 39% depuis 1990, passant de 20,6 à 12,5 en moyenne. Ce progrès est notamment dû à la diminution de la part d’enfants de moins de 5 ans en insuffisance pondérale et de la part des personnes sous-alimentées ».
L’Ifpri révèle que « l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne détiennent les scores (GHI) régionaux les plus élevés avec 18,1 et 18,2 respectivement. Les plus grandes avancées ont été observées depuis 2005 », indique le centre de recherche.
Mais au-delà de ces tendances, l’institut basé à Washington s’inquiète surtout de la « faim invisible » qui touche plus de deux milliards d’individus, soit une personne sur trois dans le monde. 
Cet aspect particulier de la faim, souvent négligé, « est une forme de sous-alimentation survenant lorsque l’apport ou l’absorption de vitamines et minéraux ou oligo-éléments (comme le zinc, l’iode ou le fer) ne suffisent pas à assurer une bonne santé et un bon développement », explique le rapport.
« C’est en Afrique et en Asie que la part des populations souffrant de carences sévères en micronutriments est la plus importante. Une grande partie de l’Afrique subsaharienne et le sous-continent indien en sont les points névralgiques, avec une prévalence élevée de la faim invisible », relève le rapport. 
Pour les experts de l’Ifpri, il est donc urgent que la communauté internationale accorde à ce problème l’attention qu’il mérite. Car, expliquent-ils, « les conséquences de ces carences en vitamines et en minéraux sont à la fois graves et pérennes ». 
Par ailleurs, alerte l’Ifpri, « la faim invisible n’empêche pas uniquement les personnes qui en sont affectées de survivre et de devenir des membres actifs de la société, mais elle entraîne également les pays dans des cycles de malnutrition, de mauvaise santé, de pertes de productivité, de pauvreté persistante et de croissance économique réduite».
Pour combattre et éradiquer ce fléau, l’institut appelle à une mobilisation de tous les acteurs   concernés de près ou de loin par ce problème. 
L’Ifpri, qui mesure le niveau de la faim dans le monde, recommande l’augmentation de la diversité alimentaire comme un des moyens les plus efficaces pour prévenir de manière durable la faim invisible et l’enrichissement des aliments destinés au commerce.
Pour combattre véritablement la « faim invisible », l’Ifpri recommande également « une approche multisectorielle » incluant « des actions sur l’agriculture, la santé, l’eau et l’assainissement, la protection sociale, l’éducation et l’autonomisation des femmes ».
Il est à noter que l’Ifpri établit son rapport à partir des données relatives à la mortalité infantile, à la sous-alimentation et à l’insuffisance pondérale infantile, fournies par la FAO, l’OMS, l’UNICEF, la Banque mondiale, le DHS et le Groupe Inter-agence pour l’estimation de la mortalité infantile de l’Organisation des Nations unies, entre autres. 

Alain Bouithy
Jeudi 16 Octobre 2014

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