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​Des filles brisent les restrictions abusives




​Des filles brisent  les restrictions abusives
Cette histoire raconte l’aventure de trois amies intimes. Leurs âges ne dépassaient pas vingt ans. 
La première, Kamar, est une fan des arts divers et des métiers de cinéma et théâtre. Mais son père lui interdisait de pratiquer cette passion, et il continuait à la traiter cruellement tout en l’empêchant de poursuivre ses études supérieures. Par ces restrictions abusives injustifiées, elle devenait, contre son gré, comme une femme de ménage dont les missions journalières se limitaient à la gestion des affaires domestiques. Bref, elle se sentait privée de toute sorte d’ambition passant ses longues heures journalières sans rêves et sans horizons.
La seconde, Diae , est victime des traditions du village, son père l'a forcée à se marier, elle et sa sœur, à deux vieillards pour de l'argent.
Quant à la troisième fille, Ayloul, elle était orpheline car elle a perdu sa mère quand elle était petite. Elle vivait avec sa cruelle belle-mère, qui la méprisait et l'obligeait tout au long de la journée à faire tous les travaux domestiques.
Lors de leur rencontre dans le parc de la ville, elles ont amèrement et douloureusement échangé leurs souffrances, et ont décidé de coopérer discrètement afin d'émigrer en France pour réaliser leurs rêves, exprimer librement leurs ambitions, chercher un moyen de garantir leur avenir et de là protéger leur dignité. 
Elles ont décidé de rentrer chez elles pour se préparer à la réalisation de ce projet.
Kamar est en dialogue avec sa mère sur les détails du projet en question essayant de la persuader et de décrocher son soutien.
Kamar: Comme vous le savez, ma chère mère, ma vie est devenue un enfer à cause des pressions continues et accablantes de mon papa. J'ai souvent le sentiment que je ne jouerais dans ma vie que le rôle d’une femme de ménage chez des familles riches du centre-ville ou chez un pauvre homme comme une épouse sans moyen et sans refuge.
Mère: Sois sûre ma fille que je suis toujours satisfaite de toi et je comprends très bien ta situation, tes angoisses et tes inquiétudes. En effet, le comportement de ton père envers toi est une grande injustice. Malgré son niveau d’instruction, le pauvre n’a pu échapper aux mimétismes traditionnels aveugles et à la lourdeur des traditions et coutumes usées et dépassées par le cours de l’histoire. Vas-y, prends autant d'or que je possède et vends-le et je suis sûre que le montant que tu percevras en contrepartie te suffira largement pour assurer ta participation aux dépenses de ton immigration avec tes amies. Mais méfiez-vous toutes, gardez votre secret et prenez les mesures nécessaires pour que vos pères et frères ne le découvrent pas.
Kamar: Merci, chère maman.
Kamar s’est blottie dans les bras de sa mère et l'a fortement embrassée, en lui exprimant son grand amour.
Diae est assise avec sa mère et sa sœur pour les informer de sa migration avec ses deux amies en France.
Diae: Maman, sœur, je vais émigrer en France avec Kamar et Ayloul.
Mère: Que dis-tu, tu plaisantes ma fille? Je n'exclus pas si ton père découvre par ses propres moyens cette idée, qu’il t’emprisonnera à la maison et te torturera jusqu'à la mort.
Diae: Ne crains rien ma mère, c'est un secret entre nous. Je n'oublierai jamais ton soutien. Quant à mon père, lorsqu'il recevra la nouvelle de ma réussite dans la vie, il sera immédiatement satisfait de moi dès qu’il recevrait mon premier soutien financier.
La mère embrassa sa fille et lui donna de l'argent.
Sa sœur Aicha est sortie en pleurant et elle a décidé de discuter, pour la première fois, avec son père de son destin et celui de sa sœur.
(Elle frappe à la porte)
Aicha: Etes-vous à l'intérieur, papa?
Père: Oui ma fille, entre.
Aicha: Papa, tu ne peux pas m’efforcer à épouser un vieillard à cause de l’argent et pour donner l’impression aux villageois que tu respectes les traditions de nos ancêtres. Je veux terminer mes études et devenir professeur universitaire.
Père: Quelle absurdité, j’ai déjà lu votre « fatiha » avec les familles de vos futurs maris. Par conséquent, vos mariages sont incontestables.
Aicha: Non, vous ne pouvez pas me forcer à me marier contre mon gré.
(Le père gifle sa fille et cette dernière s’est mise à pleurer et courut vers sa chambre pensant au suicide pour échapper à ce destin insupportable)
Après qu'Aicha ait pleuré de façon hystérique, elle reprit son calme et se dirigea vers la chambre de sa sœur Diae et lui demanda de l'emmener avec elle. Cette dernière accepta sur le champ car elle refusa qu’elles soient toutes les deux victimes d’un tort paternel transformant leurs vies en enfer.
Ayloul lors d'une visite à sa grand-mère.
Ayloul: Grand-mère, je vais émigrer en France, avec mes deux amies Diae et Kamar.
Grand-mère: Où vous allez habiter là-bas et comment allez-vous vous débrouiller dans votre vie, ma fille?
Ayloul:  Grand-mère, je suis venue te dire au revoir, j'ai déjà pris ma décision.
Grand-mère: Donc, prenez ce montant d’argent, c’est la somme que je possédais depuis les funérailles de ton grand-père.
Ayloul: Merci beaucoup ma grand-mère.
Grand-mère: Tant que vous êtes sûres de votre sécurité, je vous souhaite bonne chance.
A quatre heures du matin, les quatre filles se sont rassemblées au lieu convenu. Elles ont vérifié tout d’abord la somme d’argent qu’elles possédaient. Elles ont constaté qu’il leur manquait mille dirhams. Aicha décida de leur donner son précieux collier d'or authentique pour le vendre. Les filles se sentirent heureuses et continuèrent à dormir pour rejoindre le voilier le lendemain.
Après avoir menacé cruellement la mère, le fiancé de Diae a pris connaissance de la fuite et de la destination de sa fiancée et sa sœur.
Dimanche à minuit: port:
Après que les filles ont emballé soigneusement leurs affaires, elles se sont rendues au port à l’heure prévue. A leur arrivée, Aicha leur a demandé d'aller aux toilettes. En l'attendant, le fiancé de Diae est soudainement apparu, les pointant avec son fusil. Soudain, Aicha le perçut, prit un bâton épais sur son chemin, le suivit à pas de loup et le frappa violemment sur sa tête. Le pauvre tomba et perdit connaissance. Les filles se sont enfuies avant l'arrivée de la police.
Mardi à 1 heure : Arrivée à Paris, France
Après deux jours de voyage en bateau de Tanger à Nice, les quatre filles sont montées dans le bus à destination de Paris. Juste après avoir quitté la gare, elles rencontrèrent leur amie d’enfance qui les attendait.
Suite à une succession de rencontres avec les associations des droits de l'Homme à Paris, tenues grâce à son aide, elles ont pu décrocher le droit de s'installer définitivement, individuellement ou collectivement, dans les foyers de jeunes sans abri au centre de la ville près des instituts et universités des études supérieures.
Aicha: Nous devons nous séparer pour protéger notre secret. Nous ne savons pas ce qui est arrivé au fiancé de Diae, et sa mort probable pourrait perturber notre plan et notre nouveau projet de vie.
Ayloul: Je suis d'accord avec Aicha, chacune de nous doit se rendre au lieu de résidence pour lequel elle est affectée.
Kamar: N'oubliez pas mes amies que nous avons quitté nos familles pour réaliser nos rêves en travaillant, jour et nuit, avec persévérance.
Kamar s'est inscrite à l'Institut des arts contemporains et à la Faculté de droit, et son parcours migratoire a abouti au bout de ses études à l'obtention d’une licence légale pour pratiquer le métier d’avocat.En plus, elle a réussi à devenir une cinéaste célèbre. Elle a participé à plusieurs films et pièces de théâtre à Paris. Sa situation financière est devenue très bonne. Grâce à sa richesse, elle a pu améliorer les conditions matérielles de sa famille. Son père se sentait très fier d’elle à tel point qu’il n’a jamais cessé de raconter à ses amis son apparition sur les chaînes de télévision internationales et sur les écrans de cinéma.
Diae a réussi à exceller dans son doctorat en médecine et, grâce à ses compétences, elle deviendra directrice de l'Hôpital central de cardiologie de Paris. Elle a prodigué de l'argent et des cadeaux à sa famille. En outre, grâce à l'aide de ses connaissances en France, elle a pu inscrire ses jeunes frères et sœurs dans les instituts et universités français.
Aicha épousera un Français après sa conversion à l’islam. Il est propriétaire d'une grande entreprise. Aussi, elle a décroché un poste d'enseignante dans une école privée.A son tour, son mari a pu envoyer des contrats de travail à ses amis et cousins de sa ville natale au Maroc, pour les rejoindre facilement en tant que travailleurs migrants et résidents marocains à l’étranger.
Ayloul, à son tour, après avoir décroché le poste de manager dans un grand espace commercial, s’est forcée à pratiquer la natation en s’entraînant tous les jours de la semaine jusqu'à devenir nageuse professionnelle participant à des événements sportifs internationaux. Elle a remporté plusieurs titres et médailles d’or. Sa carrière sportive  lui a permis d’amasser une grande fortune. Elle a assisté les membres de sa famille pour créer des entreprises au Maroc dans divers domaines d’activités économiques.

Par Sofia Boukharta
Vendredi 19 Juin 2020

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