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​Ahmed Toufiq : Dans un pays démocratique, l’insertion de la religion dans les besoins sociaux essentiels s’impose

S.A.R la Princesse Lalla Meryem remet des ouissams Royaux à des représentants des trois religions monothéistes en France




​Ahmed Toufiq : Dans un pays démocratique, l’insertion de la religion dans les besoins sociaux essentiels s’impose
Son Altesse Royale a ainsi décoré du ouissam Al Arch de 3ème classe  (officier) Khalil Merroun, recteur de la mosquée d'Evry, Michel Serfaty,  rabbin de Ris-Orangis et Michel Dubost, évêque d'Evry, lors d'une cérémonie qui  s'est déroulée à l'Institut du monde arabe (IMA) en présence, notamment, du  Premier ministre français, Manuel Valls, et du ministre des Habous et des  Affaires islamiques, Ahmed Toufiq.
Dans le discours qu’il a prononcé en l’occasion, ce dernier a rappelé que «ces décorations sont symboliquement auréolées de deux signes divins, indissociables dans notre conception culturelle de la grâce divine, le signe de beauté et le signe de majesté».
Voici, par ailleurs, le texte de son intervention :
«A travers les trois personnes décorées, Sa Majesté le Roi, en son statut de Commandeur des croyants, exprime ses sublimes égards et son soutien à tous ceux qui, avec ces trois personnalités, officient en France au nom des trois religions monothéistes. Ces maîtres qui, dans leur combat, touchent les consciences, nourrissent les cœurs par les lumières des tablettes révélées et édifient les esprits dans le message inaltérable des trois religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam.
Ces trois personnalités ont des traits communs qui les habilitent,  parmi tant de mérites, à cette stature de distinction et de  représentation. 
Premier trait: elles sont toutes les trois nées au Maroc, comme je viens de le mentionner. Connaissant leur qualité de fidèles, elles doivent avoir leur pays natal dans leur âme, dans leur inspiration et dans leur référence, comme pays d’une coexistence séculaire juste et d’un vécu quotidien de tolérance. Par leur labeur et leur effort pour apporter les réponses judicieuses à leurs communautés respectives, ces hommes font honneur à leur pays d’origine. Fort de sa tradition originale et fier de ses fils, là où ils se trouvent, le Maroc se reconnaît avec bonheur dans les branches de sagesse ou dans les grains de génie qu’il élance dans des horizons lointains.
Leur deuxième trait commun est qu’ils officient tous les trois dans la même commune, la commune d’Ivry Courcouronnes. Cette coïncidence peut ne pas être en elle-même pertinente, mais ce qui est plus important à ce propos est de constater cette densité de la présence marocaine diversifiée d’une part, et d’apprendre, d’autre part, le souci de chacun des trois acteurs   de s’approcher de l’autre, de s’impliquer dans la vie associative et de mettre en exergue la présence du voisin confessionnel. 
Le troisième trait commun reconnu aux trois personnalités, relève de leur statut de serviteurs du monothéisme, ce monothéisme qui aime et fait aimer la vie, qui lui donne un sens et qui véhicule autour d’elle les mêmes principes de justice, la même éthique de bonté, de générosité, de paix, d’amour, du bon conseil, de solidarité, de discernement et de la nécessaire endurance.
La décoration des trois personnalités est un geste hautement Royal qui, tout en puisant dans la tradition du Maroc qui honore les hommes de Dieu, vise à mettre en relief certaines sensibilités du moment, au Maroc, en France et dans le monde.
Pour le Maroc, le premier des cinq fondamentaux relatifs à la Commanderie des croyants stipule la protection de la religion et réserve à ses officiers, théologiens et imams, une position privilégiée. C’est en partant de ce principe que le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, perpétue et actualise un modèle institutionnellement intégré où la religion immunise et mobilise pour le bien, loin de toute forme d’extrémisme ou d’imposture. 
Envers la France, le Maroc a exprimé avec force sa solidarité en face de la terreur qui l’a frappée, comme il a dit son indignation devant les crimes ignobles commis au nom de la religion. Le Maroc œuvre, dans la limite de la légalité et de ses moyens, pour que les mosquées gérées par des personnes ayant une quelconque affinité avec lui, soient des lieux de sagesse et des vecteurs de civisme, dans le respect de la tradition et des institutions de ce pays. Il y a là sûrement un grand chantier de coopération à entreprendre au bénéfice de nos deux pays.  
Et si enfin, on devait, à ce propos, faire une réflexion à l’échelle du monde, on pourrait avancer qu’abstraction faite des rapports institutionnels de l’Etat à la religion, le fait religieux, qui repose sur une quête de sens, mérite d’être revu politiquement et de façon pragmatique pour briser les cercles vicieux de certains raisonnements stériles. Dans un pays démocratique, l’insertion de la religion dans les besoins sociaux essentiels s’impose, que les croyants de ce pays soient majoritaires ou minoritaires. La satisfaction de ce besoin ne peut pas s’arrêter à la liberté d’exercice, elle aussi inclut des services et des modes d’expressions qui ne soient pas à l’encontre des valeurs humaines et des  principes fondamentaux de ce pays.  Il est indéniable que la force d’une religion réside dans le sens arrêté qu’elle donne à la vie et particulièrement dans son pouvoir de mobilisation pour le bien quand elle s’inspire de la manifestation divine dans l’histoire, et quand elle est surtout enseignée de manière judicieuse. 
Fort heureusement, les exemples individuels ne manquent guère, ils sont avec nous en ces trois serviteurs du vrai, honorés par Sa Majesté le Roi en ce haut lieu de la culture, l’IMA. En attendant que leur cause soit encore plus réconfortée et dans tout le respect de la laïcité, ils vont certes continuer à entretenir la foi en Dieu, à exhorter les gens à faire le bien et à être justes, à les rapprocher les uns des autres, à cultiver le discernement et à gérer l’espérance».

Vendredi 6 Février 2015

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